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https://www.youtube.com/watch?v=0Z46CWTS0Fk

— C’est ma dernière clope. Mon dernier bien. Quand tu l’allumeras, un compte à rebours commencera. Les secondes brûleront avec le tabac, et... J’espère que tu as trouvé la bonne clef, Zéro. Sinon, ce sera vraiment la fin du voyage.

Les lèvres laissent de la chair infectée sur la cigarette. La fumée se glisse entre les dents noires. Un souffle de plaisir, puis une voix brisant une gorge sifflante :

— T’avais pas un paquet de mégots au-dessus des chiottes ?

— Il est dans ta main.

— Ah... Et ta planque dans la tour du radar ?

— Il n'y a plus de radar, Zéro. Il a disparu. C’est ma dernière clope. Boucle-la et savoure.

La lèpre retourne embrasser le papier. Le tabac vole en braises ; fougueuses, éphémères ; une nuée de lucioles s'échouant sur cette peau pourrie et rongée de brûlures. Du vif. Des cendres. Partout. Zéro est noir de suie ; rouge d'une agonie qui suinte sous les lueurs écarlates des alarmes. Son uniforme colle à ses plaies, des bouts de chancre se coincent entre les coutures ; c'est encore pire quand il passe sa main dans ses cheveux. Un cadavre. Zéro est un cadavre qui balance ses jambes au bord d'un gouffre, le dos écrasé par l'air et les gyrophares paniqués ; le générateur de secours tourne depuis trop longtemps. La vraie nuit arrive.

— Eh, Chef, tu te rappelles quand Gros Lourd avait caché de l'herbe dans les tubes à torpille ?

— Ta gueule... J’ai encore l’odeur de sa tronche pleine de merde dans le nez.

Nouvelle bouffée ; soupir exhalé. Les yeux se couchent sous leur couverture ; les murmures enfumés glissent sur la langue calcinée :

— Gaufré par le major en personne. Quel con ! Il en a eu pour combien, déjà ? Trois, quatre semaines ?

— Un mois. Un mois à récurer les fosses avec un balai pour seul pote. Je sais plus quel nom il lui avait donné… Il a terminé quand Poilu a pris sa place pour avoir ramené une pute.

— Ahah ! Ahahah ! Ah... On en arrive à regretter ces vieux sacs...

— Le temps où y'avait des gens.

Le mégot quitte les dents ; une pincée de cendres chute dans les profondeurs du bunker, direction les tanks en décomposition.

On dirait des fourmis écrasées.

— J'espère que j’ai trouvé la bonne clef...

Les tourbillons de fumée caressent ses narines. Ils embrassent ses brûlures, enlacent sa peau grelottante sous l’uniforme poisseux. Le bleu militaire n'est plus qu'un lointain souvenir. Tout comme Gros Lourd et son maquillage de merde...

Zéro inspire…

Il observe les braises exhumer les monstres d'en bas.

Ouais.

On dirait bien des fourmis écrasées.

Ou des scarabées qui ont trébuché dans un cimetière de libellules.

Non !

Ce sont des bourdons. Les gros trucs noir et jaune, là ; ceux qui galéraient à décoller leur cul des fleurs. Ou alors... des araignées ? On dirait des araignées ? Peut-être ? Des cafards ?

De la merde. Une guerre morte rouille loin, très loin sous les pieds de deux soldats médusés ; c'est tout. Alors on fume, trois, quatre bouffées, on lit ses pensées dans le vide en souhaitant qu’il offre solutions aux soucis, mais… soupir ; la voix de Zéro recouvre le grésillement des radios :

— Chef, est-ce que j’ai trouvé la bonne clef ?

Une médaille tinte ; Chef se lève péniblement. Son dernier œil dévore une meurtrière censurée par les planches ; un cercueil bâclé par la terreur. Çà et là, des fissures dans le bois trahissent l'intimité de leur macchabée. On le voit ! Bon sang, on le voit ! Le dehors, là ! Le dehors… Pas un brin de vent ne vient. Pas un son. Pas même une lueur.

Non.

Il n’y a plus rien.

Seulement le bunker.

— Ta connaissance est mienne. Comment veux-tu que je le sache ?

— Un espoir ? Tu étais une véritable ency...

— ...clopédie qui ne connaît rien aux clefs de décryptage. Bon sang, Zéro, cesse de te défiler ! Il n'y a qu'une seule façon de la vérifier. Sors. Va au pied de la parabole !

Les dents se serrent sur la clope.

— Même si ça ne te plaît pas ! Tu le feras, car il n’y a pas d’autre choix. Tu dois décrypter la Fréquence. La comprendre. Lui répondre… Peut-être revoir le monde !

Arcs violets et râles mécaniques ; le générateur de secours agonise. Les ampoules crépitent autour de Zéro qui peine à maintenir droit sa cigarette. Ses yeux sont serrés ; terrés sous leur couette froissée de cauchemars. Dehors n'est pas souhaitable. Non… Non… Non non non ! Pas le dehors ! Il n’est que malédiction. Abomination. Désolation. Il n’est qu'un résidu de corruption, engeance de la guerre qui se putréfie dans le charnier du monde... Non ! Il ne faut pas le voir ! Les prunelles s’enfoncent plus loin sous leur drap.

Dehors n'est même plus un endroit.

— J'ai peur, Chef.

— Même le major en était terrifié.

Vide d’horreur, le regard se perd dans le gouffre aux épaves ; les jambes cessent de s'y balancer quelques instants.

On dirait des tombes.

Une médaille tinte. Le cache-œil de Chef rutile sous les alarmes :

— Mais nous sommes plus forts que le major. Lui, il appartient au temps où il y avait des gens. Nous, nous sommes allés au-delà ; par-delà la mort du monde pour entendre, que dis-je ? Comprendre ce que scande la Fréquence depuis toujours !

Les radios grésillent de plus belle. L’officier poursuit en redressant son képi :

— Retourne-toi, prodige, contemple tout ce que nous avons fait malgré la fin des jours !

Inspiration ; de brousses à braises, puis de braises à cendres, la fumée s’élève et le fumeur se lève ; s’écroule, à genoux dans les lueurs d'or qui léchaient son dos. Un brouillard de craie étouffe ses jambes lépreuses : des chiffres, des calculs, des équations, sur le béton, les murs, le plafond, des courbes, des questions, des schémas, sur sa peau, ses brûlures, sa poitrine gonflée de tabac ; ardente de fierté ! Car, par-delà le feu de sa cigarette, brillent les cierges d’un sanctuaire ; rayonnent les soleils d’un éternel havre au cœur des éclairs écarlates !

72.8 MHz

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Après toutes ces années de calculs, elle s’est enfin montrée à lui : la clef de décryptage, là. Là ! Au centre des cercles rouges tracés, là, jusqu'à creuser l'ardoise, encore, créer montagnes de craies, encore !, et user ses pauvres doigts.

Ses poumons se défroissent.

Un smog siffle entre ses dents.

— Le tabac se faire rare, Zéro. Les secondes partent en fumée.

— La vraie nuit arrive…

— Est-ce que tu as trouvé la bonne clef ?

Est-ce que j'ai trouvé la bonne clef ?

Son uniforme laboure sa nuque à vif ; il écarte le col avant de poser ses paumes collantes sur le sol. Les sons se brisent sur ses paupières ; on n'entend plus les râles du générateur, ni l’orage des radios, le grincement des tôles, les tuyaux percés, les câbles sectionnés, les moteurs, les ampoules… ; on n’entend même plus le cimetière aux scarabées. Il n'y a qu'un vide. Une plénitude. Un silence décoré par l'esquisse de deux soldats qui prient sous le crépitement des cierges :

Les braises écorchent le filtre. Chef chuchote :

— J'ai réglé nos yeux, il y a longtemps ; aujourd'hui, à toi de faire pareil pour les oreilles, mais… Zéro, sur le chemin de la parabole, promets moi que tu feras attention au télescope, hein ? Le dehors est un piège pour l'esprit ; il est terrifiant, et pourtant si fascinant... On pourrait l’observer pendant des heures, des années... — son unique œil dévisage les canonnières barricadées — Ne fais pas la même erreur que moi. Promets-le.

Zéro noie la cigarette dans la craie :

— Ta dernière clope était dégueulasse.

Puis, ses jambes fébriles se traînent vers la porte. Capricieuses ! Elles ne veulent pas, répugnent à marcher une nouvelle fois dans ce qui reste du monde. Morsures de barbelé, venin de grenade ; c'est à travers les stigmates du passé, que ces pauvres guibolles révèlent aux alarmes leur noyau. Ça luit, tant c'est lisse ; ça tremble, tant ça redoute ce qui hante l'autre côté du béton. Mais la vraie nuit arrive... Les phalanges décharnées agrippent la valve ; la silhouette de Chef bredouille dans son dos :

— Tu... Tu feras attention à moi, ok ? Je ne suis plus aussi solide qu’autrefois.


— Je te ferai un câlin, Chef.

Un tour de valve ; le verrou torture ses oreilles. Deux tours ; les gonds hurlent. Trois. Quatre ; la porte racle le sol. Cinq. Six ; le seuil se recouvre de poussières. Sept. Huit... Un torrent d’air quitte la casemate ; aspiré.

Le dehors est démasqué.

Glacé.

Trépassé.

Le dehors est silencieux.

Creux.

Noyé de vide.

Cela fait des années que les canons se sont tus. Des bourreaux tués par leur propre besogne ; on ne sait même pas si leur cadavre existe encore. On ne veut pas le savoir. Zéro plaque immédiatement ses mains contre ses yeux ; les derniers cils se déchaussent et s'échouent dans le pus qui tapisse ses paumes. Qu'y a-t-il à voir là-bas, à part un vide où errent les décombres d'un chaos exténué ? Rien. Le dehors n’est pas souhaitable. Alors, chancelant au bord du seuil, le survivant peint ses souvenirs sur ses mains et goûte, par-delà la barricade de ses doigts transis, aux échos d’un passé autrefois rêvé...

Farandoles hivernales.

Nuées de vapeurs.

Embruns et ressacs enchanteurs…

Qu'il est bon de sentir le sel chatouiller ses narines. Ici, le gris du ciel se fond avec le bleu de l’océan ; des fantaisies marines par-delà les falaises, caprices d'un ouragan labourant l'horizon ; Zéro les voit, juste sous ses doigts. Le bunker. Le radar. L'armée. Les fleurs, le phare, les marées.

Les gens… Tout est encore là.

Il suffit de ne pas les oublier.

Les premières gouttes parfument le béton ; il est temps de sortir savourer l'orée de la tempête. Le soldat laisse ses bottes tâtonner le sol ; elles soulèvent un brouillard de poussières, se foulent entre des fragments de guerre ! Griffes gangrenées. Crocs empoisonnés ! Les barbelés emportent sa chair, mais il poursuit sa marche, aveugle, au cœur de ce cosmos en deuil ; l'esprit réfugié au temps où les vagues chantaient encore.

Il suffit de ne pas les oublier.

Les blessures déversent leur pus.

Ne pas les oublier.

Le givre congèle la lèpre.

Ne pas oublier.

La peau s'envole en nuées.

Pas oublier...

Stridulante ! La parabole écrase son esprit ! Elle cogne. Consume. Lâche ses essaims sur les confins sidéraux qui lui hurlent en retour. D’autres antennes hantent le lointain ; des titans aux pattes rongées, dressés au bord du vide, guettant l'instant où ils pourront emporter dans leur chute l'îlot que Guerre a oublié.

Oublier...

Le soldat se pétrifie. Oublier ? Comment ça, oublier ? Où sont passés l’océan, les falaises, les gens ? Pourquoi ne les entend-il plus ? Ses doigts se desserrent, glissent vers ses oreil… NON ! Il ne faut pas abandonner les paupières ! Que faire si elles s’ouvrent ? Que faire face au dehors ? Il n’y a rien à craindre. SI ! Tout est tellement terrifiant. Mais où sont les vagues ? Tellement abominable… Les arbres ? Effroyable. Le monde a été détruit ? Oui. Non ! Mais si. Zéro est seul dans ses mains. Perdu, face à cet astre de rouille qui le toise depuis l'observatoire en dégueulant son déluge statique. Un cri animal rampe hors de sa gorge. Il entend grouiller, juste au-dessus de sa tête, ces milliards de criquets virtuels nichés dans leur canopée électrique : des câbles, des câbles, des câbles, là, des câbles, des câbles, et des câbles et des câbles rongés jusqu’à l’âme, momifiant l’éternelle noirceur du ciel et crachant ces nuées d’insectes fourmillant sur sa peau frissonnante. C'est un chaos numérique. Un désordre dissonant de fréquences abandonnées dans l'insondable nuit qu'est devenu l'univers. Voûté, plié, broyé par la silhouette de plomb, Zéro rampe sur les ultimes marches ; le nez dans la boue, le souffle sifflant d’épuisement.

Ce n’est qu’au sommet de cette montagne que ses doigts quittent ses yeux pour une porte.

Un sang vicié coule sur la poignée :

— Est-ce que j'ai trouvé la bonne clef ?

Qui diable pourrait lui répondre, à part ces satanées radios et leur perpétuelle pluie de bruits ? Personne. L’intérieur de l’observatoire est un tombeau saturé de pénombre ; même des pillards n'oseraient y retourner.

Hésitation, sanglots et claquement de porte ; le parquet craque sous ses pas trébuchants. Il craque dans la salle des opérations. Il craque, entre les paillasses du laboratoire inondé. Il craque, parmi le vent glacé du grand corridor. Il craque, aux lueurs moribondes des gyrophares, dans le brouillard explosif de l'armurerie, le long des canons écartelés. Il craque en cœur avec l'escalier, hante le grenier, il craque devant les propagandes déchirées et, enfin, il craque sous le dôme du télescope.

Un autre titan se dresse, ici. L’œil d'un monde révolu à la recherche des étoiles disparues ; on ne voit qu'obscurité à travers le verre, à croire qu'une main divine occulte l'objectif.

Zéro se recroqueville, griffant sa nuque et plongeant sa tête dans ses coudes. Ses jambes le traînent vers l'ombre du télescope ; ça craque, encore.

Puis ça s'arrête.

Une main sur le siège, l'autre abandonnée le long de son corps.

— J'ai peur, Chef.

Le pus de ses brûlures coule sur les os quand il enlace le squelette assis, figé dans ses contemplations. Une médaille tinte.

— Est-ce que j'ai trouvé la bonne clef ?

Aucune réponse. Le crâne de Chef se contente d'observer l'insondable noirceur sidérale.

Il n'a plus rien à dire.

Alors, le silence s'installe et laisse à l'horloge le soin de morceler le temps. Zéro jette un regard craintif dans les confins de la salle et il voit, luisante dans les ténèbres, sa station qui n'attend qu'une chose pour décoder la Fréquence.

— Je vais régler nos oreilles. Attends-moi.

153

Le bruit du clavier cogne sur les parois du dôme.

946

Les chiffres s'affichent à la suite dans le vide virtuel des écrans.

360

Des symboles chevrotants parmi courbes et quadrillages ; les oscilloscopes se réveillent en ronronnant.

281

740

65

Zéro relève la tête. L'orange analogique des machines se reflète sur ses pupilles humides :

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Il pose le casque sur ses oreilles.

S'enfonce au fond de son siège.

Mais demeure interdit.

Il n'a plus rien à dire.

Rien.

À part un dernier souffle s'éclipsant à travers un sourire reposé.

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