Chapitre 1 – Nouveaux foyers, nouveaux départs
« Vers la fin du XVIIe siècle, les humains cessèrent de croire au surnaturel.
La science et la raison prirent sa place.
Alors, les peuples anciens quittèrent la Terre.
En une traversée unique, ils fondèrent un monde parallèle, nourri uniquement par la magie.
Après toutes les horreurs vues et vécues, ils s’installèrent dans leur nouveau royaume : Esaudoni. » — Journal du premier Polymorphe.
— — —
Aila (se prononce “ella”)
Juillet, 14h, Quartier Rich’omes, Esaudoni.
Clic clic
Ma clé tourna dans la serrure.
Ma main abaissa la poignée et la porte s’ouvrit avec un léger grincement, comme si elle me souhaitait la bienvenue.
GNIIIIHHHH
« Alors c’est bon ? Je suis enfin chez MOI ?! »
Mon regard parcouru les murs vides et l’escalier somptueux de cette maison.
Tout ça était à moi et j’y étais arrivée toute seule.
Bah oui, personne ne pouvait se payer un manoir dans le quartier le plus cher d’Esaudoni.
— PARDON !! PARDON !! PARDOOONNNN !!
Je me suis décalée pour laisser passer ma meilleure amie Éléa.
La blondine me passa devant, les bras chargés de cartons, et fonça à l’étage.
— Dites, on mange quoi ce soir ? questionna Grâce en suivant Éléa. Je prépare un truc ?
Elle tenait un sac rempli de ses ustensils de cuisine. Et pas le petit ! Le gros, là, pour faire des courses. Elle s'apprêtait à se rendre à la cuisine mais je l’ai arrêté.
— On a rien dans le frigo, on commandera des pizzas !
Je vis Grâce grimacer mais elle n’a pas protesté.
— Aila !! Viens chercher tes foutues affaires !!
Je me suis tournée et ai tiré la langue à Renn, mon meilleur ami.
Aujourd’hui, il n’y avait que nous quatre mais dès ce soir, le reste de notre groupe allait nous rejoindre.
— Allez Aila, dépêche toi, c’est pas moi qui vais sortir tes affaires ! Et ta couverture ? C’est moi qui…
— PAS TOUCHE À MON BÉBÉ !! j’hurlais avant de m'élancer jusqu’au véhicule.
Renn me contempla, un sourire amusé sur les lèvres, alors que je dévalais les escaliers du porches et me retrouvais dans l’immense cour d’entrée.
Je le rejoignis et me jetais littéralement sur le siège du passager avant, attrapant ma douce étoffe rougeâtre.
— Bon, moi, j’y vais, lança Renn.
— Attends-moi !!
Je saisis brusquement mon énorme sac à dos et ma jolie petite couverture chérie.
Renn était déjà dans les escaliers. Il passa l’arche de bois blanc qui forme l’entrée et s’arrêta sur le palier.
SSSNNNEEEUUFFF
Je l’entendis renifler bruyamment avant de réellement pénétrer dans le hall, moi sur ses talons.
— Bon, qui veut quoi ? s’enquit Grâce en surgissant de la salle à manger, téléphone en main. Je vais faire une liste pour commander toute à l’heure.
Je vis Éléa descendre en trombe l’escalier de marbre – l’appel de la bouffe ayant visiblement fait effet. Elle s’arrêta à quelques cheveux de Grâce, tout sourire, et s’exclama :
— Pour moi, ça sera une ananas taille XXL
— Savoyarde, raclette ou tartiflette de la même taille, enchaînais-je aussitôt.
Grâce acquiesça lentement, prenant des notes sur son tel.
— T’es sure que tu vas la finir ? fit Renn en se retenant, tant bien que mal, de rire.
— Ta gueule… enfin non, pas ta gueule.. MAIS SI, TA GUEULE !!
Je lui jetais un regard noir mais… il ne nous fallut que quelques secondes pour partir dans un fou rire incontrôlable.
Tous les quatres.
— Bon, souffla Renn une fois la crise passée, prends-moi une saignante, et au pire, j’aiderai Lala à finir sa pizza. En attendant, je monte voir MA CHAMBRE !!
Mes sourcils se froncèrent d’eux-mêmes sous l’humiliation du surnom – surnom qui m’est attribué depuis la nuit des temps, qui ne m’a jamais quitté, ne me quittera jamais et que tout le monde utilise… Génial !!
Mais Renn avait déjà disparu… seule son odeur d’épines de sapin flottait encore dans l’air.
— Oh ! Aila, viens m’aider à ranger mes affaires, à deux ça sera plus rapide ! s’exclama Éléa en m’attrapant le bras… – et en me bousillant les tympans !
Ni une ni deux, elle m’entraîna à sa suite pour…la plus longue session de rangement de ma vie…
Et je détestais ça, le rangement…
Malheureusement, je ne pus m’empêcher de grogner de frustration… oui, à 23 ans, j’étais encore une vraie gamine !
— — —
Khay
Juillet, 15h, Quartier Pauvr’omes, Esaudoni.
Crrrrcrak
Ça, ce fut le bruit que fit la porte lorsque je l’ai enfoncée.
Cette maison était un vrai taudis… rien que son entrée en était la preuve !
— Tonton, c’est notre nouvelle maison ? souffla ma nièce, Lilou.
Sa toute petite main tenait le bas de mon jogging avec une force surprenante.
Elle avait quatre ans… et demi – comme elle le dit si souvent.
Je lui ai adressé mon plus beau sourire avant d’acquiescer :
— Et oui, Lili, tu vas voir, cette maison est déjà incroyable !
Mensonge.
Mais Lilou ne s’en rendit pas compte, elle écarta ses lèvres qui remontèrent jusqu’à ses oreilles, et se précipita à l’intérieur.
— Pfff, tu vas avoir besoin d’aide ? soupira Benjamin en me rejoignant, le petit Eliot endormi dans ses bras.
Benjamin – plus connu sous le nom de Ben – était mon meilleur ami.
Toujours là dans les pires, comme dans les meilleurs moments… enfin bon, surtout dans les pires vu que la chance ne m’a jamais vraiment souri.
— Ouais, sûrement… mais je ne vais pas te laisser dormir dans ce dépotoir, ce soir, t’es pas obligé de rester.
Ben leva les yeux au ciel, me bouscula d’un coup de coude et s’engouffra dans mon nouveau chez moi.
Le dernier avait brûlé dans un incendie… le même qui avait coûté la vie à ma sœur il y a deux semaines…
Lilou ne le savait pas encore… et Eliot ?
Bien qu’il était aussi mon neveu, il était bien trop jeune pour comprendre ça…
— On avait dit “à la vie, à la mort” ! clama Ben. Oh, Lilou ! Tu as vu ta chambre ? Elle est belle n’est ce pas ?
« Chambre que nous partagerons à trois… j’avais la mienne à moi seul, avant… »
Je m’empressais de refermer la porte, m’éloignant enfin des rayons du soleil.
Honnêtement, les vampires sont les meilleures créatures qui existent ! Leur seul défaut est leur non-résistance à une trop grande luminosité/chaleur.
Heureusement, nous sommes aussi les plus intelligents !
Prenez les sirènes, les fées, les magiciens et… les loups-garous – nos plus grands ennemis. Aucun n’aurait su, un jour, inventer une pommade qui nous protège des rayons du grand astre jaune durant quelques heures.
Et oui, c’est grâce à ça que j’ai pu, pour la première fois, voir le soleil à mes 9 ans !
Bon, assez de nostalgie.
Les rideaux du salon–entrée étaient tous fermés.
Seul le noirs complet régnait.
Ça tombe bien ! Qui, à part nous, pourrait avoir une superbe vision nocturne ?!
Ah oui… les loups-garous… mais eux sont… des anomalies ! Voilà !
Et…
— À quoi tu penses ? m’interrogea Benjamin.
Il avait déposé mon neveu sur un petit tapis propre pour enfants, que j'avais volé la veille.
— Au repas de ce soir.
Mon ami s’esclaffa.
— Ha ! Toujours à vouloir bouffer, toi ! Tu sais que c’est dans au moins 5 heures ?
— Ouais mais c’est dans 5 heures de moins que ce matin.
Benjamain sourit et dévoila ses dents impeccablement blanches… – total opposé de la couleur de ses cheveux.
—Tout à l’heure, tu veux qu’on retrouve le policier de Mercredi ? Ah, j’te jure qu’il m’a cassé les couilles, c'lui là, si je le retrouve je lui ferai…
— Les gros mots, Khay ! T’as oublié tes neveux ?! m’interrompit mon ami.
Ah oui… merde.
Mais Lilou n’était pas là, enfermée dans la chambre, et Eliot ne comprenait pas un mot alors…
« Non Khay ! Tu dois montrer l’exemple ! On sait tous que t’es un gros bâtard merdeux mais devant les petits, t’es l’oncle parfait ! »
Oui, parfait !
— HIIIII !!
Le cri m’alerta aussitôt. Le peu de sang que j’avais quitta mon visage et se figea. Déjà, je me précipitai dans la chambre à coucher.
Là, ma nièce pleurait à chaudes larmes, montrant une fenêtre avec des rideaux ouverts.
— Qu’est-ce qu’il y a Lilou ? Tu t’es blessée ? Le soleil t'as brûlée ? Tu…
— Là…, gémit-elle, le rideau… il a bougé tout seul.
Mon regard se durcit alors que je me levais et parcourait la pièce.
J’avais un très mauvais pressentiment.
« Un truc qui tremble, cherche un truc qui tremble… cherche un truc qui… »
— YAHA !!
En criant, je me me jetais sur un nounours qui tremblotait à terre.
Le jouet poussa un cri et une drôle de fumée en sortie…
Un fantôme.
— Hey ! s’exclama-t-il avec un sourire forcé. Je me nomme Ernold.
Mon regard le dévisagea, scrutant ses vieux habits de cow boy démodés qui puaient le renfermer .
Ses yeux ambrés me fixent aussi, ses pupilles estompées et fendues me faisaient pensées à… ces saletés de clébards…
— Qu’est-ce que t’es et que fais tu chez moi ? crachai-je avec dégoût.
Le visage de l’homme s’assombrit et son regard sembla comme me jeter des lames.
— Eh bien, je suis un loup-garou mort, devenu spectre et…, je ne suis pas désolé car les vampires ne sont pas acceptés ici !
À cet instant, mon monde s’écroula et la rage m’assaillit.
« Putain de merde…, tu fais chier Lexy ! »
— — —
Aila
Juillet, 17h, Quartier Rich’omes, Esaudoni.
Le siège était doux et moelleux – tout comme la couverture qui me couvrait.
Et, dans mon dos, un petit coussin me dérangeait depuis quelques minutes.
Le bruit de la télé faisait un doux bruit de fond.
— Oh ! Mais je vous ai pas diiiit !! Kyle et Serena ne sont PLUS EN COUPLE !!! s’exclama Éléa en sautant du canapé.
— Vraiment ? Rassieds toi, ma vie, lâchais-je avec nonchalance, mon regard se posant sur l’écran de la télé.
C'était un épisode des Teens titans. Un dessin animé de notre enfance à chacun. Ce n’était pas ma série préférée mais je l’appréciais et tout le monde l'aimait bien.
—Pfffff… Elles arrivent quand les pizzas ? grogna Renn en dévoilant ses dents saillantes.
Un vampire.
Un des rares à avoir un caractère “potable” !
« Qu’est-ce que je raconte ?! Renn est ADORABLE !!! »
On était amis depuis une bonne dizaine d’années et il ne s’était fâché contre moi que trois fois. C’était de grosses colères et… je l’avais bien mérité à chaque fois… Le pire c’était qu’il s’excusait après – quand J’ÉTAIS fautive !
Bref, il dépassait les stéréotypes de lui-même.
Quant à Grâce et Éléa, la première est magicienne et la seconde est une élémentaire du feu.
Je me reconnecte à la conversation à un moment où Éléa sortit une réplique du style “C’est toujours pareil, pas vrai, Aila ?”.
Ce à quoi je répondis un vague “hmMm… ouais…”
— Les pizzas ! Les pizzas ! Les pizzas ! clama alors Éléa.
Elle fut bientôt rejointe par Grâce et Renn, et enfin par moi – sans surprise, je rentre toujours dans leurs délires.
Et puis…, alors qu’on se mettait à bondir partout comme des gamins sous Red Bull, la sonnette retentit.
DING DONG
— PIZZA !! hurlai-je, toujours dans le délire.
J’enjambais le canapé d’un bond et je courus jusque dans l’entrée. D’un geste, j’ouvris la porte, les yeux brillants d’impatience.
— PIIIZZAAaaah…, criai-je avant de me rendre compte que… celui qui se tenait devant moi n'était PAS le livreur !
Derrière moi, Éléa me rejoignit bien vite et je l’entendis s'esclaffer de déception.
— Nan ! gémit-je en me jetant au sol, simulant ma fin.
— Ah bah super l’accueil ! soupira l’un des nouveaux arrivants.
Enzo.
Il bouscula son pote, Maxime, et s’introduisit chez nous.
— Qu’est-c’qui c’passe ? fit Grâce.
Elle glissa un œil dans l’entrée avant de se mettre elle aussi à brailler :
— MAXIME ?!! ENZO !!!
Elle débarqua alors, surexcitée – état qu'elle ne se permettait que lorsqu’elle était avec nous.
Maxime se mit aussitôt à sourire comme un fou.
Enfin, il souriait déjà mais son sourire s’agrandit bien plus que je ne l’aurais cru possible.
— Salut, souffla-t-il en pénétrant à la suite d’Enzo.
Il me tendit la main et m’aida à me relever.
Les deux étaient assez opposés. Maxime était timide, Enzo était “cru” – ou “cash, comme on a l’habitude de dire.
Mais étonnement, ils étaient meilleurs amis.
Non, frères de coeur ! – comme mes relations avec Renn, Grâce, Elea et Océane.
Grâce s’empressa de les mener au salon, leur présentant chaque nouveau mur.
— C’est pas si mal, ici, marmonna Enzo en découvrant le salon.
Il évalua le canapé, la table basse, la cheminée, les quelques vieilles décorations qui étaient encore dans le coin de la pièce, la télé et l’émission qui y passait.
— Oh, vous regardez les Teens titans ?! s’exclama Maxime.
D’un bond, je me réinstallais à ma place et mon ami se plaça près de moi.
— Oui, aucun d’entre-eux ne voulait regarder Dan dan dan !
Enzo s’assit sur un fauteuil et ricana :
— Tu regardes ça, toi ? T’es pas plutôt style “ma vie avec les walter boys” ?
Une émotion d’horreur mélangée à du désespoir me passa sur le visage.
— Franchement, cette série n’est pas nulle mais c’est exactement le type de situation où l'auteur fait faire à la fille des choix que je n’approuve ABSOLUMENT PAS, annonçais-je haut et fort, sans détour. Et tout ça JUSTEMENT parce que ça fait rager le lecteur !! Et je le sais parce que je fais la même !! Et c’est très marrant !! MAIS ÉNERVANT DANS L’AUTRE SENS !!!
» Nan mais franchement ?! Jackie ne peut-elle pas juste choisir l’un d’entre eux et BASTA ?!! Et surtout pas Cole ! Ça ferait trop cliché ! Et d’ailleurs, Cole, lui, il pourrait pas juste SE REPRENDRE ?! Nan, nan ! Faut qu’il fasse de la merde !
Je m’avachis dans le siège, plus que frustrée par le sujet.
Mes amis me laissèrent terminer mon monologue avant d’éclater de rire.
Tous.
Sans exception.
Mais avant que l’un d’entre eux ne réponde, le téléphone sonna.
Renn, tentant tant bien que mal de calmer son fou rire, décrocha.
— A..All… Allo ?
Son seul mot prononcé, il se remit à grimacer d’euphorie.
— Orh ! Donne moi ça ! ordonnais-je en saisissant le mobile.
La voix d’Harry retentit alors.
— Renn ? krrr Tout va bien ?
— Oh, salut Harry, c’est Aila. Ne t'inquiète pas, Renn est juste en train de crever de rire.
Je l’entendis pouffer, lui aussi.
Bon, remarque, la bande de fous qui m’entourait avait quasiment les larmes aux yeux.
« Je peux être si drôle que ça ?! »
— Où en êtes vous ? continuai-je en lançant des regards noirs aux timbrés.
— Ah euh…
Harry sembla hésiter.
La ligne se mit à grésiller alors qu’il reprenait.
— On…KRRRPT… embouteillage… KRPPT tempête BRPTTR sais pas… PRRRRRTTT après-demain…
Puis, l’appel se coupa.
Lorsque je rendis son téléphone à Renn, perplexe, une demi-dizaine de paires d’yeux me fixaient, attendant des explications.
— Ok, Harry m’a dit “On”, “embouteillage”, “tempête”, “sais pas”, et “après-demain”.
— Mais c’est pas une phrase, ça ! rala aussitôt Enzo.
Je le regardai en haussant les épaules :
— Bah ouais, je sais mais j’ai rien compris d’autre.
Il grimaça d’un air enfantin mais n’ajouta rien.
— Ah ouais, marmonna Renn en scrollant sur son tel. Une tempête est prévue pour ce soir… Sacrées sirènes.
Nous poussâmes tous un soupir exaspéré.
C’était déjà la quatrième fois, ce mois-ci, que ces êtres de l’eau bloquaient toutes routes à un rayon de 100km de leur crique… et nous n’étions que le 12.
— Bon, peut-être que la bande est coincée sur la route MAIS nos pizzas devraient quand même bientôt arriver !! s’écria Éléa.
Elle se leva et commença à danser.
— Alexia, lance Animals de Maroon 5 !! lançais-je à l’assistante vocale avant de bondir du canapé et d’accompagner mon amie. Baby, I'm preying on you tonight !
— Hunt you down eat you alive ! continua Grâce, laissant éclater son sourire.
Nous nous prîmes la main et nous mîmes à tourner en rond.
— Just like animals !! Animals !! Like animals-mals !! avons-nous crié en cœur.
Non, nous n’étions pas une secte…
Ni complétement tarés… bon, ok, peut-être un peu…
— Regardez moi ces folles, soupira Enzo en se plongeant dans son téléphone, tentant de dissimuler son sourire.
« Même lui est d’accord !! »
Maxime et Renn se levèrent pour nous rejoindre et nous chantâmes le refrain ensemble.
— Baby I'm preying on you tonight ! Hunt you down eat you alive !
Nos voix couvraient le bruit de la télé.
Je me pris les pieds dans le tapis et manquais de tomber.
Mais je me suis ressaisi à temps.
— Just like animals ! Animals ! Like animals-mals !
En soupirant, Enzo attrapa la télécommande et baissa le son à 5… comme s’il ne voulais pas que la série nous interrompe.
— Maybe you think that you can hide ! I can smell your scent for miles !
— Vous avez finis ? grogna-t-il.
Il garda son visage collé à son téléphone mais nous ne l’écoutions déjà plus.
Nous nous lâchâmes et j’en profitai pour sauter sur le dos de Renn.
Il n’en fut pas enchanté mais me laissa faire, alors que nous gueulions à plein poumons :
— JUST LIKE ANIMALS !! ANIMALS !! LIKE ANIMALS-MALS !!
Pour clôturer le tout, et accompagnée de Maxime, je poussai un hurlement digne du loup-garou que j’étais.
Excédé, Enzo se leva enfin, sépara tout le monde et m’attrapa dans ses bras pour me faire descendre sans douceur. En grimaçant je le laissais faire, il profita de mon silence et annonça :
— J’ai annuler les pizzas et commandé des sushis.
Il reçut des regards de mort.
Cinq, plus précisément.
Dans ma tête, déjà, s’échafaudaient une dizaine de plans meurtriers ou tortionnaire.
La musique ne résonnait plus en nous… mais elle nous inspirait presque !
— Tu as fait quoi, murmura Renn, l’air dévasté.
— Plus de pizzas ? demanda Éléa en prenant un air malheureux.
— DES SUSHIS ??!! MAIS JE DÉTESTE ÇA !! hurlais-je.
Enzo me fit un petit sourire moqueur et expliqua :
— Je sais, c’est pour ça que j’ai choisi ça !
— QUOUAH ???!!!
Cette fois, on s'était tous écriés en même temps.
Sauf Maxime, il regardait silencieusement son meilleur ami comme si c’était la trahison du siècle.
— Comment-as-tu pu ? souffla-t-il.
Puis…
DING DONG
— What the heck ? bafouilla Grâce en lançant des regards confus. Les sushis sont déjà là ?!
— Mais non ! s’énerva Enzo, levant les bras au ciel. C’est vos pizzas, gros malins que vous êtes ! J’ai rien commandé du tout, et encore moins annulé, c’était une blague !
Un silence suivit sa révélation et ensuite…
Nouvelle tempête de rires.
— Je vais ouvrir, grommela Enzo d’un ton las.
Il nous laissa là, tordus de rire.
La musique se termina et une autre commença.
— SEVEN YEARS !! vociférais-je, reconnaissant la musique.
Dans l’entrée, j’entendis Enzo pester sur la nature de mes braillements pendant qu’il déverrouiller la porte.
— Once, I was seven years old, entonnais-je, my mama told me…
— TA GUEULE !! rugit Enzo.
J’obéis aussitôt, consciente que c’était lui qui ramenait les pizzas – et qui détenait notre survie à tous entre les mains.
Je me suis rassise à ma place et me suis couverte de MA COUVERTURE ADORÉE QUE J’AIME DE TOUT MON ÊTRE !! – et qui était juste étalée sous mes fesses.
Mes amis reprirent une discussion un minimum “normale” – parler de la fréquence des bains des hippo n’est pas naturel mais on fera avec… au fait, c’est Renn qui l’a lancé, la discussion.
Enzo finit par revenir, entouré de la douce odeur de pizza qui emplit la pièce. Elle s’intensifia lorsqu’Enzo ouvrit les boites et les exposa devant nous, sur la table basse.
— Miam, saliva Grâce.
Enfin, le repas était arrivé !
Nous allions nous régaler.
— Bon appétit les amis, lançais-je en attrapant une part de ma pizza.
— Attendez !
Tous les regards se tournèrent vers Maxime qui s’était réinstallé près de moi. Il se redressa, gêné, leva sa part de pizza et dit :
— À notre nouvelle vie !
Nous reprîmes tous en cœur.
— À notre nouvelle vie !
« Oui, à notre nouvelle vie, à notre nouvelle maison, à nos nouvelles rencontres, à toutes ces bonnes choses de la vie ! »
Et ENFIN, j’engloutis mon savoureux repas.
— — —

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