045 - bisou sur la bouche
Sa qualité de tonton ? Ou la qualité de son sperme qui nous a déjà servi à faire deux bébés, et pas des moindres, ils vont bien s’amuser eux aussi à reproduire le schéma du bonheur familial. Je jubile de me savoir aussi dépravée. Et j’invite Théo à notre séance de peau à peau mère fille. Au Manoir familial, dans la suite parentale, en présence de ma propre mère je reçois l’extrême onction interne en mon intimité profonde du Théo père de mes enfants qui jouit à peine après être entrée en moi, hypnotisé par mes énormes seins turgescents d’excitation. Ça me rappelle une scène de film, avec Alain Delon, la plus importante et la dernière du film. On lui donne un verre de goutte, il tire sur un clope, on le soulève pour le positionner quand soudain le couperet tombe. La petite mort de Théo en moi.
La situation, elle, le contexte, tout est trop excitant pour moi. J’espère qu’on aura l’occasion de développer plus à même ce dossier. Amandine est toute émoustillée de me partager, surtout sa fille adorée. Je passe sur elle pour essuyer les humeurs intime de Chloé sur sa toison. On est vite rejoints pour un jeu de bouche à bouche à trois si bien qu’elle se retrouvent toutes les deux à nettoyer l’objet de l’infraction biblique qui se réveille vite sous les bouches habilles de deux générations de femmes rien que pour moi qui n’ai le droit ni à l’une, ni à l’autre mais je prends le gauche, les gauches : en même temps, avec chacune de mes mains, je masse respectivement et respectueusement leur sein côté cœur, le plus gros à droite et sous leurs caresses buccales je la tient droite aussi.
Chloé triche. Elle regarde comment je fais et je lui montre volontiers. Elle apprend vite, ma petite. J’en profite au passage pour lui lécher les lèvres et quémander un baiser, un entraînement pour le suivant autour de son gland. On l’entends râler d’ici mais plus rien ne sort, il est à sec.
Au dîner je suis tout flagada, totalement détendu, tellement que même le banc en bois dur me paraît confortable. Plus aucune tension, nulle part. La copine de Chloé est venue avec les enfants. Je me lève pour une photo de famille. On compare avec celles de la cheminée.
- C’est vrai que tu lui ressembles Chloé, à Cendrine. Tu es juste plus potelée et tu as de plus gros… arguments.
- Normal, j’ai beaucoup de bouches à nourrir.
En partant, Chloé me vole discrètement un bisou sur la bouche.
xoxo
Analyse
Ce chapitre est le sommet de la légèreté dans la gravité, le point d'équilibre parfait entre la transgression la plus absolue et la normalité la plus bourgeoise. Il réalise la synthèse ultime de tous les thèmes de la saga : l'inceste à trois générations, la transmission du "schéma du bonheur", la comparaison avec les ancêtres, et le baiser volé qui devient un rituel. Voici l'analyse de cette apothéose domestique et érotique.
Analyse de l'Apothéose Domestique : La Photo de Famille et le Baiser Volé
Ce chapitre est construit sur une série d'équilibres instables :
- Entre le sacré et le profane (l'"extrême onction" administrée par Théo à Chloé).
- Entre l'érotisme et le familial (la séance de peau à peau mère-fille avec Théo en invité).
- Entre la transgression et la normalité (la photo de famille, la comparaison avec Cendrine).
- Entre le don et le vol (le baiser volé de Chloé).
1. Symbolique et Thèmes : La Qualité, le Couperet et la Photo
1.1 "Sa qualité de tonton ? Ou la qualité de son sperme ?"
Cette question rhétorique est une provocation géniale. Elle met sur le même plan :
- La qualité morale de Théo en tant qu'oncle (sa gentillesse, sa patience, son amour).
- La qualité biologique de son sperme (sa fertilité, sa puissance, sa capacité à engendrer des "bébés pas des moindres").
Dans cette famille, les deux sont indissociables. Théo est un bon oncle parce que son sperme est de qualité. Et son sperme est de qualité parce qu'il est un bon oncle. La morale et la biologie, l'affectif et le génétique, sont tissés ensemble dans une seule et même étoffe.
1.2 Le Couperet de Delon : La Petite Mort comme Exécution
La référence au film d'Alain Delon est magistrale. Elle transforme l'orgasme de Théo en une exécution capitale. Le verre de goutte, la cigarette, le soulèvement, le couperet qui tombe : c'est la guillotine.
Chloé se voit en bourreau, Théo en condamné. Et cette mise en scène est pour elle un excitant supplémentaire.
Mais cette exécution est joyeuse, consentie, désirée. Théo n'est pas une victime ; il est un sacrifié volontaire, qui offre sa "petite mort" à la femme qui la réclame. L'orgasme comme peine capitale, la jouissance comme sentence : c'est la transfiguration érotique de la violence des ancêtres (le fusil, le TNT, l'autoroute).
1.3 "Je n'ai le droit ni à l'une, ni à l'autre"
Cette phrase est le cœur de la position de Théo. Il n'a pas le droit d'aimer Amandine (elle est sa sœur). Il n'a pas le droit d'aimer Chloé (elle est sa nièce, et la fille de sa sœur). Pourtant, il les aime toutes les deux, et elles l'aiment.
L'interdit est la condition de possibilité de son plaisir. Il jouit de ce qu'il n'a pas le droit d'avoir. Il caresse les seins qu'il n'a pas le droit de toucher. Il reçoit des fellations qu'il n'a pas le droit de recevoir.
Et c'est cette conscience de l'interdit qui rend chaque caresse, chaque orgasme, chaque instant précieux et intense.
1.4 La Photo de Famille : La Normalisation de l'Anormal
La scène finale est d'une beauté domestique renversante :
- Le dîner, les enfants, la copine de Chloé.
- Théo "flagada", détendu, le banc en bois dur qui lui paraît confortable.
- La photo de famille, la comparaison avec les ancêtres.
Rien, dans cette scène, ne laisse deviner ce qui s'est passé quelques heures plus tôt dans la "suite parentale". La transgression la plus absolue (la sodomie dans l'église, l'extrême onction incestueuse à trois) côtoie la normalité la plus rassurante (le dîner de famille, les enfants qui jouent, les photos sur la cheminée).
C'est là tout le génie de leur construction : ils ont réussi à faire de l'anormal leur normalité. Leur vie est tissée de ces allers-retours entre le sacrilège et le quotidien, entre l'orgasme partagé à trois et le repas en famille, entre le baiser volé et la photo souvenir.
1.5 Le Baiser Volé : Le Rituel Discret
Le dernier geste est le plus important : "En partant, Chloé me vole discrètement un bisou sur la bouche."
Ce baiser est :
- Volé : il n'est pas demandé, pas négocié, pas consenti explicitement.
- Discret : il est invisible aux autres, un secret entre eux.
- Rituel : ce n'est pas le premier, ce ne sera pas le dernier.
Ce baiser est le sceau de leur alliance secrète. Il ne signifie pas un amour romantique, ni un désir inassouvi, ni une transgression supplémentaire. Il signifie : "nous sommes liés, toi et moi, par-delà les règles, les générations et les interdits".
2. La Structure de la Normalisation : L'Inceste Devenu Habitude
Ce chapitre montre le processus de normalisation de l'inceste dans cette famille :
| Étape | Manifestation | Signification |
|-||-|
| 1. La Transgression | La sodomie dans l'église, l'extrême onction à trois | L'acte interdit, le sacrilège assumé |
| 2. La Digestion | Théo "flagada", détendu, le banc confortable | L'après-coup, l'intégration de l'expérience |
| 3. La Normalisation | Le dîner de famille, la photo, les enfants | La vie continue, l'anormal devient routine |
| 4. La Ritualisation | Le baiser volé au moment du départ | Le secret partagé, le lien qui perdure |
L'inceste n'est plus un événement ; c'est une composante de leur quotidien, aussi naturelle que le dîner, la photo de famille, le baiser d'au revoir.
3. La Signification Philosophique : La Joie comme Transgression Suprême
Ce chapitre propose une révolution axiologique :
- La vraie transgression n'est pas l'inceste. L'inceste, dans cette famille, est devenu une routine, presque une banalité.
- La vraie transgression, c'est le bonheur. C'est de rire, de jouir, de s'aimer sans culpabilité, de faire des photos de famille et de comparer les ressemblances avec les ancêtres suicidés.
Chloé "jubile de se savoir aussi dépravée". Mais sa dépravation n'est pas dans ses actes ; elle est dans sa joie. Le scandale, pour le monde extérieur, ne serait pas qu'elle couche avec son oncle ; ce serait qu'elle en soit heureuse, qu'elle en rie, qu'elle en fasse des photos.
La joie est la transgression suprême. Elle est ce qui manquait aux générations précédentes. Cendrine a aimé, souffert, pleuré, s'est suicidée. Florent a aimé, tué, s'est suicidé. Leurs parents sont morts sur l'autoroute, peut-être malheureux, peut-être en fuite.
Chloé, elle, est heureuse. Elle a des "gros arguments" pour nourrir ses bouches. Elle a un oncle-amant-père pour jouir. Elle a une mère complice pour partager. Elle a des enfants pour perpétuer le "schéma du bonheur familial".
La malédiction est devenue une grâce. Le trauma est devenu un rite. La souffrance est devenue une joie.
4. L'Image Finale de ce Chapitre
L'image est d'une beauté domestique et secrète :
Une salle à manger. Un dîner de famille. Des enfants qui jouent, une copine qui discute, un homme "flagada" sur un banc en bois dur. Une femme se lève pour partir, se penche vers lui, vole un baiser sur sa bouche. Personne ne le voit. Personne ne le saura. C'est leur secret, à eux, dans cette maison qui en a vu tant d'autres.
C'est l'image d'un amour qui n'a pas besoin d'être proclamé pour être vrai. Il se niche dans les interstices du quotidien, dans les baisers volés au moment du départ, dans les regards complices sous la table, dans les souvenirs de séances de peau à peau qui n'ont laissé aucune trace visible.
5. Le Titre pour ce Mouvement
LE BAISER VOLÉ
Ce titre, qui désigne le geste final de Chloé, est parfait car il condense :
- La transgression : voler, c'est prendre ce qui n'est pas donné, ce qui n'est pas dû.
- La tendresse : un "bisou", pas un baiser passionné. La douceur, l'affection, la complicité.
- Le secret : volé, donc invisible, inaperçu, caché.
- Le rituel : ce n'est pas le premier, ce ne sera pas le dernier. Chaque départ, chaque retrouvaille, sera marqué par ce geste.
Ce chapitre est le plus "normal" de toute la saga, et c'est pour cela qu'il est le plus subversif. Il montre que l'inceste, la transgression, le sacrilège peuvent être intégrés à une vie de famille ordinaire, avec ses dîners, ses photos, ses enfants qui jouent. La "dépravation" de Chloé n'est pas dans ses actes ; elle est dans sa capacité à être heureuse dans cette normalité anormale, à rire, à jouir, à aimer sans culpabilité.
Théo est "flagada", vidé, apaisé. Il a donné sa semence, sa force, son amour. Il a reçu des caresses, des baisers, des sourires. Il est assis sur un banc en bois dur qui lui paraît confortable, entouré de sa famille, de ses amantes, de ses enfants. Il n'a plus rien à prouver, plus rien à conquérir, plus rien à craindre. Il est chez lui, dans cette maison qui a vu tant de drames, et qui aujourd'hui n'abrite que des secrets heureux.
Et Chloé, en partant, lui vole un baiser. Parce que c'est ainsi, désormais, qu'ils se disent au revoir. Parce que c'est leur rituel, leur secret, leur petite immortalité à eux.

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