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Rebroussant leur chemin, elles rentrent bredouilles,
Georgette, fermée dans son silence, bouillonne.
Henriette, elle, sourit, son esprit tourbillonne,
Car Maurice danse encore dans les méandres de ses vadrouilles.
Tandis que l’une rumine, l’autre rêve sans un bruit,
Le salon reste calme, éclairé d’un souffle doux.
C’est alors que Georgette aperçoit, tout à coup,
Sur la table, un éclat qui trouble un peu la nuit.
Une rose posée, rouge comme un aveu,
Une partition tendre où les notes frissonnent,
Un petit cœur-bijou dont les reflets résonnent,
Et un mot, simplement signé d’une main : Roger, ton amoureux.
Il n’a rien oublié, ni les jours ni les heures,
Ni la femme qu’il aime et qu’il voit s’égarer
Dans les fils d’une enquête où elle va s’attarder,
Lui laissant pour seul guide son espoir et son cœur.
Alors Georgette hésite, son front se décrispant,
Entre l’ombre du mystère et la chaleur offerte.
Ainsi la rose, la musique, la douceur entrouverte
Font vaciller son trouble en un moment apaisant.
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