Une Histoire de Ratés // 7

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Tout ralenti autour d'eux. Même le bruit semble absent, comme détruit par le temps de l'étreinte. Tout ce qu'il peut entendre, ce sont les froissements de sa chemise contre l'avant-bras d'Eddie lui caressant l'échine. Le baiser devient rapidement sauvage, moins adolescent. Et Richie se sait vigilant à ses gestes : Ne pas allez trop vite pour ne pas le brusquer, calmer sa respiration pendant quelques instants... Même si la seule envie qui perle ses pensées est de lui retirer ce jean délavé.

Il voudrait le sentir à poil dans ses bras, sa musculature pectorale contre la sienne et ses mamelons durcit compresser contre sa bouche. Cette pensée ne lui permet pas de contenir un grognement d'excitation significatif, alors même que son anatomie fit de même dans son sous-vêtement. Richie ne l'avait pas remarqué, Eddie bien mieux.

D'un coup, ses joues s'empourprent et ses paupières se relevèrent. Il était rouge de honte, et peut-être un peu d'excitation mal placé. Grâce au ciel, celles d'Eddie sont toujours closes et sa bouche semi-ouverte. Il respire fort, semble mémoriser cet instant. Il est incroyablement sensuel. Bien de trop pour que son acolyte à lunette ne puisse se résoudre à ne pas tenter une nouvelle attaque.

Le baiser devient alors plus lent, plus profond, et semble faire fondre le plus petit. Assez pour que ce dernier ne dit rien lorsqu'il sent une poigne ferme prendre en grippe sa fesse droite. A défaut de le repousser, il le comprime bien plus fort contre lui, jusqu'à tomber sans rien pouvoir faire sur le matelas derrière eux. Il n'en faut pas plus à Eddie pour se reconnecter à la réalité et se réveiller, comprenant qu'il jouait à présent à un jeu plus que dangereux. Alors pour s'en sortir, il balbutie quelques mots et demande de l'aide par son expression faciale. Richie sourit tout en rapprochant ses lèvres du cou offert devant lui, déposant de petits baisers légers qui arrivent à décrocher des frissons à son partenaire.

-Je sais bien, je ne compte pas aller plus loin. Jamais je ne te ferai quelque chose qui te mettra mal à l'aise. Ce sera toujours à ton rythme, ce à quoi tu aspires. Même si je n'ai pas réussi à te montrer mon self-control, je l'avoue.

C'est dans cette position, bloqué sous lui et ses bras l'encerclant que Eddie se senti assez misérable. Comme un pantin qui devait suivre la mesure. Surtout que maintenant le moment passé, qu'est ce qu'il allait bien pouvoir dire pour se justifier d'être allé si loin ?

Comme par le fait que son compère le lit dans ses songes, ce dernier se relève sans un autre mot. Il se rhabille, ajustant son veston et Eddie comprend alors que sa présence avait eu un effet plus que prévu. Une belle bosse est encore visible, et il est plus gêné de l'avoir remarqué.

-Fait moi une faveur le reste de la semaine, d'accord ?

Il n'attend pas la moindre seconde pour continuer sa phrase, reboutonnant son habit et laissant le plus jeune le contempler avec un peu d'appréhension.

-Ne parle pas des choses extérieurs, du futur ou d'autres conneries pragmatiques à venir. Ne te ronge pas les sangs, n'angoisse pas tout seul. Soit juste avec moi... Contrôle pas ce qui peut se passer, je contrôle pour nous deux. Ce n'était pas bien ce qu'il vient de se passer ?

Eddie ne répond pas, il est rouge pivoine. Il ne peut pas répondre oui... Comme il ne peut pas répondre non. Le moment qu'il vient de vivre a été le plus spontané et le plus audacieux de toute sa vie. Et tout ça, partagé avec son meilleur ami... Ou peut-il encore l'appeler ainsi ? Il reste au moins sûr d'une chose. Il va suivre son conseil, et ne plus réfléchir à rien. Du moins pour le reste de la journée. Le comédien lui, semble ravi.

Et ils restèrent là, enlacé dans lit une bonne partie de la journée. Eddie est assoupi, le nez réfugié dans le cou de son hôte. Ce dernier est bien présent dans la réalité, peinant à y croire et se demandant bien comment Beverly avait pu se montrer si persuasive. Mais qu'importe, il ressert son emprise et hume le parfum envoutant à son front.

La sonnerie de son téléphone le sort de ses songes, sans réveiller pour autant son camarade. Tout en étant le plus discret possible, il allonge le bras pour récupérer l'objet d'où le bruit émane. Pas d'appel, un simple message : « réconciliation ? ou alors homicide ? »

Il est d'autant plus surpris que le texto envoyé vient de Bill, qui a dû être mis au jus par la grande rousse à leur retour. Ou bien après ? Cela faisait deux bonnes heures qu'ils n'avaient pas quitté la pièce, Eddie est à présent tombé dans les limbes. Un sommeil sans rêve, sans cauchemar. Le premier sommeil réparateur depuis son arrivée. Voir depuis plusieurs mois déjà.

Richie ne peut s'empêcher de penser qu'il était magnifique. Encore plus que quant il se sont quittés l'an dernier. Ce sport l'avait changé, élancé... Il stoppe à contre cœur sa reluque, quittant la pièce à présent tombée dans l'obscurité. Fermant la porte tout doucement, il peine encore à croire à ce qu'il s'est passé. Et ce qu'il se passera à présent.

Car bien qu'il ne fasse rien sans consentement et ne forcera jamais Eddie à plus qu'il le désire, il est bien décidé à la pousser dans ses retranchements. Il l'a prévenu : il ne peut se résigner à le laisser partir maintenant que la ligne rouge est franchie.

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