53 Brocéliande - Trois bières

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Edmond et Henri posent leurs chariots devant le club house et tous les trois entrent dans le bâtiment.

Mila descend dans les vestiaires dames. Elle nettoie ses mains, jette un œil au miroir et y voit une jeune femme aux joues très rouges, un bonnet noir sur la tête, des mèches de cheveux dorés qui s’en échappent. Elle enlève le bonnet, passe les mains dans ses cheveux, mouille une serviette avec de l’eau chaude et se nettoie le visage. Elle retire sa veste et se retrouve en col roulé gris montrant clairement sa poitrine avantageuse. Elle est surprise, n’ayant pas pensé à cette conséquence-là du vêtement choisi uniquement vis-à-vis de la température de la journée. Elle ferme les yeux, soupire et rejoint les garçons.

 

Henri et Edmond discutent avec un cuistot. Ils la regardent arriver, Henri détourne le regard, Edmond l’examine, plus bas que le visage. Ils s’assoient à une petite table. Mila et Edmond, côte à côte sur la banquette, Henri face à Mila.

Un serveur s’approche et leur tend les cartes.

Henri :

— Je voudrais vous remercier tous les deux. J’ai passé un très bon moment. Vous connaissez l’expression : "On connaît mieux une personne après un parcours de 18 trous qu'après 18 ans passés dans le même bureau » ? Eh bien je suis ravi d’avoir fait ce parcours avec vous, Edmond, je ne vous savais pas si loquace !

Il rit.

Le serveur apporte les bières, prend leurs commandes.

Henri à Mila :

— Alors vous étiez 4. Pourquoi avoir arrêté ? Si j’étais 4 je me pavanerais ici tous les week-ends !

Mila souffle.

— Le golf est peut-être un sport individuel mais je suis comme vous, ce que j’aime ce sont les gens avec qui on joue. Alors quand j’ai quitté mes partenaires, je n’ai plus eu envie de jouer.

Un homme s’approche d’Henri et lui serre la main.

— Henri, à bientôt.

— À bientôt Jacques !

Le monsieur s’éloigne.

— Excusez-moi, en tant que propriétaire du golf, j’ai deux ou trois obligations. Donc cette après-midi, nous allons discuter avec Edmond des deux esquisses qu’il nous a faites.

Il regarde Edmond.

— Puis nous trancherons. Mademoiselle Magnan, je veux voir avec vous pour les extérieurs. Ça vous va ?

Edmond et Mila acquiescent.

— Ensuite je vous laisserai aller sur la parcelle ensemble, je dois malheureusement partir de bonne heure.

Mila :

— Vous avez acheté ces terrains il y a longtemps ?

— Oui. Il y a une vingtaine d’années.

Songeur soudain.

— Avec ma femme.

Il soupire, sourit.

— Maintenant j’ai le golf, un hôtel aussi pas trop loin, avec bains bouillonnants, SPA etc... pour les dames qui ne golfent pas. Et puis la maison qu’Edmond a conçue il y a trois ans avant de partir. Et bientôt donc, la nouvelle. La seule chose que je n’ai pas pu faire à ma façon ici, c’est l’aménagement routier qui dessert tout cela…

Mila, étonnée :

— Votre maison a été dessinée par Edmond ?

— Oui. Il ne vous en a pas parlé ?

Mila jette un œil à Edmond qui a détourné la tête et étendu son bras du côté opposé à Mila.

Les plats arrivent, ils commencent à manger. Henri explique :

— Edmond nous a fait les plans de la maison que vous verrez tout à l’heure. Une grande et belle maison, magnifique, fonctionnelle. Les enfants l’appellent « la soucoupe volante ». Mais vous jugerez par vous-même.

Edmond :

— Blanche retape une très belle maison en pierre.

Mila rougit jusqu’aux oreilles, la tête baissée.

— Ah bon… ! Où ça ?

Mila :

— À quarante minutes de Nyons, sur le coteau de Saint-Julien.

Edmond complète, comme à regret :

— Avec une vue sublime sur la vallée du Lignon.

Henri surpris :

— Vous faites cela toute seule ?

— Non, l’entreprise Robert me fait pas mal de choses.

Edmond n’y tenant plus, lâche :

— L’entreprise Robert fait tout ce que Blanche Magnan ne peut pas, mais vraiment pas, faire toute seule !

— Pourquoi vous ne faites pas tout faire ?

— D’abord parce que je n’ai pas tout à fait les moyens. Ensuite parce que j’ai besoin de toucher, de m’approprier les choses…

— Et vous avez beaucoup à faire ?

Mila regarde Edmond en coin :

— Euh... non plus maintenant. Le plus gros est fait. Le gros œuvre et le second œuvre, les lots techniques… Elle est habitable.

Edmond ricane.

Henri les regarde tous les deux.

— Vous êtes ensemble depuis longtemps ?

Mila :

— … Nous ne sommes pas ensemble.

— … Pardon… ! J’avais cru.

Il reprend une lichette de sa bière.

 

Ils finissent de manger, Henri leur explique qu’il leur offre le repas, qu’il n’y a rien à discuter.

Henri :

— Bon. À la douche et on se retrouve sur le parking. Blanche, Edmond m’emmène, vous venez avec nous ? Inutile de prendre une seconde voiture. La maison et le terrain sont difficiles d’accès, autant y aller à un seul véhicule.

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