Les Gravas

Une minute de lecture

C'est un endroit qui me rappelle la quiétude que l'on trouve au pied du chêne, entre trois bottes de foins solitaires.

Le soleil passe rasant, et l'on entend le glapissement, le sifflement d'une balle gnôlée dans les airs.

L'on s'y assoit, sur une vieille souche et le fond de l'air vous gratte la gorge.

C'est comme s'asseoir au pied du chêne entre trois bottes de foin. L'on rêve de la douceur de la bise, des plaisirs d'une caresse. On reste là à battre les jambes endolories et l'on se demande si l'on ne va pas fermer les yeux, dormir. Penser doucement aux choses qui s'éteignent, à la mort du jour. Et avoir envie d'embrasser le sol, caresser le bois ; et crier sans témoin si ce n'est deux fidèles innocentes.

Mais il n'y a pas de chêne. Juste des troncs coupés-déchirés.

Et il n'y a pas trois bottes de foins, c'est juste trois monticules cerclés des stigmates d'immenses roues silloneuses : un tas de terre, un tas de plâtre, et un tas d'âcre misère qui retient un reniflement en lançant la balle.

Il compte les choses qu'il a perdu et les riens qu'il a gagné.

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