Poésie : Les mathématiques
J’ai vraiment oublié le jour,
Mais tout a commencé au CM2.
Mr X se donnait le plaisir vicieux
De crier : « La mathématique est un jeu ! »
Je n’avais aucune raison de douter du vieux.
Bah là, au collège, j’ai ouvert les yeux.
Peut-être que cela est vrai sous d’autres cieux.
À ma rencontre des identités remarquables,
Sa phrase m’est revenue, mais telle une fable,
Et donc dénudée de sens tant c’était fatal.
Au besoin, crois-moi, j’ai beau développer,
Réduire et même factoriser de bonne heure,
Hélas, l’expression conservait sa longueur.
Le mal grandit au niveau de Pythagore,
Ce qui jadis « jeu » demandait plus d’efforts.
Je m’envolai vers les nombres complexes,
Croyant pouvoir amoindrir l’ivresse
Que donnaient les propriétés de Thalès,
Mais là-bas, frère, je ne vis point la paix.
J’ai préféré les calculs de chiffres impairs,
De nombres décimaux et de nombres pairs ;
Jusque-là, c’étaient, ma foi, des préliminaires.
À la vue des fameuses études de fonctions,
J’analysai des polynômes avec logique,
Je forçais mon esprit à de vaines réflexions.
Je compris que Mr X ne disait pas la vérité :
C’était juste une phrase euphémisée.
Les maths sont tout sauf des jeux,
Car au cerveau, elles laissent des bleus.
D’ailleurs, alors que le jeu distrait,
Les maths excluent ce trait.

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