Ses talons hauts tintaient sur les pavés de cette rue ancienne. Quelques pas plus loin, elle tourna dans l'allée. Elle était là, cette boutique qui lui faisait de l’œil depuis toujours.
Une devanture élégante aux boiseries patinées. Derrière les vitres, deux mannequins, parés des plus beaux apparats, semblaient presque se vanter d’y être.
Quand elle franchit la porte, délicatement, une petite cloche résonna « gling gling ».
Une vendeuse l’accueillit derrière son comptoir en bois ciré. Le présentoir à chapeaux à sa droite semblait l’inviter à s’approcher. Elle fit quelques pas pour les observer de plus près.
— Essayez-le, proposa la vendeuse, quand elle vit ses yeux s’arrêter sur une belle capeline ivoire.
— Je venais… pour de la lingerie, dit-elle timidement.
— Bien madame. Puis-je vous proposer l’une de nos nouveautés, qui me semble-t-il vous conviendrait à merveille.
La demoiselle s’approcha des rayons. Dentelle, satin, rubans, broderies… tout ce qui était exposé là, face à elle, l'éblouissait. Une lumière douce caressait plusieurs modèles de la boutique, l’attirant déjà à eux. Elle effleura un tissu de ses doigts fins.
Elle imaginait déjà l’émerveillement que ressentirait son amant en la découvrant dans l’une ou l’autre de ces étoffes. D’abord, elle approcherait. Sa peau et le satin accrocheraient la lumière tamisée et renverraient dans ses yeux brillants le reflet de son désir de la toucher.
Un petit sourire lui vint aux lèvres, et elle avait même légèrement rougi.
— Je prendrai celui-ci, dit-elle.
La vendeuse disposa le modèle en tissu fin satin, transparent et dentelle, et l’enveloppa dans du papier de satin délicat.
La demoiselle la salua et sortit, tenant à la main son trésor dans un joli sac en papier.
Dans la rue, elle se retourna une dernière fois, pour retenir un instant encore la beauté de cette boutique qui la faisait toujours rêver.