Serge (par 2xDoo)

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L'émission de Judith marchait pas mal, j'arrivais à sortir des parts de marché intéressantes dans le petit monde de la radio, mais ça plafonnait un peu. J'essayais de la conseiller pour qu'elle fasse mieux, mais depuis qu'elle était ma femme, elle se permettait de me répondre. Je n'insistais pas trop car je savais que ça allait être ceinture sinon. Je me tâtais à la remplacer car elle n'acceptait que moyennement mon autorité et ça me déplaisait fortement. Je l'avais épousé car c'est une jolie femme et j'aimais être bien accompagné, surtout lors des soirées mondaines. En plus, pour ne rien gacher, notre mariage avait fait le buzz. Ce qui avait considérablement augmenter l'audimat de son émission, mais là, ça stagnait et ça m'énervait.

Elle avait eu l'idée de lancer un radio-crochet avec des comiques. Ce n'était pas trop ma came, je préfèrai le sensationnel. Mais bon, je l'avais laissé faire, si elle se plantait, ça m'aurait donner un prétexte pour la virer. Et puis, j'avais assez de moyen pour qu'elle reste à la maison à se pomponner pour moi. Pas pour pouponner par contre, je commençais à redouter le moment où elle me parlerait d'envie de bébé. C'était pas du tout dans mes plans et surtout, ça allait l'abîmer et elle ne pourrait plus faire les couvertures des magazines.

Le concours de chronique humoristique avait plutôt bien fonctionné à ma grande surprise, du coup je l'avais gardé en poste. Les finances était au beau fixe, j'attendais de pouvoir m'acheter une chaine de télévision, j'étais sûr que le physique de Judith ferait monter les bénéfices. De mon point de vue, elle avait un plus grand potentiel avec de l'image. C'était les nombreux commentaires suggestifs postés sur les extraits Youtube qui me faisaient penser ça. Elle me disait qu'elle ne les lisait jamais mais curieusement, elle suivait certains conseils concernant la mise en avant de son decolleté. Je n'allais pas m'en plaindre, tant que ça augmente mes dividendes.

La plupart des comiques qui passait avaient des vannes prêtes à l'emploi et réchauffées, mais il y en avait un qui avait littéralement pété la baraque. Je lui ai tout de suite mis le grappin dessus, je ne voulais absolument pas qu'il parte à la concurrence. Quand on croise des pépites, on serre les dents et on ne les lâche surtout pas. Il s'appelait Olivier, Judith m'avait dit après sa victoire que c'était elle qui lui avait dit d'essayer. Elle l'avait rencontré à un mariage d'amis à elle. Mariage auquel je n'avais pas envie d'aller, j'avais mieux à faire ce soir là, c'était évident. Et puis ses amis, sans commentaire. Peut-être avait-elle un talent caché de chasseuse de tête ? Je pourrai la recycler à l'avenir !

J'avais donc proposé à cet Olivier un poste de chroniqueur puis j'avais biaisé les résultats pour lui faire gagner le concours, évidemment ! Il faut toujours contrôler son monde. Il avait accepté un cachet raisonnable. Dès ses premières interventions, l'audimat avait explosé, il savait y faire, et ça m'avait rapporté un bon paquet de pognon. Avec, je m'étais acheté une Jaguar de collection noire. j'avais même acheté une robe rouge sur mesure à Judith. Je n'arrivais jamais à retenir la date de son anniversaire, alors je lui achètais souvent des trucs. Surtout en revenant de voyage après l'avoir laisser seule dans la villa. J'espèrais évidemment un câlin pour mon retour mais c'était rarement le cas, ça me frustrait. Elle me devait bien ça pourtant ! J'avais fini par prendre des escorts dans mes voyages pour obtenir ce dont j'avais besoin.

Olivier chroniquait donc chaque jour, sauf le weekend, dans l'émission de Judith. La paire fonctionnait plutôt pas mal. Les commentaires sur Youtube louaient l'humour d'Olivier et les seins de Judith. Certains les voyaient bien ensemble, c'était une piste à explorer pour faire du buzz. Mais s'il la touchait, il était mort ! Et elle aussi ! Elle était à moi, rien qu'à moi ! Sinon ça sert à quoi de se marier à part coûter cher !

Un soir, Judith m'avait fait part du projet d'Olivier de se lancer dans le one-man show. J'avais quelques contacts, et avec son talent, j'allais encore pouvoir banquer à max. Il fallait que je sois de la partie. Alors, je lui fis la proposition d'être le producteur et que la radio soit le sponsor officiel. Elle était ravie, me sauta au cou et m'embrassa. Je n'avais pu lui refuser son envie d'être la manager de la tournée. Pour arroser ce deal, j'avais sorti le champagne et je l'avais fait boire. Elle avait été curieusement très coopérative ensuite pour mon plus grand plaisir.

La tournée d'Olivier se passait à merveille, il faisait complet à chacune des dates. J'avais pu m'acheter quelques autres voitures et j'allais bientôt pouvoir acquérir une chaine de télévision Franco-Belge. Judith était beaucoup engagée dans cette tournée, elle ne l'avait jamais été autant. Du coup, ce qui instilla des doutes dans mon esrit. J'avais naturellement engagé un détective pour la faire suivre. Telle ne fut pas ma surprise devant l'amoncellement de clichés à caractère sexuel d'Olivier et Judith. J'avais envie de hurler, de crier, de tout défoncer. L'un comme l'autre étaient mes jouets et ils se jouaient de moi dans mon dos.

Je tentais de conserver la poker-face devant Judith à la maison et face à Olivier quand je le croisais à la radio. Mais je ruminais, je fulminais, je bouillonnais intérieurement devant ces deux petites merdes. Il fallait absolument que m'en débarrasser même si ça me faisait un manque à gagner. Judith, elle serait facilement remplaçable, à la radio comme à la maison. Olivier, ça serait sûrement plus dur mais ça ferait une enflure de moins. Nettoyage de Printemps !

J'ai attendu la dernière date de la tournée d'Olivier, histoire de ne pas avoir à rembourser les places achetées. Et je suis allé dans sa loge avec du rhum, arrangé à ma sauce. Je l'ai fait boire et j'ai appuyé sur tous les moments qui faisaient qu'il était à moi, que sans moi, il ne serait rien. J'ai réussi à lui dire en paraissant joyeux mais j'avais envie de lui fracasser le crâne dans le miroir, le voir couvert de sang, éborgné, lacéré. Judith m'éxaspérait aussi avec ses yeux de biches, elle ressemblait de plus en plus à un teckel.

En partant, je l'ai joué fine. J'ai dit à Judith qu'elle pouvait resté pour fêter ça dignement avec Olivier et que je leur laissais la Jaguar. Leurs sourires me donnèrent presque envie de vomir. J'ai pris un malin plaisir à couper les freins, juste assez pour qu'on ne me suspecte pas, puis j'ai appelé le taxi.

J'ai attendu ensuite toute la nuit le fameux appel et me préparait à jouer le veuf éploré. Etape 1.

J'engagerai ensuite quelqu'un pour écrire un bouquin sur la tragédie. Etape 2.

Le livre fera à coup sûr un carton, plein de billets dans l'escarcelle pour bibi. Etape 3.

Et je trouverai certainement de charmantes lectrices pour me réconforter. Etape 4.

DRRRRIIIIINNNNNGGG !

Tout est bien qui finit bien !

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