4 : Honneurs, règles

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Un liquide bleuté s’ouvre sur Dorinka, une planète de combat et marchandises. L’élément devient de plus en plus dense. Il s'active et forme comme des vaguelettes. Cette surface bleutée est vraiment étrange et suscite autant la convoitise d'avoir son pouvoir que l'envie d'y pénétrer. En effet, cet élément avec le cercle qui l'entoure permet de voyager d'un monde à un autre en un rien de temps. C'est une porte dont les contours sont parfois invisibles et dont toutes sortes d'individus peuvent en sortir à tout moment.

C'est la journée, autour de ce portail inter-dimensionnel, la vie bat son rythme. Il y a un peu de vent, des marchés sont ouverts et diverses créatures déambulent à travers une ville bruyante et foisonnante. De nouveaux voyageurs débouchant du tunnel inter-monde. L'un d'eux est de peau mate, aux cheveux courts et châtains et mesure un peu plus d'un mètre soixante-dix. Il ressemble beaucoup à un humain, semble âgé d'au moins trente ans et laisse la météo faire son office sur son apparence.

Il possède un ensemble d'habits, ainsi qu'une longue écharpe rouge. Il a aussi une pièce d'armure grise et sombre sur le bras gauche et un sabre pend à sa taille. L'objet est rangé dans un fourreau ocre tenu par une fine partie de métal et relié à une ceinture de même matière mise en travers et faisant la limite entre le haut et le bas de ses vêtements. Le haut est composé d'un veston blanc sans manche et d'un genre de tee-shirt noir. Tandis que le bas est constitué d'un large pantalon noir aux rajouts blancs à flammes.

Il inspire un grand coup. « Que c'est bon de revenir chez soi, même si ce n'est pas pour longtemps. Une fois cela terminé, le devoir m'appellera ailleurs ». Il se dirige ensuite d'un pas assuré vers l'Est en contournant le marché. Il n'aime apparemment pas se mêler à la foule. À quelques mètres, se trouve une grande bâtisse rectangulaire et jaune-bleuté. Il y a deux drapeaux rouges de part et d'autre du large bâtiment. Dessus, en noir, sont représentés deux sabres entrecroisés. Il s'agit très sûrement d'un établissement où les combats et entraînements sont choses courantes. Il y a aussi des gardes aux environs de la porte et des côtés. Le sabreur monte des marches, salut un garde et ouvre en grand les portes qui se referment violemment derrière lui. Le fracas annonce son arrivé et deux hommes sautent d'un balcon intérieur pour l'accueillir.

– Eh bien Oskan ! Tu n'es pas du genre discret, on dirait. Plaisanta l'un d'eux.

– Le “rônin” daigne enfin à se montrer ! Renchéri l'autre.

La lumière perçant les fenêtres et interstices les révèlent peu à peu. Ils ne se distinguent pas grandement de leur homologue avec une corpulence, couleur de peau et reste d'apparence à peu près pareille. À la place du sabre de leur camarade, l'un porte deux espèces de grandes griffes en métal et l'autre une lame faisant de long deux fois la taille de sa main et accrochée à la ceinture par un anneau servant également de manche. Ils portent des vêtements semblables au sabreur nommé Oskan. Sauf qu'ils n'ont ni l'écharpe, ni les rajouts blanc et rouge. On voit alors mieux le dessin présent sur leurs jambes. Il s'agit d'un dragon blanc ; chez eux, c'est le symbole de la pureté, de la sagesse et de la puissance.

– Je vois que les numéros un et deux sont toujours indisponibles. Content de vous voir les frères, le trio de substitution est donc au complet. Les anciens, sont-ils conscients que leur entreprise soit stupide ? Répondit-il sans broncher.

Après les salutations d'usage, une discussion s'engage. Elle traite du fait que les deux anciens, les maîtres ont eu la bonne idée d'organiser un tournoi pour déclencher le “réveil” d'un artefact. Celui-ci se trouve enterré dans le sable d'une arène abandonnée, propriété du dojo Tosnac.

Les numéros un et deux du top des guerriers du dojo étant absent du fait que l'un est porté disparu et l'autre en convalescence, ce sont donc les trois suivants qui les remplaceront. Les représentants seront alors : en tête Oskan dit le Rônin Obscur, puis Klans aussi appelé le Maître des Fauves et enfin Kayas ou l'Adepte du Vent.

Ils pourraient revendiquer les places vacantes, mais ils ne veulent pas. Oskan n'a obtenu la sienne que pour donner tort à l'arrogance de l'ancien détenteur et les deux frères jumeaux Kayas et Klans n'estiment pas avoir besoin d'être si haut placé. Pour eux, ce ne sont que des titres et il n'y aurait aucun honneur à prendre une position dont le détenteur actuel n'est pas n'est pas en mesure de la défendre.

Les trois compères sont contre l'entreprise mise en place sans leur accord par les anciens. Ils savent que parler aux maîtres n'aboutira à rien. Ceux-ci sont persuadés que la venue d'étrangers sera propice à la révélation de l'artefact qui sommeille. Oskan et les deux autres combattants, ensemble vont s'arranger pour finir vite leur combat.

Ils vont aussi faire en sorte que moins d'énergie s'envolent sur le long terme. Moins l'artefact recevra de l'énergie, plus il prendra du temps à surgir et moins il intéressera ceux qui veulent s'en emparer et le public. Il est aussi convenu que seul Oskan fera des attaques très dépensières.

L'éveil et la découverte de l'objet doivent revenir à ceux qui le méritent et qui jurent par l'honneur et non la convoitise. Une telle chose ne doit pas tomber dans n'importe quelles mains ou griffes qui pourraient être potentiellement mal intentionnées.

Vu où est l'objet, selon eux, il devrait revenir de droit aux membres du dojo dont notamment les deux anciens et les cinq meilleurs. De plus, il est prévu qu'au moins un chasseur d'artefact vienne les aider. Ce genre d'individus est censé respecter un ordre, une règle qui est de remettre le bien à son vrai propriétaire.

Après ce long dialogue, ils décident de se rendre enfin à l'arène où les “festivités” ont déjà débuté depuis quelques minutes. Le bruit se fait de plus en plus fort à mesure qu'ils avancent dans la rue. Les marchés sont désertés et plusieurs étalages sont laissés à l'abandon. Rares sont les vendeurs et les passants encore présent. Une bonne partie de la population de la commune est allée rejoindre l'arène. À quelques mètres, les fracas d'armes, déflagrations et autres coups résonnent. À une entrée divers individus font la queue pour participer ou voir le “spectacle”. Les trois combattants trouvent tout ça ridicule, mais sont obligé pour leur honneur de se mêler aux guerriers, gladiateurs, créatures venues de tous horizons et mondes. Les personnes de l'accueil les reconnaissent aussitôt et les laissent entrer. Ils devront chacun faire un combat d'inhibition pour évaluer leur niveau et avancer dans les classements. En tant que membres d'un même établissement, groupe, ils n'auront pas le droit de s'affronter. Les combats ne doivent pas dépasser dix minutes ou un autre concurrent plus imposant rentre en jeu. L'ensemble dure normalement jusqu'à ce que l'artefact apparaisse ou soit localisé. Et les maîtres ont prévu que l'animation ne devait pas dépasser plus de deux semaines. Il ne faudra donc pas s'éterniser et récupérer le “talisman” dès que possible.

Après quelques recommandations, le trio pénètre et se dirige vers une salle d'armement en attente de leurs tours. Les deux frères sortent leurs armes de leurs vêtements et commencent doucement à se chauffer. Klans décroche ses deux grandes griffes de métal étincelantes et Kayas déplie sa lame qui est en fait un grand shuriken. Ils s'étirent et paraissent pouvoir utiliser des capacités hors normes. Oskan de son côté, réajuste son armure de bras et vérifie une dernière fois la lame de son sabre. Puis tout en générant et une boule lumineuse entre ses mains et en jonglant avec, il surveille l'espace de combat. Au sol, des ombres s'allongent et déforment, la terre sablonneuse se soulève un peu et une légère brise se fait ressentir, tandis que l'objet de convoitise reste en sommeil.

Puis à un moment, ils sont appelés à se présenter devant le public. En face d'eux, apparaissent deux colosses bien armés suivi d'un géant à l'œil unique et traînant une masse. Klans et Kayas se positionnant tous deux en directions des individus de taille normale pour laisser le dernier à Oskan. Un combat digne de David contre Goliath ne le dérange pas du moment que les autres ne durent pas longtemps.

Les combattants se rassemblent au centre de l'arène. À peine le signal est donné que l'ennemi de Kayas part en arrière frappé à une vitesse ahurissante par un énorme projectile étoilé fait de métal. Aussi vif que le vent, le lanceur s'est fait faucheur et a ôté le dernier souffle de vie au pauvre guerrier lui étant opposé. Le deuxième colosse est déconcerté par la scène et ne prend pas garde à Klans qui d'une main sur le sol se projette et s'élance dans les airs. Les griffes lacèrent les airs et le costaud demeure immobile et sans vie tandis que le griffus repose pieds à terre avec grâce. Sous les coups, du sang a giclé et c'était celui des adversaires des frères. Leurs défis n’ont donc duré à peine plus de trente secondes. Une fois finis, ils retournent en arrière pour laisser le tour d'Oskan.

L'énorme créature se dresse alors seule devant le sabreur et le toise d'au-moins trois mètres. La foule hurle sur le sabreur et ses compagnons. Pour eux, le géant ne va en faire qu'une “bouchée” et il n'y aucun spectacle à finir vite son adversaire. Ils se trompent lourdement sur leurs comptes, le géant devrait trembler s'il savait la différence de niveau qui les sépare.

Le rônin, Oskan sert sa main droite sur la poignée de son sabre qui pend à sa gauche. Et il tend son autre bras poing fermé vers l'ennemi d'un air de défis. Le champion du public a la peau très pâle et en guise d'habits, seulement un pagne et de lourds bracelets en fer. Il marche alors vers Oskan tout en traînant sa masse et le fixant de son seul orbite. Mais arrivé à moins d'un mètre d'Oskan, l'arme tombe violemment au sol. Elle a touché une sombre marque d'ombre présente sur le sable. Oskan a ainsi débarrassé son adversaire de son arme pour l'avertir qu'il ferait mieux de renoncer et de déclarer forfait tant qu'il en est encore temps.

La sorte de cyclope se sent offensée d'être ainsi pointé et défié par un bras en armure si fragile et tenu par un être si frêle à son goût. Il ricane, pour lui, ce n'est qu'un vulgaire moucheron et il va l'écraser. Il paraît peu impressionné et lève une main vers le ciel pour la refermer. Il doit penser qu'il n'aura finalement même pas besoin de son arme, pour lui, ses poings suffiront. Puis il abat son poing sur l'humain qui ne sourcille même pas.

Au moment où l'épaisse main va pour cogner son bras défiant toujours l'adversité, Oskan ouvre enfin sa main et commence à sortir sa lame de son fourreau. Le sabreur crie alors bien haut : “STOP !” et le monstre ne semble plus bouger. Tout se fige autour d'eux, le vent, les oiseaux, le public. Il n'y a plus un bruit, plus rien ne paraît se mouvoir. Tout se passe à peine une minute qui parait une éternité.

Seul quelqu'un évoluant au même rythme que le rônin pourrait voir et comprendre ce qu'il se passe. La lame fait des mouvements dans le vide et Oskan commence à marcher entre les jambes du titan. Pas un souffle ne parvient, le sabreur ne paraît pas fatigué. Il a dû dépenser moins de cinq pour-cent de son énergie. Il range son sabre et tout en avançant, il prononce calmement un récit qui résonne comme un mantra mortuaire.

« À trop croire en ta puissance. Tu as sous-estimé ma chance. Tu me pensais faible et toi fort. À la fin, c'est toi qui as eu tort.

Le temps s'est estompé un instant. Ta vie s'est stoppée à ce moment. Sans faillir, ma lame te traversa. Et sur le sable, ton sang coula.

Tel était ton funeste destin. Tu t'étais écarté du chemin. Depuis, la mort réclamait son dût. Et tu as payé en temps voulu.»

Un bruit sourd retenti et les personnes découvrent la scène. Leur favori tombe lourdement sur le sol, le dos couvert de marques qui luisent au soleil. Dans un coin, Oskan avance sans un mot, ni un regard à la foule stupide. Il redresse la masse qui gisait toujours sur le sable et d'un seul coup de poing, l'explose en mille morceaux. Puis, il revient vers ses camarades et sans se retourner prononce bien haut en levant le poing : « Que cela vous serve de leçon ! Le talisman ne sera pas au premier venu ! Il revient aux combattants du dojo Tosnac »

À son retour, ses amis le félicitent tandis que les combats reprennent sous les yeux attentifs des trois maîtres d'arts et armes.

– Beau boulot ! Ça, c'était de la démonstration ! Tu les as estomaqués ! Prononcèrent Klans et Kayas en cœur comme un seul homme.

Puis un curieux individu surgit de nulle part de derrière une colonne. Il est vêtu de noir avec un halo bleuté. Il est athlétique et grand d'environ un mètre soixante-cinq. Il porte une capuche cachant presque entièrement son visage. Ses bras sont recouverts d'une substance noire bleutée et il porte des plaques aux mains. Il abaisse son cache-visage qui montre un jeune d'apparence humaine et de couleur bronzé, métisse. Il a les cheveux bruns très court et parait avoir moins de vingt-cinq ans terriens.

– Belle prestation que voilà. C'est digne d'un héros de l'ombre tout cela ! Vraiment, on ne peut pas te rater à moins d'être un ignorant sans deux sous de jugeote. Plaisanta l'étranger en tapant dans ses mains. Ses affaires métal résonnant aux entrechoquements.

– Qui êtes-vous ? J'espère que pour vous que vous avez une bonne raison de nous importuner. Lui lança Oskan d'un ton menaçant.

– On se calme, les pros d'arts-martiaux ! Je suis un chasseur d'artefact et j'ai été contacté pour vous aider. Je me nomme Zac, maintenant si vous le permettez, j'ai un combat à faire. On discutera mieux une fois tout cela terminé et l'objet rendu à qui de droit. Répondit et ponctuant l'interrogé imprudent.

Il traverse alors l'étendue de sable pour rejoindre le centre de la place d'affrontement. En face, apparaît une créature féline dont les membres sont enchaînés au sol. L'être sort littéralement du sable par le moyen d'une trappe avec un système d'élévation. L'étrange animal mesure près d'un mètre soixante-quinze avec des muscles légèrement plus massifs que ceux du dénommé Zac. Son corps est recouvert de griffures plus ou moins profondes, signe d'un récent combat et porte aussi une marque à l'œil gauche, mais ne semble pas être borgne pour autant. Il a l'apparence d'un jeune lion de couleur marron clair et porte une sorte de pagne en peau. Une épée courte dans un fourreau en peau de couleur brunâtre se balance à sa tunique. C'est sans nul doute Léo qui avait traversé un portail et avait dû se faire capturer à l'arrivée.

Les chaînes sautent d'un coup sous la précision de force du lion et un double fantomatique surgit dans son dos. Il a l'air de posséder un curieux pouvoir qui ne semble pas étonné Zac. Celui-ci a juste le temps de blaguer : « Tout doux le gros chat. On t'a dopé contre ton gré et tu n'as pas l'air à l'aise. On peut discuter, je peux peut-être même t'aider. » Mais déjà le fauve lui fonce dessus toutes griffes dehors. Zac décroche le disque de son dos et l'envoie à ras du sol vers le centre de la piste avant de faire face à son nouvel adversaire. « Encore un félin, je vais m'éclater. C'est Show Time ! » Les deux guerriers chargent l'un vers l'autre, qui va l'emporter ? Aucun n'a l'air de vouloir rigoler longtemps, le choc va être terrible. On sent qu'un grand tournant va avoir lieu…

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