Ancre noire
J’ai traversé l’enfer, les saisons ennemies.
J’ai retrouvé d’anciens démons, peurs et harpies.
La mer porte en son sein mes profondes misères ;
Je veux m’échapper d’ici et pourtant lui plaire.
Dans ce chaos de douleurs, tu es l’éclaircie.
Mon âme est un château en ruines après l’hiver
Et nos conversations un havre où je me terre ;
Ailleurs, loin dans nos idées, je me suis enfuie.
Du bleu silence et de l’ignorance des nuits
Ont coulé à nouveau la liberté, l’oubli.
J’ai abandonné mon cœur aux flots éternels ;
L’union, le départ en vague perpétuelle.
Viennent les aubes et crépuscules de plaisirs,
Puis le retour où nous attend la vie à terre,
Des saisons, des châteaux, des démons, des hivers,
Âtre solitaire où brûlent les souvenirs.
***
Paré d’étoiles, il brille parmi toutes
Exalté, les mains aux nues
Orion exhibe la boucle étincelante de son ceinturon
Et sa grande épée est prête à tomber.
Égarés, mes yeux cherchent le Nord
La vérité qui imprime les mouvements de l’Univers
La Réponse, la divine paix
Mais je suis cette créature vaine,
Aimante, effondrée avec le printemps :
Voilà mon reflet dans cette nuit noire.

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