Le Chaos : Suite I.

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Tout semblait s'être calmé d'un coup. Le paysage désolé qui nous entourait paraissait serein. Nous étions certes dans le Chaos, mais il se dégageait une aura de quiétude de ce lieu - ou était-ce peut-être toutes nos péripéties qui me faisaient particulièrement apprécier ce moment de calme.
Je sentais le coeur de ma chère amie reprendre peu à peu son rythme régulier et sa respiration s'apaiser. Par dessus son épaule je distinguais l'amas de chair qui fut autrefois Harguz commencer à se faire dévorer par le Chaos lui-même, alimentant son entropie. Car le Chaos était une entité à part entière, la conscience du désordre, s’alimentant de la destruction de toutes les dimensions.

- Il serait plus sage de se reposer un peu, dis-je. Trouvons un endroit à peu près à couvert pour panser nos blessures et récupérer nos forces.

Le petit groupe qui nous avait finalement rejoint lança un regard assez peu rassuré aux alentours. Le paysage semblait être en décomposition, d’une noirceur morbide, et par moment, il me semblait voir des lambeaux s’en détacher, emportés par un vent tourbillonnant fait de vapeur de soufre. Il ne donnait pas très envie de s’y éterniser mais l’état de fatigue dans lequel nous étions se faisait ressentir et tous acquiescèrent en silence.
Nous cherchâmes donc un coin abrité, errant quelque peu hagards dans ce décor putride. Il n’y avait âme qui vive, l’atmosphère était fantomatique. Marchant entre des choses qui auraient pu être des arbres dans une autre vie, une autre dimension, mais qui ici étaient recroquevillés, rabougris, comme si quelque chose les avait consumé de l'intérieur dans d’atroces souffrances, je réfléchissais à la marche à suivre. Maintenant que nous étions dans le Chaos, il fallait trouver la source de la brèche. Comment la trouver ? Comment la fermer ? Je n’en avais fichtre aucune idée, mais je me disais que l’on aviserait en temps voulu. De toute façon nos options étaient assez limitées : notre réussite ou notre mort, et celle de notre dimension par la même occasion.

Finalement nous trouvâmes dans cette forêt macabre un arbre au tronc creux, comme s’il eût eu une énorme pustule qui aurait explosé. La cavité était assez grande pour nous tous ; nous décidâmes donc de s’y reposer un moment. Nous prîmes soin de dissimuler l’entrée, puis nous installâmes comme nous pûmes dans ce cocon de fortune. Elisabeth vint se blottir contre moi, et je m’endormis paisiblement, apaisé par sa présence et son contact.

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