Chez le Tatueur
Cela devait être sa plus belle journée,
Son vœu le plus cher : se faire tatouer.
Un motif aux allures diaboliques,
Qui s'achève en un destin tragique.
Il ouvrit la porte, le sourire aux lèvres,
L'instant attendu, l'argent économisé.
Le temps de concrétiser, l'heure de se livrer,
Ce joli motif restera gravé tel un livre.
Le tatoueur arborait un sourire confiant,
Mettant à l'aise cet ado aux traits d'enfant.
Il prit place sur ce siège tout confort,
Montrant l'œuvre qu'il désirait sur son corps :
Un simple pentagramme sur son bras musclé.
Jamais il ne se douterait qu'il resterait enfermé.
L'artiste, se prétendant original,
Le sangla totalement, tel un rituel banal,
De la tête jusqu'au bout des orteils.
En cette période d'Halloween, rien d'anormal.
L'homme saisit alors un scalpel aiguisé,
Et sur l'adolescent, sa tête vint pencher.
La terreur se fit alors entendre,
Se débattant trop tard, il se laissa surprendre.
La lame joua une musique inaudible,
Aux notes sanguinolentes et silencieuses.
Il fixait les yeux de son client fébrile,
La pointe de l'acier s'enfonçait, implacable.
Un fleuve rougeâtre s'écoulait peu à peu,
Tout son corps se mit à trembler de ce jeu.
La satisfaction du plaisir prit le pouvoir,
Les yeux du garçon sombrèrent dans le désespoir.
Le tranchant continuait sa macabre balade,
Entre odeur ferreuse et larmes alcalines.
La victime, de douleur, encore se dandine,
Mais l'arme se lassa de cette promenade...
Quand soudain, elle s'enfonça au fond de la rétine,
Cet endroit précieux où règne la gélatine.
Il en sortit alors son globe oculaire,
Qui finira sa vie dans un pot, au frigidaire.
Quant à son corps, sa peau est un sanctuaire,
Aux couleurs indélébiles d'un rouge sanguinaire.

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