Chapitre 29 : Fin de contrat, Partie 2

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De nouveau, les deux hommes s’observèrent pendant quelques secondes de silence total, tandis que l’air était lourd d’une tension croissante.

  • Je me doute que Triss a vécu des moments difficiles… reconnut alors Evander. Mais c’est son destin, Monsieur Wave… et elle ne peut y échapper. Némésis la voit pour l’instant comme un moyen de pouvoir enfin conquérir la Surface, et une future commandante très puissante pour son armée. Mais si elle venait à se rendre compte que la jeune fille n’est pas aussi manipulable qu’elle le pensait, Némésis comprendra alors ce que Triss est vraiment : sa rivale, une possible nouvelle souveraine destinée à la supplanter. Soyez assuré que la Reine de la Nuit ne le permettra jamais. Dans tous les cas, elle remuera ciel et terre pour attraper Triss. Et s’il arrivait qu’un jour celle-ci tombât entre ses mains, il ne lui faudrait pas longtemps pour arracher des informations cruciales de son esprit, comme la localisation de notre refuge, par exemple.
  • Triss ne tombera pas entre les mains de Némésis, affirma Sheamon. J’y veillerai…
  • Et vous pensez que je vais vous croire ? siffla Evander, les traits durcis. Je ne suis pas parvenu à vivre aussi longtemps en accordant ma confiance au premier venu, Monsieur Wave. Cet endroit est le fruit de notre travail acharné, la preuve de notre volonté commune de vivre en paix et libres, loin de la tyrannie qu’impose Némésis à notre peuple. Je suis prêt à accueillir Triss parmi nous, par égard pour la volonté de Sirius et la mémoire de son père, Jorenn. Mais je ne tolèrerai jamais que les caprices d’une gamine, quels que soient son passé et son nom, mettent en péril cette communauté bâtie sur les sacrifices de nos camarades ! Nous avons trop donné pour ça ! Maintenant que la princesse est arrivée ici, il est impossible de faire marche arrière. Elle doit rester, qu’elle le veuille ou non.

Sheamon resta un instant sans voix devant l’éclat d’Evander. Il ne s’attendait pas à ce que le vampire exprimât aussi clairement sa réticence. Mais cela lui facilitait les choses.

  • Je ne vous demande pas vraiment votre avis, déclara-t-il avec indifférence. Triss veut venir avec moi et j’ai l’intention d’accéder à sa demande.
  • Dans ce cas, vous n’aurez pas l’Aurora, rétorqua Evander.

Le renégat décrocha son arbalète et avant même que le vampire pût esquisser le moindre geste, la pointa sur la poitrine de son adversaire.

  • Vous commettez une erreur si vous croyez que j’hésiterais à tirer, le prévint-il. Moi non plus je n’ai pas peur de me salir les mains pour atteindre mes objectifs. Sirius m’a demandé d’amener sa nièce à Varenn, et c’est ce que j’ai fait. Notre contrat ne stipulait pas que je devais la contraindre à rester ici. Si elle préfère venir avec moi, c’est votre problème, pas le mien. Dans tous les cas, j’ai rempli mes engagements dès l’instant où Triss et moi avons franchis les portes du refuge. L’Aurora me revient donc de droit et je l’aurai, même si je dois passer sur votre cadavre pour la récupérer.

Evander soutint son regard sans trembler.

  • Qui est Triss, pour vous ? l’interrogea-t-il. Il me semble que Sirius dans ses directives n’avait pas mentionné que vous deviez vous prendre d’affection pour sa nièce… Et pourtant… vous êtes prêt à aller aussi loin pour la garder auprès de vous… Pourquoi ?
  • Cela ne vous regarde pas.

Le vampire haussa les épaules.

  • Si vous le dîtes, laissa-t-il tomber avant de reprendre en changeant de sujet ; en effet, vous avez raison… Si je m’interpose entre vous et l’Aurora, je n’ai aucune chance de l’emporter, pas plus que mes braves compagnons. Vous pouvez vous en emparer sans difficultés, j’en suis persuadé. Mais je ne suis pas stupide non plus, Monsieur Wave. Nous ne sommes pas si isolé qu’on pourrait le croire, ici. J’ai rapidement appris que vous étiez recherché par les Nocturii. Au vu des rumeurs, il ne m’a pas fallu longtemps pour en déduire que vous étiez le protecteur qu’avait engagé Sirius. Grâce à mes contacts de l’extérieur, j’ai mené des recherches sur votre compte ; j’ai compris qu’en cas de désaccord, vous seriez difficile, voire impossible à arrêter. C’est pourquoi j’ai pris des précautions…

Evander fit glisser la boîte contenant l’Aurora jusqu’à Sheamon. Stupéfait, l’exorciste ne comprenait plus les intentions du vampire…. avait-il décidé de céder ? C’est alors que son regard fut attiré par une suite de runes gravées sur le coffret qui ne lui étaient pas étrangères. En un éclair, Sheamon comprit pourquoi Evander n’avait pas esquissé le moindre geste pour se défendre.

  • Pendant dix ans, j’ai été l’esclave d’un nosferatu passionné par les enchantements, avant d’être vendu à l’école de gladiateurs, l’informa Evander. Et tout en le servant, j’ai pu apprendre une partie de son art à la dérobée. Je crois que c’est la raison pour laquelle il a fini par me vendre. Ici, j’ai même eu le temps de peaufiner mes talents, notamment grâce à l’héritage des anciennes occupantes de la Montagne. Le fait est que je suis devenu plutôt bon dans l’art d’écrire les runes et de créer des enchantements comme celui-ci. La boite vous demeurera fermée si vous essayez de l’ouvrir avant d’être au moins à dix kilomètres de moi. Et s’il arrivait que vous tentiez de briser l’enchantement avec votre magie, il y aurait de très grandes chances que vous finissiez par faire exploser l’Aurora vous-même. Or vu sa puissance, cela risque de ne pas être beau à voir pour vous et tout ceux qui se trouve à proximité…
  • Je peux toujours vous assommer et fuir ensuite aussi loin que possible avec l’Aurora et Triss, répliqua le renégat.
  • Cela ne marchera pas, l’interrompit aussitôt le guide de Varenn en secouant la tête. Voldra ne vous laissera pas passer. Le fait que vous lui ayez échappé l’a mis en colère, et il rôde autour du refuge en attendant votre sortie. Je doute que vous puissiez échapper à son flair, même avec un bon déguisement magique. Si vous n’êtes pas accompagné par Ilyann ou moi, il n’hésitera pas à vous attaquer… Et en plus, si vous n’acceptez pas ma proposition, il est probable que Triss ne quittera jamais cet endroit vivante.

Le renégat se raidit.

  • Que voulez-vous dire ?
  • Encore une fois, j’ai pris mes précautions pour éviter de perdre le contrôle de la situation.

Evander sortit de l’une de ses poche une petite fiole à moitié remplie d’un liquide violet qui semblait foncer ou s’éclaircir par intermittences, comme s’il était vivant.

  • C’est un poison à base de venin de l’Empereur-Dragon de Jade dilué à quatre-vingts degrés, expliqua Evander. Une véritable relique. Vous êtes un ancien exorciste, vous avez déjà dû confirmer d’un simple coup d’œil sa toxicité.
  • Qui vous a donné ça ? l’interrompit Sheamon avec une pointe d’angoisse.
  • Un ami. Quelqu’un qui s’y connait très bien en dragons. Il est pratiquement impensable de manipuler ce venin pur capable de fondre l’acier. Cependant, même dilué, ce produit reste mortel. Je l’ai testé moi-même et je vous assure que ses effets sont dévastateurs. Une seule goutte mettrait seulement quelques heures à tuer un vampire adulte. Même Triss, malgré sa constitution de Nocturii, finira par y succomber ; elle est encore loin de bénéficier pleinement de la résistance de sa famille pour l’instant. Le venin agira certes plus lentement sur elle, peut-être un jour ou deux, mais il finira par l’affaiblir et la tuer. Or il se trouve qu’une partie du contenu de cette fiole s’est malencontreusement retrouvée dans son gobelet tout à l’heure…
  • Espèce d’ordure ! rugit le renégat en se levant d’un bond, sentant la rage l’envahir tandis que ses doigts se resserraient autour de la détente.
  • Evitons de nous emporter, conseilla calmement Evander en levant la main. Mon ami m’a aussi donné l’antidote synthétisé qui est aussi long à fabriquer que le venin est rare. Je vous garantis que vous n’en trouverez nulle part… à moins de trouver celle qui l’a conçu, ce qui vous prendra des mois dans le meilleur des cas. Et même si par miracle vous y arriviez, elle refusera de vous aider et Triss ne sera déjà plus de ce monde. Le seul antidote qui puisse la sauver est donc celui que je possède. Inutile de vous dire qu’il n’est pas ici, mais bien caché… et que je n’ai pas l’intention de le céder, même sous la pire des tortures. En fait, je l’ai confié à l’un de mes compatriotes ; inutile encore une fois de me demander lequel, je n’ai pas vu son visage. Cette personne le détient hors de ma portée et ne me l’apportera que si je lui fait signe de manière éclairé et volontaire. Vous vous doutez qu’il devra être convaincu que j’agis librement, et je me tuerais plutôt que d’être contraint.
  • Vous avez bien prévu votre coup… lâcha Sheamon entre ses dents serrées, le doigt crispé sur la détente de son arbalète.
  • Il fallait au moins ça pour m’assurer que mon argument soit efficace. De cette manière, même si vous aviez accès à mes souvenirs ou que vous essayiez de me contraindre, vous serez incapable de savoir où se trouve l’antidote.

Evander soutint le regard haineux du renégat sans faillir.

  • Donc sans moi, Triss est condamnée et vous le savez, lui rappela-t-il. Je suis prêt à lui administrer l’antidote… si vous acceptez ma proposition. Alors à votre place, j’éviterais de tirer... et j’écouterais attentivement ce que j’ai à dire.

Sheamon resta un instant sans voix, tant il était à la fois stupéfait et horrifié par les paroles d’Evander. Cela n’avait pas dû être difficile pour ce dernier d’empoisonner le verre de Triss pendant la fête sans attirer l’attention, probablement avec la complicité de quelqu’un d’autre… Le vampire avait tout arrangé depuis le début. Il s’était préparé à tout pour bloquer les possibles revendications de Sheamon, qui se retrouvait désormais les mains liées…

  • Vous seriez prêt à aller jusqu’à éliminer Triss ? articula-t-il enfin, incrédule.
  • Absolument, répondit Evander en restant de marbre. Je ne la laisserai pas quitter Varenn vivante. Si la fille de Némésis venait à tomber entre les mains de sa mère, ou de quiconque utilisant son pouvoir à mauvais escient, cela signifierait à coup sûr la fin de notre refuge et de tout espoir. Alors oui, plutôt que de risquer ce funeste destin, je préfère trahir ma promesse à Sirius ! Nous sommes pareils vous et moi : des hommes prêts à tout, y compris le pire, pour atteindre nos objectifs… et vous le savez. Dites-moi que ce n’est pas le choix le plus évident… celui pour lequel vous auriez opté, si vous aviez été dans ma situation.

Sheamon ne put répondre. Parce qu’il savait au fond de lui, qu’Evander disait la vérité. Le renégat aurait commis les pires crimes si cela avait pu lui permettre de sauver sa femme et sa fille : il aurait tout tenté, absolument tout, pour les protéger. Il avait beau haïr Evander, il savait que sa colère était hypocrite. Car si ce dernier était un monstre, il en était un aussi…

  • Dites-moi ce que vous voulez, lâcha-t-il en baissant son arme, ses jointures blanches de rage.

Evander sortit à nouveau quelque chose de sa poche, une feuille de papier pliée.

  • Vous laisserez la princesse ici, déclara-t-il. Vous quitterez cette région, pour ne jamais y revenir, tout en veillant à attirer l’attention de vos poursuivants le plus loin possible d’ici. Et vous ne parlerez à personne de Varenn. Car si vous nous mettez en danger, vous la mettrez également en danger.

Il s’interrompit un instant, comme s’il pesait ses mots.

  • Vous ne la reverrez jamais, continua-t-il enfin. Et lorsque vous lui ferez vos adieux, vous devrez vous débrouiller pour qu’elle vous haïsse profondément, afin de lui ôter toute envie de se sauver pour vous retrouver. Je veux que vous brisiez la confiance qu’elle a en vous.

Le renégat comprit alors pourquoi Evander n’avait pas choisi de le cibler lui avec le poison plutôt que Triss, quitte à le tuer ainsi. Cela l’aurait libéré de la menace de Sheamon, mais il se serait ainsi définitivement aliéné Triss, qui aurait su immédiatement qui était derrière cet assassinat. Or s’il voulait la rallier à sa cause, il était bien plus utile pour lui d’obliger le renégat à briser le moral de Triss en la trahissant. Privée de soutien, elle serait alors plus réceptive à ses manipulations…

Le poing de Sheamon se serra si fort que ses ongles transpercèrent sa paume. Il brûlait d’envie de l’enfoncer dans la tempe du vampire… mais il se garda de répondre de peur d’exploser. Evander enchaina aussitôt :

  • En échange, je vous laisse l’Aurora, outre cette feuille sur laquelle sont notés des renseignements très précieux que mes contacts ont obtenu, poursuivi-il en posant sur le bureau un document plié. Béhémoth et ses partisans sont actuellement en pleine négociation avec les seigneurs démons qui se sont joints à Raziel, dans le but d’établir une alliance contre Satan. La rencontre a lieu du côté de Goma dans le nord. Vous trouverez plus de détails sur ce document.

Sheamon se tendit légèrement en sentant sa soif de vengeance remonter lentement des recoins de son esprit où il l’avait reléguée. Il savait où était le monstre qui avait massacré sa femme et sa fille… Et l’Aurora était juste devant lui. Mais le renégat conserva un visage de marbre.

  • Pourquoi me laisser l’Aurora ? l’interrogea Sheamon. Vous l’avez dit vous-même, c’est une arme d’une grande puissance…
  • C’est exact, cependant nos intérêts convergent. Je ne m’occupe pas spécialement de la politique des Enfers, mais il se trouve que Béhémoth a des vues particulières sur cette région dont Satan se moque éperdument. Elle est inhabitée, aride, et tout déplacement y est difficile, ce qui en fait un endroit parfait pour y établir une base secrète. Ce n’est pas pour rien que nous nous y sommes installés. Béhémoth a déjà envoyé plusieurs équipes de reconnaissance… que Voldra a éliminées. Mais cela a dû attirer son attention et peut-être viendra-t-il un jour en personne avec ses propres troupes. Vous imaginez probablement le risque pour ma communauté… Si vous le tuez, ses partisans se disperseront d’eux-mêmes et notre sécurité sera ainsi préservée.
  • Et s’il me tue, vous aurez alors un autre problème de moins… ironisa Sheamon.
  • Vous pouvez voir les choses de cette manière, répliqua Evander en haussant les épaules. Mais même si je ne vous apprécie pas, j’ai le sentiment que dans ce cas, je parierai plutôt sur vous… Un homme qui cherche à se venger n’a rien à perdre… parce qu’il a déjà tout perdu. Je mise sur votre détermination, monsieur Wave. Vous êtes aujourd’hui plus près de venger votre famille que vous ne l’avez jamais été en plus d’un siècle de traque.

Sheamon sentit brusquement une sombre satisfaction monter en lui. Après tout ce temps, il touchait au but. Il disposait enfin des moyens de se venger de celui qui avait transformé sa vie en Enfer… Mais le visage de Triss surgit alors dans son esprit, et le renégat se sentit de nouveau comme déchiré de l’intérieur. Non. Il ne pouvait pas perdre Triss pour sa vengeance !

  • Et si je vous laisse l’Aurora en échange de Triss ? tenta-t-il.
  • Aucune chance, refusa tout net Evander. L’Aurora est puissante, mais pour nous les vampires, elle est difficilement maniable tant elle est dangereuse. Elle pourrait tout aussi bien éliminer nos ennemis que nous détruire à leur place. Vous êtes un ange déchu, vous devriez être en mesure de l’apprivoiser. A mes yeux, la fille de Némésis a bien plus de valeurs.
  • A mes yeux aussi !
  • Oui, cependant contrairement à moi, vous n’avez pas le choix. Prenez l’Aurora ou pas, ça m’est égal, mais vous n’aurez pas la fille.

Le renégat serra les poings de frustration. Il sentait que son cœur était sur le point d’exploser.

  • Ce que vous me demandez, c’est de choisir entre ma vengeance et Triss, résuma-t-il en déglutissant péniblement.
  • Non, corrigea Evander. Je vous demande de faire le bon choix.
  • Je lui ai fait une promesse… Triss veut être libre. En la laissant ici, elle sera malheureuse.
  • Cela lui passera. Elle ne manquera de rien, elle aura l’opportunité de venger son père et son oncle… Peut-être même qu’un jour elle deviendra la nouvelle reine des vampires. Mais surtout elle survivra. Qu’est-ce qui est le plus important pour vous, Monsieur Wave ? Son bonheur… ou sa vie ?

Sheamon serra les dents en sentant l’impuissance le submerger. Il avait promis à Triss de l’emmener avec lui, de la protéger et de l’aider à gagner sa liberté. Et il s’apprêtait à lui enlever tous ses espoirs en l’abandonnant entre les mains d’un type qui ne rêvait que de se servir d’elle pour accomplir ses desseins et sa vengeance personnelle… tout comme Sheamon, finalement. En vérité, il s’était servi de Triss pour se rapprocher de son but. En quoi était-il si différent d’Evander ? De toute manière, il n’avait pas le choix.

Triss le haïrait pour ça. Il ne la reverrait jamais. Mais au moins elle serait en vie.

  • C’est d’accord, laissa-t-il tomber d’une voix blanche, se maudissant mille fois pour avoir prononcé ces deux mots.

Le visage d’Evander se fendit d’un sourire satisfait.

  • Parfait ! se réjouit-il en faisant glisser la note vers Sheamon. L’Aurora est donc à vous, ainsi que ces précieux renseignements. Un départ précipité inquiéterait la princesse, ce que nous voulons tous deux éviter… vous partirez donc demain juste après lui avoir dit adieu, avec le démon, votre tigre et la sorcière. Nous garderons la shinobi avec nous, cela aidera Triss à s’intégrer davantage. Quand vous aurez quitté la région, et seulement à ce moment-là, je lui administrerai l’antidote. N’essayez pas de me rouler : je le saurais.
  • Et si elle présentait déjà des symptômes ?
  • Croyez-moi, elle ne sentira aucun effet, du moins pas avant les vingt dernières minutes, si j’en crois mes expériences. Mais nous n’en arriverons pas jusque-là. J’ai suffisamment dilué le poison pour maitriser ses effets, et la résistance naturelle de Triss jouera en sa faveur. Vous comprendrez par contre que vous devrez bien évidemment rester dans votre cabine avec votre tigre jusqu’à l’heure de votre départ, pour éviter tout… imprévu. Je posterai un garde juste devant votre porte, et je ferai également rassembler vos deux compagnons à l’heure du départ. Une fois que vous aurez quitté la région, vous ne reviendrez jamais ici. Compris ?

Sheamon s’empara de la boîte et de la note sans un mot avant de se lever lentement. Il se dirigeait vers la porte et allait actionner la clenche quand il entendit de nouveau la voix perfide, presque moqueuse, d’Evander :

  • Ce fut un plaisir de faire affaire avec vous, Monsieur Wave, ironisa-t-il.

Le renégat se figea. La rage enflammait son cœur, le poussant à planter un carreau d’arbalète dans la tête d’Evander, mais au prix d’un effort surhumain il parvint à se maitriser. Sheamon se tourna lentement vers le vampire.

  • Vous avez peut-être l’impression d’avoir gagné aujourd’hui, déclara Sheamon d’une voix empreinte de menaces. Mais je jure que si jamais j’apprends un jour que vous avez osé toucher à un seul cheveu de Triss, je vous tuerai de mes propres mains et j’anéantirai votre refuge. Les Nocturii seront le cadet de vos soucis, je vous le promets…

Le ton de sa voix en aurait fait trembler plus d’un. Evander soutint le regard de Sheamon, mais resta silencieux. Puis, sur ces funestes paroles, le renégat ouvrit la porte et quitta la cabine.

A suivre...

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