Amour perdu dans les brumes
Une minute de lecture
J'entends les petits cisticoles,
Fléchissant les joncs de mon cœur
Vers la terre de mon malheur,
Chanter pour l'âme célicole
D'une femme que j'ai perdue,
Parmi les brumes de la ville.
Elle me manque comme mille,
Celle dont j’étais éperdu ;
Triste, je la vois tendre à d'autres
Les liens qui nous unissaient
Jadis, quand l’amour renaissait
Dans le jour pâle des apôtres.
Les jours s’allongent pour moi quand advient l’hiver,
Car, en noires esquisses, je repeins les nuits
Où nous nous apprêtions à chuter dans le puits
Des conflits… des peines… du pénible mystère.
Et je tente, ô impressionniste maudit,
De faire fuir les nuées qui nous ont hantés ;
Mais j’échoue à corriger notre destinée,
Et je pleure de croire qu’il en est ainsi.

Annotations
Versions