Malaise durant la rando

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Il s’était garé comme prévu près de la Cascade du Rouget, pour une petite rando de deux jours. Petite était bien le mot exact. Il en avait déjà fait un bon nombre de plus longues que ça, mais cette fois-ci, ce qu’il cherchait, c’était plus la détente que l’épreuve physique. C’est pourquoi il avait choisi celle-ci.

Entre 3 et 4 heures de marche. Un bon gîte pour passer une bonne nuit dans la nature, loin de tous ses problèmes qui lui prenaient la tête depuis des semaines. Préparer une thèse n’a jamais été une mince affaire. Que ce soit en histoire des civilisations ou un tout autre domaine, les épreuves ne manquaient pas, mais à moins de trois mois de sa soutenance, il n’aspirait qu’à une chose. Se ressourcer, ne plus penser aux derniers mois passés et aux tensions avec son directeur de thèse. La situation est devenue telle qu’il se demandait parfois si le plus difficile à supporter n’est pas cette longue liste de remarques désobligeantes qu’il lui inflige à chaque entrevue. Mais peu importe tous ces problèmes. Cette semaine de repos bien mérité en Haute-Savoie lui fera le plus grand bien. Et pour aujourd’hui, seule comptait la montée au refuge de la pointe de la Combaz.

Après 2h30 ou 3 heures de marche, à vue de nez, et juste quelques pauses pour boire, regarder le paysage et les quelques animaux qu’il avait pu apprécier de voir, l’effet escompté était bien présent. Il lui semblait qu’il avait abandonné ses soucis depuis des jours. Seule comptait la succession de pas réguliers qui l’éloignait à chaque seconde un peu plus du monde ‘civilisé’. Alors qu’il observe depuis plusieurs minutes, tout en avançant, un aigle royal faire des cercles au-dessus de lui à la recherche d’une proie, il ressent tout à coup une étrange sensation. Incapable de mettre des mots sur ce qu’il éprouve, il s’est assis aussitôt. Il avait l’impression qu’il allait s’écrouler. Il ne saurait dire pourquoi, mais son premier réflexe, une fois assis, a été de regarder l’aigle. Il avait disparu ! Etrange. Il était là au milieu du ciel depuis un bon moment il y a seulement quelques secondes, se dit-il. Son malaise ne passe pas. Une sorte de vertige combiné à une sensation soudaine de froid qui lui avait parcouru le dos de tout son long alors qu’il est là en plein soleil. La grande faiblesse subite l’empêchait de se relever. Par prudence, il avait préféré rester appuyé à son rocher le temps de retrouver ses esprits.

Après quelques instants, il tente de manger quelque chose, mais rien ne passe. Il préfère renoncer et boire encore un peu d’eau. Une insolation ! Quel idiot ! Comment j’ai pu me laisser surprendre ? J’ai pourtant bu régulièrement et la chaleur n’est pas si forte. J’ai connu bien pire. Heureusement, sa réserve d’eau est suffisante. Il n’hésite pas à s’en verser sur la tête avant de se recouvrir aussitôt. Rien ne presse. Il préfère rester encore un moment assis avant de reprendre la marche.

Après ce qu’il lui semble être une quinzaine de minutes, il se sent mieux. Il ne peut pas dire qu’il se sent vraiment bien, mais suffisamment pour se lever. Il reste un moment immobile pour évaluer la situation. Plus de vertige. La sensation étrange qu’il aurait bien du mal à définir s’est estompée. Il lui reste toujours cette curieuse impression que tout pouvait recommencer d’un instant à l’autre, mais il se sentait en état de repartir. Prudemment. De toute façon, je suis maintenant plus près de refuge que de la voiture. Il vaut mieux continuer, se dit-il avant de reprendre sa marche lente et régulière vers sa destination.

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