Soirs surpâturés
Moins d'une minute de lecture
Le soir a tout accumulé. Ça pue. Ça colle de partout. Même le froid n'apporte pas la fraîcheur. Ils marchent comme des gouttes de pétrole dans le torrent épais d'une usine de gazoil. Y a-t-il un seul vivant parmi eux ?
Troupeau de solitudes. Ça va grouiller encore longtemps, dans ce flirt entre les lumières ennemies. La nuit ne s'impose plus, écoeurée.
Ils n'ont plus l'oreille, ils n'ont plus la vue. Ils baignent dans leur entassement. La nuque brisée, les épaules lourdes, ils se raccrochent à ces plaisirs qu'ils croient vraiment aimer. Ces penchants, qu'ils ont, pour les penchés. Et ils s'espèrent heureux, dans leur surpâturage où ils ont tout tué.

Annotations
Versions