Margeride 20 novembre 199… Charlotte
Abraao regarda la pendule, une copie de la « Montre molle » de Dali, assez incongrue dans cette vieille cure.
- Il faut que j’y aille, je passerai au bistrot tout à l’heure.
Charlotte et Rignac décidèrent d’aller prendre un verre.
- Tu vas voir un drôle de truc ma Chérie, un pub Irlandais en pleine Margeride…
- Irlandais ?
- Oui. Il y avait un vieux bistro dans la petite rue montante qui part de la place de la Mairie. Les propriétaires semblaient encore plus vieux. On y jouait aux cartes, on buvait un vin râpeux ou du Pastis, on y refaisait le Monde avec d’autant plus de facilité qu’on était jamais sortis du coin. Bon, on s’y emmerdait ferme mais comme il n’y avait rien d’autre… et puis les vieux ont vendu. On s’est aperçu dans le coin qu’ils s’étaient fait une jolie pelote quand ils sont partis s’installer à Montpellier dans un très bel appartement. Mais le bistrot, ici… invendable alors c’est la mairie qui l’a racheté. Un été un groupe de musique Irlandaise est venu jouer pour une fête. Il y avait une chanteuse qui avait une voix incroyable. Elle est tombée amoureuse de l’endroit, elle a décidé de reprendre le bar. La pâleur de sa peau, ses taches de rousseur, ses cheveux de feu toujours coiffés en pétard et sa silhouette longiligne d’elfe ont attiré bien des soupirants. Finalement elle a choisi un garçon rêveur et timide qui aime les arbres, les ruisseaux et les bêtes.

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