Prologue
Des bruits assourdissants résonnaient dans les couloirs métalliques du vaisseau. Des alarmes hurlaient sans interruption, couvrant à peine les cris et les ordres qui éclataient dans tous les sens. Le sol vibrait sous les impacts extérieurs, faisant trembler les murs de ma chambre. Je me réveillai brutalement lorsque le vaisseau tout entier sembla vaciller.
Pendant quelques secondes, je restai immobile, essayant de comprendre ce qu’il se passait.
Puis une nouvelle secousse traversa la structure.
Cette fois, je bondis immédiatement hors de mon lit.
En ouvrant la porte de ma cabine, je tombai sur un couloir plongé dans une agitation totale. Des soldats couraient dans toutes les directions, certains déjà armés, d’autres encore en train d’enfiler leurs équipements de combat. Des techniciens hurlaient des coordonnées, des sirènes rouges illuminaient les murs métalliques dans un rythme oppressant.
Quelqu’un venait de percer notre ligne de défense.
Et vu la panique générale… ce n’était pas une attaque ordinaire.
Je traversai rapidement le couloir pour rejoindre les autres membres de mon escadron. Au loin, près du hangar principal, le colonel se tenait déjà debout sur une plateforme métallique surélevée. Malgré le chaos ambiant, sa posture restait parfaitement droite.
Comme s’il savait déjà que nous étions condamnés.
Lorsqu’il prit la parole, sa voix couvrit immédiatement les alarmes.
— Vous connaître fut un grand plaisir. Jetons-nous corps et âme conformément au serment prêté à votre engagement !
Autour de moi, tous les soldats répondirent presque instantanément, comme une seule voix.
— Nous ne parlerons pas, nous ne céderons pas et nous triompherons !
Le colonel hocha lentement la tête.
— Bien. Chargez !
L’ordre déclencha immédiatement une nouvelle vague de mouvements. Conformément au protocole, nous nous ruâmes vers les hangars d’attaque. Les mécanismes des portes blindées s’ouvrirent lentement dans un vacarme métallique tandis que les premiers appareils décollaient déjà.
Je grimpai rapidement dans mon vaisseau.
Les moteurs vibraient sous mes pieds.
Autour de moi, les autres escadrons se dispersaient déjà dans l’espace. Certains appareils prenaient immédiatement la fuite. D’autres restaient en arrière afin de couvrir la retraite.
Nous devions prévenir les autres colonies.
Ils avaient coupé toutes nos communications.
Si nous tombions ici, personne ne saurait ce qui était arrivé.
Je sentis ma gorge se serrer.
Personne ne devait être capturé.
Nous savions tous ce qui arrivait aux prisonniers. La torture. Les interrogatoires. Les extractions d’informations.
Ou peut-être pire encore.
Mon escadron traversa finalement l’ouverture du hangar et déboucha dans l’immensité noire de l’espace.
Et c’est là que je le vis.
L’énorme vaisseau-mère ennemi flottait devant nous à seulement quelques luminoses de distance. Immense. Silencieux. Presque irréel. Ses structures métalliques recouvraient l’espace comme une ville entière suspendue dans le vide.
Tous nos appareils ouvrirent immédiatement le feu.
Des centaines de tirs illuminèrent l’obscurité.
Puis le massacre commença.
Les explosions se multipliaient dans toutes les directions. Des vaisseaux étaient pulvérisés en quelques secondes. Certains tournaient sur eux-mêmes avant d’exploser. D’autres disparaissaient entièrement dans les tirs ennemis.
Nous tombions un par un.
Une véritable parade macabre de lumière et de débris.
Mais soudain—
Un immense barrage électromagnétique se déploya devant nous.
Une barrière lumineuse traversa l’espace et nous coupa toute route de fuite.
— Non… murmurai-je.
Les communications de l’escadron explosèrent immédiatement de voix paniquées.
Nous étions piégés.
À ma droite, le vaisseau de Jamal se rapprocha brusquement du mien.
— On n’a plus le choix, dit-il d’une voix étonnamment calme.
Je compris immédiatement ce qu’il voulait dire.
J’acquiesçai lentement.
Nous serions les seuls à tenter la fuite.
Je poussai immédiatement les moteurs à pleine puissance et lançai mon appareil dans une trajectoire plus risquée à travers le champ de bataille. Des tirs passaient tout autour de moi dans des éclairs aveuglants.
Puis soudain—
Les débris d’un vaisseau détruit heurtèrent violemment mon aile gauche.
L’impact secoua brutalement tout l’appareil.
Des alarmes rouges envahirent immédiatement mon cockpit.
— Non… non…
Le moteur venait de lâcher.
J’essayai frénétiquement de relancer les systèmes tandis que le vaisseau dérivait dangereusement entre les combats. Ma respiration devenait plus rapide. Mes mains tremblaient sur les commandes.
Puis un tir ennemi frappa directement mon appareil.
Le cockpit vacilla violemment.
De la fumée commença immédiatement à envahir l’intérieur.
Je me mis à tousser.
Les alarmes hurlaient de plus en plus fort.
Je n’y voyais presque plus.
Et soudain—
Un immense rayon attracteur m’engloutit.
Mon vaisseau fut tiré de force vers le vaisseau-mère ennemi.
Je distinguai une gigantesque ouverture métallique.
Le hangar.
Puis tout devint flou.
La dernière chose que je vis fut l’immense structure sombre qui se refermait au-dessus de moi.
Et ensuite…
Plus rien.

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