Epilogue

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Quand PJ arriva quai des Orfèvres et alla se préparer un café à la machine, il entendit des exclamations, suivies d’un grand silence.

Intrigué, il se dirigea vers la salle de détente où passait à la télévision, le son poussé presque à fond, une émission spéciale annonçant la mort d’un policier dans le XVIe arrondissement.

L'envoyé spécial, debout devant l'immeuble, faisait son compte-rendu d'une voix grave

Le corps sans vie du commissaire divisionnaire Jacques Naudin a été découvert ce matin, vers 2 heures 30. Les policiers, alertés par les voisins au sujet d’un coup de feu dans l’immeuble, ont enfoncé la porte et n'ont pu que constater le décès du commissaire à la suite d’une blessure par balle. Les premiers éléments de l’enquête semblent prouver qu’il s’agit d’un suicide avec son arme de service. D’après une source proche de l’enquête, il apparaitrait que la victime était déprimée à la suite de l’assassinat de son ex-épouse survenu il y a quelques jours.

PJ fit demi-tour et monta à son bureau. Héloïse l’y rejoignit quelques minutes plus tard, le visage grave.

— J’ai regardé la télé ce matin, je te présente mes condoléances.

PJ la regarda longuement.

— Ne soit pas désolée, c’est lui qui a fait enlever ton père !

Héloïse écarquilla les yeux.

— Quoi ?

— Oui. Mais personne ne le saura jamais. C'était ça ou la prison à vie et le déshonneur pour sa fille Amandine. J'ai préféré lui laisser le choix.

— Je comprends. C’était ton ami.

— Ton père ?

— Il va bien et sortira bientôt, mais il n’a rien d’utile à nous apprendre.

Un silence.

— Bien, nous avons rendez-vous à l’Elysée à 10 heures. Le président veut nous voir.

Arrivés à l'Élysée, Ils furent introduits dans le bureau du président.

Celui-ci était debout près de la fenêtre. Il se retourna en les entendant entrer.

— Commandant Malisse, lieutenant Veillon. Asseyez-vous.

Le président resta debout.

— Commandant, je vous renouvelle mes remerciements ainsi qu'à mademoiselle Veillon pour votre action dans cette enquête.

Il enchaina.

— J'attends avec impatience votre rapport non officiel sur cette affaire. Avec les noms de tous les protagonistes. Surtout ceux qui ne seront pas divulgués publiquement.

— Vous l’aurez très bientôt, monsieur le président.

Le président se rassit derrière son bureau.

— Un hommage sera rendu au commissaire divisionnaire Jacques Naudin dans la cour de la Préfecture de Police, en présence du ministre de l’intérieur et du préfet de police. La légion d’honneur lui sera attribuée à titre posthume.

Il regarda PJ.

— Vous ne refuserez pas, je pense, d’y accompagner sa fille, Amandine Naudin qui vient de rentrer des Etats-Unis.

— Cela va sans dire, monsieur le président, je la connais depuis plus de dix ans.

Le président joignit ses mains.

— En ce qui vous concerne …

PJ l'interrompit.

— Monsieur le président, comme j’ai eu l’occasion de vous le dire, je ne veux rien pour moi. Je continuerai à accomplir mes obligations de commandant sous les ordres du remplaçant du commissaire Naudin.

— Et pour mademoiselle Veillon ?

— Elle devrait commencer sa formation de lieutenant à la fin de son stage dans un peu moins de trois mois. Il vaut mieux pour elle ne pas être cataloguée comme protégée ou pistonnée par qui que ce soit. Elle est douée et promise à une belle carrière. Ne la gâchons pas.

Héloïse, qui avait rougi, approuva en silence.

— D’autre part, les lieutenants Zanzarelli et Augeron ont fait preuve d’une loyauté sans faille et d’un grand professionnalisme. Je souhaite qu’ils soient affectés définitivement dans mon service et je pense qu’ils devraient être élevés au grade de capitaine.

— J’en prends bonne note, commandant.

Il se leva, signifiant la fin de l'entretien.

— Mais j’ai toujours besoin d’un conseiller en matière de sécurité, de quelqu'un d'intelligent, d'intègre, de loyal. Quelqu'un qui n'a peur de rien ni de personne.

Il regarda PJ intensément.

— Nous nous reverrons bientôt, commandant Malisse.

PJ et Héloïse sortirent de l'Élysée en silence et retournèrent à la voiture.

— C'est fini ?

— Oui. C'est fini. Les petites mains sont en prison ou mortes. Les vrais responsables, eux, s'en sortent. Comme toujours.

Il eut un sourire amer.

— Mais on a sauvé Robin et ton père. C'est déjà ça.

Héloïse le regarda.

— PJ... merci. Pour tout.

Il haussa les épaules.

— C'est mon travail.

Ils montèrent dans la voiture. PJ démarra.

— On retourne au bureau ?

— Non. Je t'invite à déjeuner. On a bien mérité une pause.

Héloïse sourit.

— Avec plaisir.

Pendant qu'ils roulaient, le téléphone de PJ sonna. C'était Anita Morales, la légiste.

— PJ ? Tu te souviens de ta promesse ? Un verre quand l'affaire serait bouclée ?

PJ sourit.

— Oui, je me souviens. Ce soir ? 19 heures ?

— Parfait.

Il raccrocha.

FIN

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