Chapitre 6 – Le grand schisme familial
Bon, malgré les difficultés, la situation familiale se maintient.
Plus de royaume, certes. Mais une lignée, des titres, et surtout… une certitude quant à la continuité. Du moins, en théorie.
Car, comme souvent dans les vieilles dynasties, tout repose sur un détail. Un document, une signature contestée… bref, une marge interprétative non négligeable.
Arrêtons-nous un instant en 1900.
Cette année-là, un prince de la maison, Charles de Bourbon-Siciles, renonce à ses droits sur le trône des Deux-Siciles à l’occasion de son mariage avec une princesse espagnole.
Geste diplomatique ? Incitation ? Élan romantique ?
Peu importe.
Le problème n’apparaît que plus tard.
Car, en 1960, à la mort du chef de famille sans héritier direct, une question surgit :
Cette renonciation était-elle valable ?
D’un côté, la branche dite « de Calabre », aujourd’hui représentée par Pedro de Bourbon des Deux-Siciles, qui considère que la renonciation ne s’applique pas pleinement, et que la succession suit son cours naturel.
De l’autre, la branche dite « de Castro », menée par Charles de Bourbon des Deux-Siciles (oui, encore un… décidément), pour qui la renonciation exclut définitivement cette lignée.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Pour couronner le tout, la branche de Castro, ne disposant pas d’héritier masculin, décide en 2016 de modifier les règles du jeu.
Entre ainsi en scène Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles.
Fille de Charles, duc de Castro, et héritière désignée.
Pour certains, future cheffe de maison. Pour d’autres… une impossibilité pure et simple.
Après tout, quand il n’y a plus de trône, il reste au moins les règles.
Et manifestement, elles aussi peuvent se discuter.

Annotations