Ressources Humaines

2 minutes de lecture

La fée, le jupon troussé, achève de lasser ses Martens Noires aux lacets jaunes. La gueule de travers, elle sourit au miroir . Cachant son visage derrière sa main, qu'elle laisse glisser de haut en bas pour passer du rire au larmes.

Dis : "Tu crois que l'on peut courir vite avec ses groles là ? J'ai le passé à fuir. Celui- là, il colle aux basques et parfois tu restes engluée dedans. "

Elle réorganise le jupon rose poudré à paillettes, mais quelle idée ! C'est qu'il va bien avec la baguette ! Inutile, aux sorts épuisés. Sceptique...

Elle ramasse sa veste en cuir écrasée sur le sol, la glisse sur ses épaules. Ses doigts fouillent les poches à la recherche de trésor. De la poussière d'étoiles ? Il n'y en a plus depuis longtemps, ou alors, une part infime glissée dans les coutures. Reste un vieux chewing gum, dont elle s'empare pour le glisser dans sa bouche. Pff, il n'a même plus le goût de rêve.

Ainsi attifée, elle file droit vers sa destinée. Rappelée tout de suite à l'ordre par la porte en verre qu'elle avait omis d'ouvrir. En pleine face. Merci bien ! Cela annonce un front mulicolore pour demain.

Deuxième chance. La porte s'ouvre. ils sont là, bien sagement, l'un derrière l'autre, ils attendent.

La fée fait signe aux trois comparses d'avancer.

Le diable se consume, l'artiste à les yeux vers d'autres rêves, quant à l'érudit, il ne dit rien et observe.

Elle rappelle au Diable qu'elle l'a bien enterré ; enfin, il l'a bien aidée : la faute à trop de clopes et d'agressivité.

Un clin d'oeil et le voici évaporé .

L'artiste l'interroge. Elle le rassure en levant la main : " Non, tu n'as pas trop de ventre." " Non, tu n'as pas vieilli". Tout plein de " Je " et de "Moi" et d'oeuvres incommensurables

Quant à l'érudit, il a les mains baladeuses des prémices. Il conte ses mystères le long de son corps gracile. Il parle la mer et les océans. Il n'a pas de promesses. Rien à tenir.

La féé remballe . Le jupon , la baguette , les illusions mais garde ses rêves pour plus tard.

Le bureau de recrutement des princes charmants est clos, définitivement . Vite, avant que d'autres ne se pressent ! Pff, quelle déception !

Non enfin, hier s'en était une.

Aujourd'hui elle attrape son sac de piscine , bonnet licorne, maillot à fleurs.

Elle ne coule plus sous le poid des illusions. Elle a appris à nager et, s'il vous plaît : sans bouée!

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 3 versions.

Vous aimez lire Erin ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0