Temps perdu
Etre en retard est chez moi une phobie. Je ne sais pas si elle a été classifiée ni si elle a un nom mais qu'importe, c'en est une. Que je sois menacée de l'être et voici que m'assaillent bouffées de chaleur et sueurs froides.
Une maladie héréditaire sans doute : Papa ne supportait pas non plus d'être celui qu'on attend : "Mieux vaut une heure d'avance que deux minutes de retard."
Phobie de timidité : Qui arrive en retard se fait remarquer, suivre des yeux jusqu'à sa place, n'a pas le loisir de se fondre dans la masse de ses semblables... Et quelle honte si pour lui seul on doit répéter !
Phobie d'amour propre peut-être, le ponctualité étant "la politesse des rois".
Il convient donc de tout prévoir : le temps de faire la queue devant la photocopieuse et celui des mises à jour de l'ordinateur ; le temps des possibles embouteillages du matin et de la place de stationnement à trouver... Plus le temps de l'imprévu imprévisible. Plus le temps de se mettre dans le bain lentement, sans plongeon et sans éclaboussures.
J'arrive généralement au travail la première, avec au moins quarante minutes d'avance : qu'importe ? Ce temps est à moi. Le temps peut-être de lire quelques pages, ou, comme ce matin, de vous écrire celle-ci.

Annotations
Versions