Connecting the past

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Cc cv ?
Ui é toi ?
Cv
2M1 tu fé koi ?
RDV banc rouj
Fo ke jte coz
OK
Kel heure ?
8h
OK
A2M1
BIZ

Tels furent mes derniers échanges. Avant que la batterie ne lâche. À jamais. J’étais au lycée.

Mais lui, il est toujours là. Comme une relique qui veille. Coque bicolore. Ou plutôt échange de coques : un côté gris, un côté bleu sombre. Une coquetterie, un échange de bons procédés avec une amie.

Aujourd’hui encore, j’entends parfois sa sonnerie du « buffoon » résonner dans ma tête. Et je repense aux heures passées à jouer au serpent.

Je venais d’avoir seize ans. Je sautais de joie. Mon tout premier téléphone portable : un Nokia 3310. Une merveille de technologie mais surtout, et avant tout, incassable.

Des chutes dans les escaliers, de l’éclatement sur le bitume et même du haut d’une mezzanine, lui tenait bon. Toujours fidèle.

Son seul défaut : la batterie. Elle finissait toujours par lâcher, et se trouver à portée d’une prise devenait indispensable.

Mais quand je le regarde, je repense à cette période un peu houleuse, compliquée, mais tellement heureuse.

Je me revois courir pour attraper le car. Le téléphone, lourd, calé au fond d’une poche ou d’un sac.

Le voyage scolaire en Allemagne. Les discussions à distance en plein cours. Le gadget planqué dans les manches de nos manteaux pour ne pas se faire griller.

Les messages envoyés à la volée.

Les sorties bronzage à la fin de l’année au bord de la rivière. Le téléphone qui tombe à l’eau sans se noyer.

Et puis ce bruit, comme un signal pirate, ces bandes noires affichées sur ma petite télé, annonçant la réception ou l’envoi d’un message.

Je me souviens de ma maîtrise frénétique de son clavier. De la manière d’écrire les SMS. Ça coûtait cher à l’époque. Le mien était à recharge, qui expirait invariablement au bout de six mois, je crois, que le crédit soit épuisé ou non.

Alors, pour économiser les caractères, ne pas être décomptés de deux SMS au lieu d’un seul, nous abrégions, massacrions parfois la langue tout en inventant un code répondant à nos besoins.

Quand je le regarde, posé là où je l’ai laissé la dernière fois, chez mes parents, dans ma chambre, je suis nostalgique.

J’emprunterais volontiers ce mot japonais qui décrit si bien cette nostalgie heureuse : natsukashii.

Aujourd’hui il ne capte plus rien. À part peut-être des échos adolescents.

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