La déléguée n'était pas un ange

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Si j'ai appris quelque chose de mes années collège, c'est bien que les délégués sont loin d'être exemplaires. L'ayant été une fois dans mes années lycée, je peux dire que ce rôle ne tient qu'à peu de choses. Je me souviens de l'un d'eux, appelons le Élodie, déléguée de ma classe de sixième. En apparence, elle avait tout pour plaire. J'ai bien dit en apparence, car si on allait plus loin on s'apercevait que tout ça n'était qu'une vaste façade. Elle avait pourtant acquis une certaine popularité et était toujours bien entourée.

A cette époque, elle a profité de ma naïveté et de mon béguin pour un garçon pour se moquer de moi. Avec quelques unes de ses amies, elle a rédigé une lettre d'amour en la signant du nom de mon béguin avant de me la donner, bien évidemment en son nom. Comme je n'avais aucune raison de douter, j'y ai cru sans me poser de questions. Folle de joie, j'ai donc répondu à cette lettre. J'ai cru bon de l'adresser directement au destinataire au lieu de passer par Élodie et j'ai mis ma meilleure amie à contribution pour la transmettre. Je la vois encore se diriger vers lui pour lui donner.

Plus fort encore. Quelques semaines plus tard, en sortant du cours de sport, elle m'a demandé un stylo et une feuille pour, soit disant, jouer au morpion à la cantine. Ce midi-là, j'étais installé à une table pas loin d'elle et de ses amies. C'est là que j'ai commencé à douter. Je les ai longtemps observer en train de débattre, de noter des choses pendant qu'elles se restauraient. Je n'avais pas eu de nouvelles de mon prétendant depuis que mon amie lui avait donné ma lettre. Et par le plus grand des hasards, l'après-midi même, j'ai reçu des mains de cette diablesse une autre lettre. J'avais une amie qui était aussi la sienne et celle-ci a finit par tout me raconter quand je lui en ai parlé. Elle m'a avoué que oui, avec ses amies, elle s'était payé ma tête et que j'ai été bien idiote de la croire.

Et il n'y a pas que moi qu'elle a eu, elle a aussi réussi à avoir la classe entière. Un jour, elle nous a fait à tous une proposition. Sa mère était infirmière et pouvait, selon ses dires, obtenir des stylos en forme de seringues. La demoiselle nous en a donc proposé en échange de dix francs. Beaucoup n'ont pas hésité et lui ont donné la somme requise. Quant à moi, au bout d'un moment, j'ai plongé aussi. Que voulez-vous ? A douze ans, on ne réfléchit pas forcément bien. Par la suite, elle promettait de les amener le plus vite possible. Pendant toute l'année, quand on abordait la question avec elle, elle répondait toujours la même chose, qu'elle les aurait bientôt. Aujourd'hui, on attend encore ces fameux stylos.

Durant l'année où j'ai moi-même été déléguée de classe, je n'ai pas été exemplaire non plus. Mais évidemment j'ai été bien moins cruelle. Ces choses là, aussi cruelles soient elles, ne s'inventent pas. Elles représentent bien à quel point on peut être méchant et sans scrupule à n'importe quel âge et quel que soit notre statut.

Moralité : les personnes que l'on a élu ne sont pas forcément des anges.

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