Poésie: La coccinelle et le poète
La vie recèle souvent des choses singulières,
Je m’en vais vous en conter une, presque ordinaire.
Censé naître à l’âge pubertaire,
L’amour surprend pourtant dans le primaire.
C’est ainsi que je rencontrai Gilbert, un confrère,
Aux côtés de dame Pierrette, douce dans ses manières.
Ignorant encore la valeur de l’argent,
Pierrette jurait par les bâtons de craie, innocemment.
Ayant très tôt compris ses penchants,
Gilbert, habile, se fit rusé amant :
De la boîte du directeur, il fit son nid,
Comme un oiseau discret, préparant sa vie.
De leur amour, nul ne pouvait douter,
Au fond, à s’unir, je les encourageais.
En évoluant vers les cours moyens,
Passant par les cours élémentaires,
Où l’enfance grandit sans vraiment se taire,
L’homme étant, par nature, inconstant,
Gilbert trouva un autre penchant.
Très tôt, il découvrit les fables de La Fontaine
Et sa flamme, jadis unidirectionnelle,
Se partagea entre Pierrette, sa coccinelle,
Et la passion pour l’écriture.
Gilbert, ne pouvant servir deux maîtres,
Refusa de se comporter en traître,
Et envers Pierrette coupa sa tendresse,
Remplissant la pauvre de tristesse.
Notre poète n’écrivit jamais sur l’amour,
Risquant de médire ses anciens jours
Où il nourrissait un faible.
De son côté, Pierrette, n’ayant plus de cœur,
Se consacra à Dieu et devint sœur,
Et à Dieu témoigne sa vive douleur.

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