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PJ réfléchissait et sentait que quelque chose lui échappait. Il avait l’impression d’être passé à côté d’un élément essentiel sans arriver à mettre le doigt dessus.

Il reprit la pile de rapports dans l’intention de les relire attentivement quand son téléphone sonna.

Héloïse.

— PJ ? Il faut que tu viennes. Chez moi. C'est urgent.

— Que se passe-t-il ? Tu vas bien ?

— Oui, mais... je ne peux pas t'expliquer au téléphone. Viens. S'il te plaît

PJ hésita une seconde.

— J'arrive. Donne-moi ton adresse.

Il nota l'adresse. Un quartier chic. Très chic.

Vingt minutes plus tard, il sonnait à la porte. Héloïse ouvrit immédiatement.

— Entre vite.

PJ entra et découvrit un homme en costume, debout dans le salon. L'homme, qui était revenu, ne fit aucun geste pour le saluer et lui tendit un smartphone.

— Faites le seul numéro mémorisé.

PJ prit le téléphone sans un mot et composa le numéro. Après trois sonneries, une voix synthétique répondit :

— Bonjour commandant Malisse. Vous devez faire le numéro du standard de Matignon qui vient de s’afficher sur l’écran de votre téléphone personnel. Sans répondre à l’opératrice, tapez le code suivant sur le clavier : 0, 9, étoile, 0, 3, dièse.

La communication fut coupée.

PJ regarda son propre téléphone. Un numéro s'affichait effectivement. Il lança l'appel.

— Hôtel Matignon, services du Premier Ministre, qui demandez-vous ?

Sans répondre, PJ tapa le code qui lui avait été communiqué et entendit une voix d’homme :

— Bonjour commandant Malisse. Je ne répondrai à aucune question. Vous avez en face de vous quelqu’un dont vous ignorez le nom mais qui est parfaitement qualifié pour vous mettre au courant et répondre à certaines de vos questions. Vous pouvez lui faire confiance.

La communication fut coupée et PJ regarda l’homme qui attendait.

— Je vous écoute.

L'homme s'assit en face de PJ et croisa les mains.

— Comme vous l’avez déjà compris, je fais partie d’un service rattaché au premier ministre et créé à la demande du président. Il n’a pas de nom et personne n’est censé connaitre son existence. Je vous fais un bref résumé de la situation et ensuite je répondrai à vos questions. Mais il est clair que cette conversation n’aura jamais eu lieu et que vous n’entendrez plus parler de moi.

PJ approuva. Il connaissait les règles du jeu.

— Continuez.

— Nous soupçonnons la présence d’un ou plusieurs traitres à l’ANSE avec des complicités dans la police. Notre service a été créé pour les trouver et les neutraliser. Nous sommes très peu nombreux mais nous avons des recrues occasionnelles dans de nombreux milieux. l’ANSE a monté une opération d’intoxication contre les services russes. Elle a recruté Robin Lamarche, avec le consentement de son père et il a été formé sans difficulté sur une légende de play-boy, joueur endetté jusqu’aux yeux et prêt à tout pour échapper à ses créanciers.

PJ l'interrompit :

— Une légende qui correspondait assez bien à la réalité.

— Exactement. Veillon était chargé de lui fournir les documents à transmettre à un rendez-vous à Neuilly. Vous connaissez la suite.

L'homme eut un geste d'impuissance.

— ça a foiré lamentablement. Nous pensons maintenant que ce ne sont pas les Russes qui ont agi.

PJ se redressa.

— Qui alors ?

C'est la question. Nous avons mis à l'abri Zoé Lamarche dans une de nos planques. Elle réapparaîtra dans quelques jours avec comme excuse une escapade de quelques jours chez une amie après une dispute avec son père. Nous protégeons aussi discrètement mademoiselle Veillon. Vous savez tout, ou presque.

PJ réfléchit un instant pour mettre de l’ordre dans ses idées.

— Si j’ai bien compris, vous vous êtes plantés et vous avez besoin de moi et de mon équipe.

— …

— Le problème est que pour l’instant nous n’avons pas le moindre début de piste. J’attends les résultats de l’autopsie des deux cadavres du 135 et leur identification, mais cela ne nous avancera pas vraiment.

— Nous pensons que Robin Lamarche est vivant et servira de monnaie d’échange entre services secrets. Mais cela ne résout pas notre souci d’identification du traitre.

— Je ne suis pas de votre avis. Je crois, comme vous, que les russes ont été joués, et que l’enlèvement a été organisé par une autre organisation. Française, probablement. Je vais réfléchir à la question.

— Nous cherchons de notre côté. Méfiez-vous de tout le monde. Je vous laisse ce portable intraçable qui a un nouveau numéro enregistré à la place de l’ancien. Vous pourrez nous y joindre 24/24 en cas de nécessité.

L'homme se dirigea vers la porte.

— Bonne chance, commandant. Vous en aurez besoin.

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