Doldrums
Dans la nuit débarquent mes galères
Par vagues, à l’âme retenues
Et le sommeil s’embarque avec elles
Tourne, tourne le maelstrom
De mes galères nocturnes
Je ne dors pas
Dans l’éveil parle le sommeil
Transperce le miroir des âmes
Assombrit les joies, éteint les plaisirs
Immobile lente houle
L’œil drapé d’une sombre pourpre
Quotidien naufragé.
***
L’anomalie dans le ciel n’est pas un nuage noir
C’est sa persistance
Son épaisseur
Son étendue
L’indécence de sa lenteur
De quelle origine
Vers quelle destination
Quelle importance
Je cherche
Je cherche pourtant
Et souffle
Souffle le vent d’ouest sur l’Iroise
Emporte mes peines
Guéris mon chagrin
Et souffle
Dans les rouleaux à Trégana
Irise l’embrun, déchire les nues
Par-dessus la lande constellée de genêts
Genêts, genêts jaunes et chéris
Ultime trace de l’amour naissant sur cette terre
Pour cette terre
Mon refuge à jamais.

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