16 : Trois chemins

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Tennejie donnait les dernières directives à ses collègues de boulot tout en regardant le plan des modifications du Comète. Le vaisseau subissait des améliorations, ainsi qu’un agrandissement de l’espace vital. À côté d’elle sur son piédestal holographique, le crâne de Bones Skélet s’agitait dans le vide et conversait sans être entendue. Zachary bougeait à droite et à gauche pour alimenter le module en énergie dimensionnelle. Soudain la jeune femme se tourna car elle avait sentie quelque chose.

- Alors le guerrier inconnu, on a fini sa visite à la bibliothèque ? Ça été fructueux j’espère, Bédanne n’est pas du genre commode avec les étrangers, hein Bones ! Questionna-t-elle tout en souriant.

Ka-ka, va comprendre pourquoi elle ne veut pas me voir, j’espère juste que “Bouk” a pu lui parler… Prononça pour lui-même le squelette tout en caquetant.

- Ça dépend si les étrangers sont de vieilles connaissances ou non. En parlant de cela, ça faisait longtemps Tenj. Content de te revoir en forme et aussi radieuse. Zaki doit être verni et je me demande ce que devient Malc. Répondit tranquillement le guerrier tout en s’avançant.

- Ces noms semblent surgir de loin et même de très profond. En voilà un revenant que j’aurais à peine reconnu tellement il était embrumé et renfermé sur lui-même. C’est désormais, Tennejie la mécanicienne. Comme tu le vois déambuler, Zachary va bien, c’est devenu un excellent pilote. Pour Maléok, aux dernières nouvelles il suivait une espèce d'homme à tête de chien vers une destination inconnue. Et toi Gito qu'es-tu devenu après tout ce temps pour que l’on te reconnaisse plus, même moi qui pourtant lit dans les pensées j’ai eu du mal. Prononça avec amusement la jeune femme.

- Maintenant, je m'appelle Gilanto. En temps que guerrier Forcékien, les recherches mentales ne fonctionnent pas et ceux même si une Oni les exercent. Ma constitution fragile et mes crises de “surchauffes” me jouent des tours, me coupent de mon entourage et me rendent différent. J’espère que Linira ne m’en voudra pas de m’être malgré-moi éloigné de sa vie.

- Non, sérieusement, toi tu as une copine ? C’est bien, comme tu doit le sentir, avec Zaki, c’est aussi le cas. Mais je ne suis pas avec lui que pour ce genre de chose, il faut bien entretenir le Comète quand il part en pérégrination. Et puis pour s’entendre avec un Fauvar, rien ne vaut la persuasion féminine !

Ka-ka, le fauve est sur Soulnokia avec le loup Asdol et il devrait retourner sur Féloncia pour un rendez-vous avec l’autre félin Léyok si j’ai tout suivi. Qui est notre nouveau compagnon ?

- Un vieil ami qui revient de loin, hein le “Jédaye” ?! Déclara Zaki qui venait d’effectuer une glissade pour descendre d’un perchoir invisible.

- Le terme n’est pas approprié, mais ça fait plaisir de vous retrouver tout les deux. On embarque quand ? C’est l’Antiquaire que je vois, au dernières informations, vous n’êtes guère apprécié auprès de Bédanne.

Ka-ka, on embarque quand tu veux mon coco. Et oui, c’est bien moi en chair et en os, enfin en métal et os plutôt pour ma part. Ah cette Bédanne, j’ai discuté avec feu Boukciran, son mentor. Mais je ne sais toujours pas ce qu’elle me reproche. Enfin, ça ne doit pas être important. Si on faisait plutôt le point sur ce que j’ai appris au conseil.

- C’est gentil de croire que tu commandes le sac d’os. Mais si tu permets, c’est notre vaisseau à Tenj et moi, alors respecte-nous. Si tu veux bien te donner la peine Gito/Gilanto, on sera mieux pour discuter à l’intérieur.

- Toi, l’objet de curiosité, la prochaine fois que tu te crois au-dessus de nous, je t’envoie valser dans le néant à travers le disque, alors prend garde. Est-ce que c’est clair ? Intervin Tenjie qui commençait à en avoir assez du “tas d’os”.

Ka-ka, on ne peut plus rigoler, allons-y décollons capitaines !

- Sacré habitacle, ah vous avez une transmission. Fit remarquer Gilanto en pénétrant à l’intérieur du Comète.

Un signal sonore et lumineux venait du tableau de bord. Zaki ne se fit pas prier, y accéda et lança l’enregistrement montrant une projection holographique et révélant un individu en armure avec un sabre à la main. “Salut les amis, Gito, Tenj, Zaki, ça faisait longtemps. Il est peut-être le moment de se retrouver pour évoquer le bon vieux temps et parler de l’avenir. On se retrouve sur la région Starunia où tout a commencé.”

*

Un jeune félin, lion anthropomorphe, torse-nue avec un glaive qui pend à sa ceinture dans une peau de fauve, Léyok surgit d’un portail en pleine forêt trouve des traces de lutte au sol ainsi qu’une énorme motte de terre avec un bâton enfoncé en son centre. Un bout de tissus noir et déchiré est accroché dessus et flotte dans le vent. Le félin s’approche avec curiosité, puis s'arrête pris de mélancolie, la scène et la tombe lui évoque quelque chose, mais il ne sait pas quoi. Un bruissement surgit derrière lui et une voix déclare.

- Je n’allais quand même pas laisser ce corps à la vue des charognards, tous Fauvars tel qui soit, même maudit a droit à une sépulture.

Un grand félin semblable à Fland, vétu d’un kimono noir et bleu vient de rejoindre le jeune dans sa contemplation.

- Vous devez être apparenté à Fland, n’est-ce pas ? Ainsi, le Fauvar que j’ai affronté repose ici, un bien noble geste pour un tueur.

- Autres temps, autres mœurs, qui que l’on soit, on n’est jugé que par ses actes et il appartient à tous ceux qui passent de respecter l’autre comme il se doit. Je n’ai pas connu Ravage de son vivant, mais je ne vois pas ce qui m’interdit de rendre hommage à ce qu’il était et non ce qu’il fût. Et oui, je suis le père de Fland, tu peux m’appeler Fresno. Allons, le point de rendez-vous n’est pas loin, les Terres Désolées ne sont pas si éloignées que l’on dit, tout dépend si on sait où elles se trouvent.

- J’imagine que vous avez raison, sans guide je me perdrais, je vous suit. Je sens que Fland se rapproche et le temps des souvenirs avec.

- Voilà des paroles pleines de sagesse pour un jeune et fougueux lion. Mettons-nous en marche alors, il n’est jamais bon de faire attendre. Le combat qu’il a mené, a dû le fatiguer et je le sens aussi, le moment de comprendre et de savoir arrive.

Ils laissèrent la tombe du dénommé Ravage, ancien Fauvar chasseur devenu maudit par la rage d’échouer à la même épreuve qu’a eu à affronter Fland. Léoyok suit la marche soutenue du père de ce dernier. Le lion ne connaît pas le chemin et s’en voudrait de se perdre dans les méandres de la plaine. Des visions le submerge à mesure qu’il avance et le ralentisse. Il ne comprend pas, ces souvenirs, on dirait ceux d’un autre.

Il se revoit courir à travers l’herbe, des cris fusent au loin derrière-lui. On le traque, lui et une femelle féline qu’il ne connaît pas. Elle est vêtue de façon très primitive, presque nue et tient quelque chose entourée d’une couverture dans ses bras. La chose émet des hurlements, un bébé, c’est un couple qui fuit des pillards. “Ils sont là rattrapez les, ils n’iront pas loin” “Linkra, continus avec Noyok, je les retiens." “Non Ryclain, on doit rester ensemble.” “Part, je te dis, je vous rejoins, je le promet.” Il saisit la lionne et leur front se touchent un instant, puis il se tourne vers l’ennemi en laissant Linkra et leur enfant s’enfuir le plus loin possible. “Puisse tu survivre mon fils, devenir un grand Warfélin et pardonner aux humains de haïr ce qui est différent.” Léoyok en tant que Ryclain rugit toutes griffes et crocs dehors et charge le groupe de braillards qui ne savent pas qu’il est mauvais d’affronter un Warfélin qui protège ce qu’il a de plus cher.

Le jeune lion rouvrit les yeux, voilà comment son père mourut en les sauvant. Il ne sait ce qu’il est advenu de sa mère, mais ses pas l'ont mené vers une carcasse de vaisseau. Ryclain vit encore à travers lui et un corps de lion demeure à l’avant. Fresno approche aux côtés de Léyok et balaya la vision d’un geste respectueux.

- Comment se nommaient ces félins qui t'ont sauvé pour que tu sois le lion fort que tu es désormais ? Demanda Fresno, d’un air bienveillant.

- Linkra, ma mère et mon père Ryclain. Je suis reconnaissant de leur sacrifice et accepte l’héritage, mais qu’est qu’un Warfélin si ce n’est ce que je devrais-être.

- Ce sont des guerriers lions maniant l’onde et issus de la même branche que nous Fauvars et les Panthérans, d'autres félidés. Cependant, tu semble appartenir à un mélange de lion et de panthère. Prononça Fland qui venait d’arriver.

Il surplombait son père et Léyok du haut d’un promontoire fait de métal, de songes et de fluide. Il les rejoignit en griffant la structure dans sa descente. Une silhouette féline à quatre pattes, avec deux crocs proéminents, bondit à sa suite et se mit à renifler le flux restant de la vision. Fresno parut très enthousiaste et fit l'accolade à son fils car il était un guerrier désormais. Le jeune lion posa une patte avant sur son torse en signe de respect tout en jetant un œil curieux à la nouvelle arrivante.

- Heureux de te revoir mon fils, je vois maintenant un guerrier élite et fier. Ta mère et tes grands-parents doivent être fiers de là où ils sont. J’espère que le loup que tu as affronté se joindra à vous le moment venu.

- Oui les parents et les ancêtres veillent sur nous. Il viendra, je pense, sa force et son expérience ne seront pas de trop. Alors Léoyok, on est surpris par les fantômes du passé.

- Je n’ai pas eu la chance de connaître mes parents alors je me contente de leurs images spectrales. Qui t'accompagne ?

- Une femelle smilodon, il me semble. Toundra n’est pas très causante, normal pour un totem libre. Allons je t’ai promis de te faire découvrir les “Terres désolées”, voyons quels mystères elles gardent encore.

Le smilodon, Toundra tourna un moment autour du trio, jeta un dernier regard vers Léyok et disparut dans les bois sans demander son reste. Le lion ne dit rien mais la salua du bras, le poing vers le ciel pour lui souhaiter bonne route. Il espérait la revoir et connaître son lien dans ce monde.

- Dommage qu’elle ne reste pas, enfin c’est peut être mieux jeune lion. Parfois certaines choses doivent attendre tandis que d’autres doivent être révélées. Réconforta Fresno et rejoins son fils.

Fland, à coup de griffes, ouvrit un passage à travers le métal et la “brume” et s’y engouffra.

Léyok était Léo pour les humains et avait déjà découvert son prénom Noyok grâce à Tennejie. Maintenant, il connaît celui de ses parents. Il était temps d’affronter les fantômes du passé et de savoir dans quel genre d’histoire ils s'impliquaient.

*

- Allez passer par ce portail, vous serez mieux ailleurs qu’ici. Incita Oskan toujours vétu de blanc et rouge.

Il voulait que les esclaves qu’il avait libérés s’en aillent au plus vite, mais certains demeurent réticents.

- Notre vie est ici, pourquoi fuir, nous ne sommes pas prisonniers, Les orcs nous offrent le gites et couverts en échange de notre service. Rétorqua l’un d’eux ayant un corps couvert de plumes dont les grandes ailes étaient solidement empêtrées dans des cordes.

- Jusqu'à ce que vous finissiez dans leur assiette. J’ai un code, les gens quels qu'ils soient se doivent d’être libre et de choisir quand ils vivent et meurent. Toisa Oskan.

- Alors pourquoi les inciter à partir s’ils ne veulent pas ! Grogna un énorme et imposant canidé anthropomorphe qui venait de surgir de nulle part.

Il trancha les liens de l'étrange humain ailé avec une lame courbe et réitéra sa question au ronin rebelle.

- Qui es-tu ? Je m’attendais à Gorguif, mais apparemment, il a autre chose à faire.

Les deux individus se font face, la tension est palpable mais aucun ne semble flancher.

- L’orc maniant le Korac nous attend près du “Dôme du tonnerre”. Hâte toi de faire passer les gens qui veulent et laissent partir les autres. Je suis Asdol, l'un des gardiens qui vous à toi et les autres aidé à terrasser la reine des sans-âmes.

- Allez fuyez où vous voulez mais faites le vite. Quant à toi, j’ignore pour qui tu te prends, ce qu’est ton “dôme”, mais je ne me rappelle pas t’avoir vu ce jour-là.

“Peut-être que tu n’avait pas bien regardé le ciel, mais il était bien là. Hâtez-vous, le vecteur arrive et j’ignore s’il est vraiment un allié.”

Répondit une voix rauque provenant d’une poche du sabreur.

Il fouilla et en retira un fragment cristallin d’une blancheur étincelante.

- J’espère que tu me crois maintenant. Je ne t’en tiens pas rigueur cette fois, mais fais attention. Allons-y avant que la brèche ne se referme, passer par le monde des esprits est certe un raccourci, mais il reste bref et le maintenir ouvert peut m’épuiser.

- Ok le loup, j’arrive, mais Gorguif et toi me devez des explications. Pourquoi me coller un mouchoir et envoyer un prétendu Gardien. Ces gens-là, ce n’est pas n’importe qui.

“Heureux de savoir que je peux compter sur vous deux, on sera pas de trop pour la quête à venir.”

- Les réponses viendront, le mutant, allons-y ! Prononça Asdol en sautant dans un halo lumineux.

Oskan serre le poings en rangeant le cristal et suivit le loup. Derrière eux, les anciens esclaves se dispersaient. Certains passèrent finalement le portail, tandis que d’autres s’estompèrent dans les ténèbres tombantes. La sorte d’oiseau, quant à elle, étendit ses immenses ailes et s’envola dans le ciel obscur…

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