7 : Autres horizons
Dorinka est une région désertique connue pour ses combats d'arène, ainsi que pour ses maîtres d'arts martiaux. Dans une arène, propriété du dojo Cosnac, quatre personnes partent vers le ciel dans un rayon de lumière. Un grand félin vêtu de bleu et noir, Fland ; un voyageur et sorte de ninja habillé en noir bleuté, Zac ; un guerrier lion anthropomorphe, Léo ; un sabreur et mercenaire en noir et blanc, Oskan. Tandis que deux autres maîtres d'armes et collègues du sabreur appartenant au fameux dojos, Klans et Kayas faisaient diversion. Ils se dispersaient pour laisser des adversaires et des spectateurs stupéfaits. Un artefact était enfoui sous terre, l'usage de l’objet demeurait encore inconnu. Cependant, il s'était accroché au ceinturon du Fauvar musclé, Fland. La petite équipe s'était constituée prestement, mais nul doute que ses membres allaient devoir accomplir de grandes choses dignes de certaines légendes. Par un jeu de hasard ou de circonstances, ces individus, qui auraient pu ne jamais se croiser, allaient faire cause commune pour quelque temps. Un vaisseau ovale, le Comète était au-dessus pour les accueillir pendant que Klans et Kayas achevait les préparatifs. La récupération du mystérieux talisman n’était dès lors plus leur affaire principale. Leur honneur était défié par des combattants mécontents d’avoir perdu le trophée promis. Le public tout autour comprenait qu'il valait mieux s'en aller, il n'y avait plus de spectacle. La mort pesait sur les imprudents et le faisceau lumineux commençait à faire disparaître ses passagers.
La scène fut retransmise par une vidéo à images en relief. Le projecteur était posé sur une petite table au centre d'une pièce plongée dans le noir. De faibles reflets faisait ressortir de ci et là, des statues, des livres, et divers objets hétéroclites. Il s'agissait visiblement de l'antre d'un collectionneur avide de savoir et de choses particulières. Le maître des lieux se tenait voûté au-dessus de la projection holographique, il regardait d'un air absent. Son crâne était entièrement blanc et dépourvu de peau et de chair. L’individu très grand portait simplement une large veste en cuir marron et un pantalon en gin gris. Il ressemblait à s'y méprendre à un véritable squelette vivant. Il ne voyait donc rien puisqu'il n'a que des orbites vides. Cependant, ses sensations et ses ressentiments devaient être probablement accrus. Au vu de son physique, il avait dû être un être humain dans une autre vie. Le silence pesant fût cassé par des caquetages répétitifs. L'étrange individu nappé de curiosités parla dans le vide d'une voix aiguë de cinglé d'outre-tombe. Ses dents s'entrechoquèrent dans un tic répétitif et une bague en or à tête-de-mort bougea d’un doigt à l’autre. Il fit de grands gestes avec ses bras décharnés.
« Ka-ka, fascinant tout ça, n'est-ce pas Bone Skélet ? Je dis ça à moi-même, mais qui ça intéresse d'autres ? Tout cela est réel et nullement le fruit de l'imagination débordante du fou que je suis ! Ah-ah, ces combattants m'épatent. Il n'y avait pas si longtemps, ils s'ignorent tout et maintenant, ils forment un groupe.
Ka-ka, que c'est excitant ! Zac a l'art pour se mettre dans de cocasses situations. Je suis antiquaire, je sais donc que ce que je demande est parfois complètement dingue et irréalisable. Et voilà, que notre bon vieux voyageur s'acoquine avec des inconnus pour s'emparer d'un mystérieux artefact. Notre ami peut aller où bon lui semble et avoir ce qu'il souhaite. Ce que j'aimerais poser la main sur son petit secret. Il le cache bien, comme la personne qui les a réuni tous les quatre, d’ailleurs...
Ka-ka, de tout ce qui reste de mon âme de défunt, je jure que cette scène se déroule vraiment. Le clous de ma collection est là quelque part. Avoir un accès quasi illimité à toutes formes de connaissances serait mon rêve le plus cher. Par mes orbites sans yeux, si je pouvais les rejoindre dans leur vaisseau, ce serait magnifique ! »
Soudain, une voix calme et un peu rocailleuse retentit dans sa tête. Il était sourd, mais possédait une conscience très étrange se révélant être la voix d’un autre. « Un portail va s’ouvrir, prenez la Perle de Kayos. Donnez-le à Zac et récupérez votre dû en savoir. Votre souhait sera exaucé. »
« Ka-ka, à quoi bon avoir eu l’objet si je le rends ?! Cela dit, j’espère que le don de Zac en vaudra la chandelle. Néanmoins, si c’est la connaissance que je recherche, je veux bien y aller. Et j’y pense, je serais fou de laisser passer une occasion pareille. Allons-y, plongeons dans le portail ! Perdons à nouveau la raison, voyons où cela nous mène. »
Un accès dimensionnel s’ouvrit dans l’obscure pièce et le squelette disparut dans son caquetage. Il l’ignorait où il allait, mais qu'importe. Il faudrait avoir perdu l'esprit pour le faire. Bone Skélet n’était visiblement pas du genre à reculer devant l’étrange. La lumière se referma sur lui et tout n'était plus qu'éblouissement et perte totale de notions de lieux.[/size]
*
La lueur est envoûtante, une surface blanche et bleutée brille dans l'obscurité et attire le regard. Une forme colossale se découpe dans le noir complet. Elle est constituée de pointes et de formes coupantes et lisses. C'est un grand ensemble de cristaux ne paraissant pas ordinaires. En effet, leur lueur est plus éclatante et leur couleur peu commune. L'ensemble avec toutes les pointes mesure près de trois mètres de hauteur et s'étend sur environ le double. Cette structure attise la curiosité et demeure la seule et unique source de lumière dans cette amas sombre et secret. La roche précieuse se trouve dans le fond d'un passage sous-terrain à l’abri la chaleur et du temps. Un léger vent pénètre par un orifice caché et quelques étranges chauves-souris s'envolent à l'approche de quelqu'un. Une main effleure le rocher lumineux. Les cristaux semblent réagir et luire plus intensément.
Le curieux individu reste en bonne partie dans l'ombre. Seule sa paume touche une face légèrement penchée. Il est impossible de voir en entier l'être. C'est à croire qu'il veuille pour le moment, garder l’anonymat. Les tranchants se font plus menaçant et davantage d'animaux volants quittent leurs perchoirs de plafond. La rocaille est sans nul doute vivante, car elle ressent la présence de l'étranger et palpe ses intentions. S'il est animé de noirs desseins comme la destruction, il risque de repartir bredouille. Néanmoins, de sa peau grisâtre, il parcourt doucement dans la pénombre les pans rocheux et cristallisés. Cela témoigne d'une volonté plutôt neutre. Des pointes et formes bizarres et fantomatiques par endroits complètent la curieuse matière. L’être est très musclé et ne paraît pas vouloir le pouvoir, il ne cherche que la vérité. Ses pensées sont mises à rudes épreuves et révélées par les cristaux. Il s'agit d'un guerrier venu de lointaines contrées. Tout ce qu'il souhaite, c'est le savoir que recèlent les légendaires éclats. Un mot résonne dans le tunnel de la mine : « Korac ». La voix est forte comme un grognement et provient du mastodonte. Peu à peu, il sort du noir pour s'approcher encore. Une petite figue se dessine alors dans les cristaux.
« Du Korac à l'état pur. En suis-je digne ? » S'interroge la créature qui est désormais éclairée par la structure vivante et douée de ressentiments. Il est jugé par ses actes combatifs et violents, mais protecteurs et juste. Un fragment de cristal, Korac s’arrange de manière moléculaire, puis sort de l'édifice. Il s'agit d'un objet fin, allongé de la taille d'un os d’avant-bras. Le guerrier robuste est habillé d'un genre de short rouge avec des dorures. Sur ses bras, il possède brassard et bracelet. Il tend prudemment son bras droit vers l'artefact. Cela ressemble beaucoup à une dague, mais elle est entièrement en Korac. La matière lumineuse a choisi comment l'étranger va transporter une part de son essence. Le colosse est de couleur argileuse, aux cheveux noirs et aux oreilles pointues. Il semble faire bien deux mètres. Quelques tatouages bordent ses épaisses épaules et un os-collier flotte à son cou. Il a un faciès particulier avec des crocs proéminents. La pierre révèle qu'il n'a pas une once de haines dans ses gestes. Il est uniquement guidé par l'idée de protéger les êtres les plus faibles. Malgré sa bienveillance, on ressent qu'il n'hésitera pas à tuer s'il le devait. Une énorme hache finement dorée pend dans le dos. Sur la lame, des runes rouges sang s'illuminent à la présence de la dague.
Une bonne partie des facettes du mastodonte a été mise à nu par le puissant Korac. Ainsi, le nouveau venu n'a pas de secret pour le pouvoir acquis. En ses mains, le nouvel objet devient blanc éclatant et c'est une autre vie qui s'annonce pour ce cristal naturellement formé et non taillé. Il est toujours vivant et demeure prêt à accomplir de nobles dessins voilés de sombres présages. Le guerrier souris brièvement, mais ne s'attarde pas. Il touche une dernière fois, la pierre luminescente et s'en va vers le lointain. Il laisse la lumière et rejoint les ténèbres pour s'en aller vers son destin. Il avance tranquillement sur une terre désolé en cristallisant des endroit. On dirait de la glace, mais en plus solide et purificateur. Au loin, la plaine s'étend à l'horizon. Des cris lui parviennent et des faisceaux de lumières se mettent à jaillir. Le guerrier sentant quelque chose range sa dague et sa hache tout en pressant le pas.
*
Les bruits d'affrontement s'intensifient. Bientôt, les protagonistes sont visibles. Un humain est aux prises avec une dizaine de créatures bizarres. Il bouge vite et tranche à tout va avec un sabre très lumineux. Sa lame est droite, les ennemis ne semblent pas être une menace réelle. Les créatures ennemies sont blanches aux yeux entièrement noirs et sans pupilles. Les êtres ont des habits déchirés et des épines dorsales très prononcées sur la colonne vertébrale. Ils sont tous de taille et de corpulences différentes avec des griffes et des crocs acérés. Il porte une épaisse armure grise et blanche divisée en plusieurs parties. Une bonne partie de son corps est bien protégée, mais ne l'entrave guère. L'homme est d'allure mature avec un corps plutôt bien bâtie. Il a une sorte de grand manteau marron avec la capuche baissée et les pans proche du sol.
L'épéiste fait usage de capacités peu communes et rapides. Un flux lumineux émane de ses mains jusqu'à sa lame. Il s'agrandit à mesure que le tranchant virevolte. Les monstres ont des excroissances visibles, sont rapides et agiles. Mais leur supériorité à l'air est vaine face à la lumière. Ce sont des représentant des ténèbres et n'ont pas d'âme. Aucun éclat dans leurs yeux , ils ne méritent que la mort, aucun pardon ou mépris. Tout n'est qu'éblouissement, raillerie, découpe, envoie de lame, projection au loin et fauchage. Les ennemis foncent tête baissés, ne se protègent plus et sont enragés. Ils s’agglutinent les uns aux autres, sont débités et faibles. Ils avaient l'avantage du nombre, mais leur attaque tourne vite au massacre. Soudain, surgit un géant aussi blanc que les bête jonchent le sol. Il se fait immédiatement immobiliser par une substance cristallisée. C’est sans nul doute du Korac à ses pied. Mais il tombe la tête en avant décapité par un coup de sabre rapide comme l’éclair. L'humain épéiste fait un dernier tour sur lui-même pour finir deux derniers adversaires un peu récalcitrants.
Les sinistres s'étalent par terre sous une grande exclamation caverneuse provenant du guerrier à l'énorme arme qui n’avait pu achever sa proie.
« Je vois que tu as bien récupéré, l'ami. On peut enfin discuter correctement et faire connaissance. Je suis Gorguif, un Orc manipulant le Korac, un cristal pur et vivant. »
L'homme s'approche laissant entrevoir un fin bouc au menton et une chevelure très courte. Il porte un léger habit sous son armure. Finalement, seule sa protection imposante est de de couleur claire, tout le reste est de dominante brunâtre. Il toise le géant qui le dépassait de plus de deux têtes. Et d'un ton posé avec une pointe de défis, il prononce quelques mots sages. « Le plaisir n'est pas partagé, en d'autre temps, je crois que l'on se seraient entretués. Néanmoins, la collaboration est préférable. Je vous dois la vie au vue de l'armure que je possède. Je vous remercie, je me nomme Gil et j'ai des affinités avec la lumière. Vous êtes sans aucun doute une force de la nature, mais il se trouve que je suis meilleur que beaucoup d'autres humains. Allons-nous trouver un abris pour mieux discuter avant que les immondes reviennent plus nombreux et préparés ! »
Les deux vivants marchèrent entre les cadavres. Tous en avançant, ils discutent en jetant un rapide regard au massacre. En observant mieux, on remarque les monstres ont des traces sur une partie de leur corps. La marque change d'endroit en fonction d'où la bête a mordu et de la victime. Le garçon rangé sa lame dans un fourreau caché dans son dos et fixé à une ceinture. Gorguif et Gil se rappellent comment ils se sont rencontré la première fois sur Zedzone. C'est la planète où ils se trouvent.
L'Orc était apparu dans la plaine par un portail. À quelques mètres, un vaisseau s'écrase avec ses trois passagers victimes d'un virus. C’étaient des collègues chasseurs à Gil, ils se fichent de ce que pouvaient devenir un blessé dans un endroit pareil. Ils voulaient s’enfuir, le sort en a voulu autrement. Les malheureux sortent et se jettent sur le premier être vivant qui passe. Gorguif reçut des attaques sans importantes et en une charge et un coup de tranchant, l'affaire était réglée. La chaire de Gorguif était trop épaisse, dense pour être atteinte à la première petite morsure. Un être normal serait déjà touché et transformé. L’Orc utilisa ensuite les données du vaisseau pour se renseigner rapidement et perçut un signal de détresse. Quelqu’un avait besoin d’aide et il n’était pas très loin du lieu d'objectif de l’étranger. Gil était en mauvaise posture, blessé et une cible de choix pour les créatures zombifiées.
Les cellules de l'homme étaient meilleures que d’autres individus. Ce qui lui avait permis de tenir plus longtemps, mais il avait dû trop utilisé ses capacités, notamment sa lumière. En effet, devait être plus rapide que d’accoutumé pour échapper à certains. Cependant, cela abimait plus sa santé, que ça le sauvait. L'arrivé de l'Orc était donc providentielle, néanmoins il y a des chances que ce ne soit pas un hasard. Il avait réussi à être là à temps et avait alors isolé l'humain. Celui-ci s'évanouissent tout commencent à délirer. Les mots « Asdol », « Malec » et un curieux monologue en rimes sortaient de sa bouche.
« La solution viendra des étoiles. Un voyageur lèvera le voile. Un énorme combat s'annoncera. Et un félin mythique surgira. La lumière viendra du tonnerre. Un sauvage rugira sur terre. Une lame sera là pour nous aider. Alors, la chasse sera terminée. »
Une fois mis à l’abri, à proximité de restes du module et sous un amas de Korac éphémère. Gorguif laisse l'infortuné en sécurité, tandis qu'il va à la mine de Korac. Pendant ce temps, l'autre se remet de ses esprits, reprend des forces et se répare avec des morceaux de ferrailles. La lumière pouvait ronger son corps à tout instant. Le Korac avait bloqué les hémorragies, mais ça ne suffisait pas. Le puissant cristal chassait les impuretés, les blessures n'était ainsi plus porteuses du poison. C’était juste de vilaines balafres et cicatrices. La matière vivante sauvait, mais ne soignait pas. Du repos et des attelles en fer étaient donc essentiels. L'armure sur son corps, le protégeait donc beaucoup, mais surtout, elle le maintenait en vie.
Les deux guerriers sont les seuls être vraiment vivant et eux même à des kilomètres à la ronde. Il y a bien des habitants sur Zedzone, mais au vue de ce qu'il se passe dans les plaines, ils ne s'aventurent guère. C'est donc le repère des créatures et des chasseurs. Gil savait ce qu'était les ennemis, il partagea son savoir. Les créatures étaient des bêtes contaminées pas un venin transmissibles par morsures. Dès lors, les victimes n'étaient alors plus que l'ombre de ce qu'elles étaient avant. Elles gagnent en agilité, sauvagerie et endurance. Elles ont quelques facultés de combats, mais leurs pouvoirs se limitent sur le plan physique, comme une aura ou des parties du corps transformées. Les armes blanches et les lueurs intenses sont leurs seuls grandes faiblesses. La lumière les obligent à reculer et à se cacher les yeux. Elles deviennent alors plus faciles à éliminer. Cependant, elles sont dirigées à distance par une matriarche. Quand on en voit un de ces sbires, il ne faut pas hésiter. Car ce ne sont plus que des monstres assoiffés de chair et de sang et d'autres ne sont jamais loin. Il n'est pas impossible qu'elle soit consciente et puisse alors privilégier certaines proies...
Les deux individus réunis ont chacun leurs spécificités. Gorguif manie en plus de sa grande hache, un pouvoir élémentaire liée au Korac. Naturellement, il crée ce qu'il souhaite en cristal, mais ses constructions seront plus solides et complexes avec l'aide de sa dague. Cependant, réaliser une structure sans aide s’avère plus rapide et moins épuisant. De son côté, Gil est de base plus performant que d'autres êtres humains et possède des dons de télékinésie, d’attraction. Il bénéficie aussi de par sa nature d'hybridien, d'une seconde capacité hors norme. Il peut générer de la lumière et l'utiliser à sa guise. Néanmoins, il ne peut en faire usage pour s'améliorer sous contrainte de se dégrader la santé.
Après une longue marche sans histoire, ils décidèrent de s'arrêter dans une grotte coupée du vent qui pointait. Tandis que l'Orc faisait des préparatifs de protections et déballait de la nourriture récupérée sur le vaisseau. L'homme entrepris de pianoter sur un de ses avants bras. Il espérait être repéré et recevoir une aide. Même si Asdol, le gardien reconnu pouvait s'avérer être un allié très puissant, il était hors d'atteinte. Malec était le nom d'un de ses collègues. Aux dernières nouvelles, il se trouvait sur Dungeon of Legend en compagnie d'un prétendu fils de Nawol, le briseur d'orbes. Les paroles intrigantes ressemblaient à une vision. Ce n'était pas un hasard, si les deux compagnons d'infortunes étaient au même endroit. Quelqu'un ou quelque chose voulaient qu'ils réalisent une destinée. Cela dit, personne ne réussis de chose seul...

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