Chroniques d’un humain légèrement au bout du rouleau

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Il y a des jours où l’univers décide de jouer à “combien de micro-agressions du quotidien peut-on infliger à une seule personne avant qu’elle ne se transforme en boule de frustration”. Et franchement, je dois être un sujet d’étude passionnant, car je suis manifestement leur cobaye préféré.

Tout commence le matin, évidemment. Le réveil sonne avec cette énergie passive-agressive qui dit clairement : “Je sais que tu me détestes, mais tu vas quand même m’obéir.” Je l’éteins, je me retourne, et là, ma chienne me regarde avec l’air d’avoir déjà vécu trois vies avant 7h du matin. Elle est fraîche, elle est motivée, elle veut sortir. Moi, je veux juste renégocier mon contrat d’existence.

Je me lève, je trébuche sur un objet inconnu (probablement un complot des chaussettes orphelines), j’ouvre les rideaux, et je découvre que la météo a décidé d’être “grise avec une pointe de dépression”. Le genre de ciel qui te dit : “Tu pensais être motivée aujourd’hui ? Laisse-moi t’aider à revoir tes ambitions à la baisse.”

Puis vient le moment sacré du café. Enfin, théoriquement sacré. Parce que la machine, elle, a décidé de faire un bruit de tracteur asthmatique avant de cracher trois gouttes tièdes qui goûtent la résignation. Je me dis que ce n’est pas grave, que je vais compenser avec un petit déjeuner équilibré. Mais évidemment, la boîte de céréales refuse de s’ouvrir proprement. Elle se déchire comme si j’avais tenté de l’ouvrir avec un katana. Résultat : un tapis de flocons d'avoine au sol, et moi qui me demande si je dois pleurer ou appeler un exorciste.

Et ce n’est que le début.

Parce qu’ensuite, il y a les gens. Ah, les gens. Ceux qui parlent trop fort dans les transports (je vous déteste), ceux qui marchent à la vitesse d’un escargot contemplatif, ceux qui décident de s’arrêter pile devant toi pour regarder leur téléphone comme si la vie entière dépendait de ce message WhatsApp. Sans oublier ceux qui te disent : “J’ai juste une petite question rapide” avant de te livrer un monologue de 17 minutes sur un sujet qui n’intéresse même pas leur propre conscience (je vous déteste encore plus).

Et puis il y a les objets. Ces traîtres. Le sac poubelle qui se perce au moment exact où tu le soulèves. Le stylo qui refuse d’écrire sauf quand il s’agit de tacher ta manche. Le chargeur qui fonctionne uniquement si tu le positionnes avec la précision d’un chirurgien cardiaque.

Mais malgré tout ça, je continue. Je respire. Je me dis que ce n’est pas si grave. Que demain sera peut-être meilleur. Ou au moins, différemment catastrophique, ce qui est déjà une forme de variété.

Et au fond, râler, ça fait du bien. Ça remet les choses en place. Ça évite d’exploser. C’est comme une petite gymnastique émotionnelle : on étire la mauvaise humeur pour qu’elle ne se coince pas dans un coin du cœur.

Alors oui, je râle. Avec style. Avec panache. Avec une tasse de café tiède et une chienne qui me juge. Et franchement… ça me va très bien. C’est OK.

Sayari

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En réponse au défi

Râler

Lancé par danslalune123

Il paraît que râler fait du bien.

Alors que ce soit pour se plaindre de la belle mère, du voisin qui chante faux, de l'overdose de chansons de Noël ou tout autre sujet .... Laissez libre court à votre ronchonnage.

Seul bémol : Aucune insulte à une personne identifiable (pas de noms précis). Aucun racisme portant sur la couleur de peau, la religion, l'identité sexuelle, le poids, le physique ou tout autre sujet du genre.

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