Chapitre 3 - Deux semaines de trop

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Tom
Le même jour, vendredi 16 mai
Pause de la matinée, 10:25
Hall du lycée

Liv me tient le bras depuis tout à l’heure, m’empêchant de m’en mêler.
Lorsque ma sœur revient vers nous, je remarque qu’elle a perdu toute son assurance ; son regard fuit le nôtre et elle ne dit rien, ses joues encore rosies par la colère.
Notre professeur de maths, Monsieur Richter, s’assure que le calme est revenu, et disparaît dans un couloir, ses bruits de pas qui résonnent.

— Qu’est-ce qu’elle t’a dit ? je demande à Margaux, mes muscles encore tendus.

Je jette un coup d'œil vers la Becker qui discute avec son frère et leurs amis, nous tournant le dos.

— Rien d’important.
— T’’es sûre ? s’enquiert Nick, sourcils froncés.
— J’ai pas envie d’en parler, lui répond-elle, ses yeux verts sur lui. On laisse tomber.
— Mais…
— Arrête, Tom, dit Tobias en m’interrompant. Je crois que c’est bon.
— Viens avec moi, glisse Liv qui me lâche le bras. On vous retrouve après.

Les filles s’éloignent.
Je m’adosse au mur et soupire, les mains dans les poches de mon jean large.

— On devrait arrêter d’en rajouter, nous dit Tobias.

Je tourne la tête vers lui, croisant ses iris bleu foncé, et il hausse une épaule.

— Becker est pas du genre à la fermer. Elle se défend et elle sait le faire, il continue.
— Elle me gonfle avec sa répartie, je souffle.
— Elle agit comme si elle avait rien à se reprocher, reprend Nick, sa langue qui joue avec son piercing.
— Peut-être que c’est un peu vrai… intervient une voix sur ma droite.

Malik s’avance, les mains enfoncées dans les poches de son sweat rouge. Sa carrure prend de la place sans qu’il cherche à intimider. Sa peau noire et son regard tranquille lui donnent une assurance que beaucoup envient. Il n’a jamais eu besoin d’élever la voix pour être entendu.
Il croise mon regard, puis celui de Nick.

— J’aime bien Margaux, reprend-il calmement. Et, vous le savez, je prends le parti de personne. Mais, franchement, vous perdez trop d’énergie à vous battre pour des conneries.

Nick serre la mâchoire, comme s’il voulait répliquer, puis détourne le regard. Tobias, lui, souffle et fronce les sourcils.

— Tu sais ce qu’il s’est passé avec Stan, dit ce dernier.
— Et je sais qu’Alyssa n’a rien fait de mal, acquiesce Malik. Vous attaquez la mauvaise personne.

Je lève les yeux au ciel, agacé, et tourne la tête vers lui.

— T’as toujours de grands discours, Malik. Mais tu comprends rien.

Il ne bouge pas, son expression reste neutre.

— Vous savez aussi bien que moi que c’est pas elle le problème.

Nick se gratte l’arrière de la tête, toujours en train de jouer avec son piercing à la lèvre.
J’ai remarqué qu’il fait ça quand il est énervé, en désaccord, ou simplement impatient.

— C’est cet enculé de Stan, admet-il.
— Il a ajouté un peu plus de merde avant de se barrer, répond Malik en acquiesçant. Les Becker et vous, ça date pas d’hier. Vous vous détestiez déjà bien avant cette histoire.

Ça a toujours été comme ça : une provocation, une vengeance, et ça repart.
Peut-être qu’il a raison. Cette guerre, on l’entretient tous, parce qu’on sait pas faire autrement. Elle a toujours été là.
J’ai beau faire le fier, une partie de moi sait qu’il marque un point : Alyssa Becker n’est pas la plus fautive. Ou en tout cas, pas la seule. Je reste pourtant sur ma position en ce qui la concerne.
Sans rien ajouter, Malik nous sourit doucement et s’éloigne.

— Ça change pas ce que je pense de cette pétasse de Becker, reprend Nick.
— On en est tous là, je réponds, d’accord avec lui.

Entre les Becker et nous, ça n’a jamais été simple. Cette histoire de triangle amoureux entre Margaux, Stan et Alyssa a juste renforcé cette haine installée depuis longtemps.

Dans la soirée, 21:47
Centre-ville, billard

Malgré mon interdiction de sortie, me voilà au billard à jouer avec mon frère, Tobias et les filles. Je sirote mon soda, mes yeux balayant les lieux à la recherche d’une conquête pour la fin de soirée.
La lumière est tamisée, des lampes basses pendent au-dessus des tables. L’odeur du bois ciré et de bière flotte dans l’air.
Je prends la queue de billard et la fais tourner entre mes doigts, sentant la texture lisse du bois. Je vise et tape. Les boules frappent la bande et plusieurs entrent dans les trous. Je retiens un rictus, fier de moi. Tobias me regarde, un sourire en coin, et me pousse légèrement le bras pour me déconcentrer.
La porte s’ouvre, et j’espère trouver ce que je veux, quand mes sourcils se froncent.

— Putain, y a que des mecs ce soir ? je râle.
— Tu peux essayer, tu serais peut-être surpris, ricane Tobias.

Margaux et Liv se mettent à rire, se foutant ouvertement de ma gueule, et je souris.
Ma sœur ne nous a pas raconté ce que la Becker lui a dit, mais je suppose que la blonde l’a incitée à méditer sur la situation. Et, je suis curieux de savoir ce qu’elle a bien pu lui balancer comme connerie. Pourquoi a-t-elle murmuré ?
Margaux me donne l’impression de se remettre en question par rapport à Stan et cette conne d’Alyssa. Ce qui m’énerve d’ailleurs.
Des rires se font entendre, mêlés aux conversations, au bruit des chaises et à la musique. Cette ambiance me rappelle que je suis dans mon élément et que, ce soir, les disputes et la haine peuvent attendre.

— Allez, mauvais joueur, c’est à ton tour, je dis à mon meilleur pote, Tobias.
— Mauvais joueur ? lâche-t-il. Tu parles, t’as juste de la chance.

Il se prépare à jouer, concentré, alors que Liv et Margaux l’encouragent.
Une boule entre et je me tourne vers Nick.

— Il va s’extasier pendant une heure, sourit-il.
— C’est ma fête, ce soir ? s’enquiert Tobias, amusé.

La tension de la journée s’éloigne peu à peu. Je sens mes épaules se détendre et mon pote finit par gagner la partie.
On se pose ensuite autour d’une table avec nos boissons sans alcool. On parle de basketball, de la prochaine soirée de Malik et d’autres choses. Ce soir, au billard, on n’est plus les ennemis de personne. Juste un groupe de potes à déconner pour quelques heures.

Plus tard dans la nuit, 2:07
Chez les Curtis – Trümper

Allongé sur mon lit, je m’étire. La fatigue de la semaine me rattrape. Les entraînements de basket me prennent beaucoup d’énergie, mais j’adore ça. Mon beau-père dit que je suis doué, que c’est mon truc. Nick l’est aussi, mais il est moins passionné que moi.
Margaux nous suit depuis qu’on a commencé, c’est notre meilleure supportrice, avec Liv. Elles nous encouragent et viennent parfois à nos entraînements.
Ça n’a pas toujours été une relation fraternelle avec ma sœur. Au début, lorsqu’elle est entrée dans nos vies, elle s’est beaucoup renfermée. Sa mère avait disparu du paysage et n’est jamais réapparue. Vivre avec nous, c’était un très gros changement du haut de nos quatre ans. Son père et ma mère étaient ensemble depuis un moment et ont décidé qu’il était temps de réunir tout le monde. Alors, David et Margaux se sont installés chez nous. Une maison à étage, assez grande, avec jardin et terrasse. Elle se trouve dans un coin calme de Berlin, même si elle est proche d’un quartier peu fréquentable.
Margaux ne se sentait pas à sa place ici.
Maman a tout fait pour la mettre à l’aise, pour qu’elle se sente totalement intégrée. Avec le temps, ça allait mieux. Depuis, nous formons une vraie famille.
Avec Nick, nous voyons notre père de temps en temps. Il vit à l’autre bout du pays. On ne peut pas dire que ce soit le père idéal et très présent. Il n’a jamais vraiment joué son rôle. David, lui, si. Il est plus qu’un beau-père pour mon frère et moi.
De légers coups sont donnés contre ma porte de chambre, brisant le silence. Elle s’ouvre doucement et ma sœur apparait, portant son pyjama en satin gris, ses cheveux roux attachés en queue-de-cheval.

— T’arrives pas à dormir ? je lui demande.
— Je crois qu’elle a raison.

Je me redresse, le dos contre ma tête de lit, et fronce les sourcils.

— Qui ça ?
— Alyssa.

Margaux s’assoit au bord de mon lit et se triture les doigts.

— Tom, je crois qu’il faut arrêter maintenant. Ça fait plus d’un mois qu’on l’attaque et qu’on dit rien contre Stan. C’est pas juste.

Étonné, j’allume ma lampe de chevet avant de capter son regard.

— Et franchement, j’ai pas non plus une auréole au-dessus de la tête, admet-elle en traçant un cercle invisible avec son doigt.
— J’aurais jamais imaginé que tu défendrais cette nana.
— Je te rassure, je la déteste toujours, dit-elle doucement, un sourire discret sur les lèvres.

Je remarque qu’elle hésite, et elle reprend :

— Mais, c’est pas ce genre de fille. On le sait, non ? Elle allume personne, elle est… correcte.

Je hausse une épaule.

— Je sais qu’elle te fout hors de toi, mais…
— Ok. On arrête avec ça.
— De toute façon, ça l’atteint même pas. Je pense qu’elle en a juste marre de nous entendre, ajoute Margaux. Et, ça me saoule qu’on parle de Stan et de cette histoire sans arrêt.

Elle tourne la tête vers ma fenêtre avant de revenir vers moi, en soupirant.

— Tu sais ce qui m’agace ? me demande-t-elle, une grimace sur le visage.

Je secoue la tête, un sourire aux lèvres.

— Qu’elle attaque pile là où ça fait mal.
— Putain, ouais ! je lâche. Cette nana a toujours une réplique prête.

Ma soeur éclate d'un petit rire et je l’imite.

— Mais, on lui dira pas.
— Surtout pas, je réponds.

Lundi 19 mai
10:35, pause de la matinée
Lycée de Berlin

J’ai passé le week-end à la maison, excepté vendredi soir.
Mes parents sont revenus samedi en fin d’après-midi après avoir été chez le frère de David, à Leipzig, environ deux heures d’ici.
Ils voulaient qu’on les accompagne. On a refusé. Je ne voulais pas voir Louise, la fille de Markus.
Et, j’avais l’excuse parfaite : un devoir d’anglais, long et ennuyant, à rendre aujourd’hui.
Devant le lycée, à côté du muret, je tire sur ma clope. Le soleil est de retour après un week-end de pluie. Le sol est mouillé, et les arbres trempés laissent tomber quelques gouttes d’eau sur le bitume.

— Tobias, tu baves, lui dit Margaux, debout à côté de lui.

Il tourne la tête vers elle, lâchant du regard Alyssa Becker, de l’autre côté de la route.

— Qu’est-ce que tu racontes ?
— Alyssa Becker.
— Elle est sexy, mais je bave pas.

Ma sœur sourit, le bousculant avec sa main.

— J’ai raison, non ?

Il tourne la tête vers moi.

— Tom, je sais que t’es d’accord avec moi.
— Vous en parlez assez, on le sait, glisse Liv, ses longs cheveux noirs attachés en queue-de-cheval haute.

Assise à côté de mon jumeau, sur le muret, son regard est posé sur la blonde.
Elle est avec le reste de son groupe, sur le parking. Son frère est appuyé contre sa voiture alors que les autres lui font face. Ils sont accompagnés de Lukas Meyer, un pote de classe de Jonah.
Mes yeux s’attardent sur la blonde. Ses longs cheveux blonds lâchés, elle porte une robe bleue qui lui arrive juste au-dessus des genoux, épousant ses courbes, avec un léger décolleté. Sa veste en cuir noir qui s’arrête à sa taille laisse deviner ses fesses rebondies. On ne peut pas dire que cette nana n’attire pas les regards sur elle, et malgré elle. Je pense que même si elle enfilait des fringues dégueulasses, son charme prendrait le dessus.

— Tom et la discrétion… glisse Nick.

Je tourne le visage vers lui et recrache ma fumée qui s’échappe dans l’air.

— C’est vrai, c’est une bombe. Mais, sérieux Tom, tu peux pas envisager une seconde de coucher avec cette meuf, reprend-il.

Je lève les sourcils et réponds :

— Qui a dit que je l’envisageais ?
— Tu dis toujours que tu te la taperais bien.
— Nick, tu vois à quoi peut ressembler un fantasme ?

Et, là, il lâche un rire froid.

— Alors, si tu pouvais, tu le ferais ? Même si elle t’insupporte ?
— Ça n’arrivera jamais, je lâche.
— C’est pas ce que je te demande, il réplique aussitôt, impatient.

Il fait craquer ses doigts et je prends une bouffée de nicotine.
Remuant sa jambe, il ne me quitte pas des yeux, attendant ma réponse.

— Tu crois vraiment que je coucherais avec elle, si je le pouvais ?
— C’est justement ma question !

Je le sens tendu, cette idée ne lui plaît vraiment pas.
Les fantasmes ne sont pas faits pour être réalisés. Sinon, ça ne serait plus des fantasmes.

— Évidemment que non. C’est même pas envisageable, je lui dis. J’ai le droit de trouver une nana attirante même si je la déteste. Tobias pense comme moi.
— T’as plutôt intérêt à jamais le faire, lance mon jumeau.
— Sinon quoi ? je lâche. Je peux faire ce que je veux avec ma bite ?
— Oh, Tom ! se plaint Liv. Arrêtez de parler de ça, tous les deux. Et, sérieusement, votre vulgarité, j’en ai vraiment marre.

Liv, malgré le fait qu’elle évite bien souvent que tout parte trop loin, n’est pas non plus une grande fan des Becker. Mais, surtout, ce qu’elle déteste par-dessus tout, ce sont nos injures et nos mots crus. Je crois que ça lui irrite réellement les oreilles et qu’elle grince des dents quand on y va trop fort.

— Je te préviens quand même, Tom. Ne te tape jamais cette salope de Becker.

Liv tue Nick du regard.
Margaux soupire et il tourne la tête vers elle.

— Qu’est-ce que j’ai dit, ce matin ?
— J’ai tout de même le droit de penser ça, non ? Rien à voir avec St… L’autre, lui répond-il.

Il n’y a eu aucun regard échangé depuis ce matin. Comme si la demande de Margaux avait été entendue par les Becker. Je ne dirais pas qu’on fait une trêve, parce que la moindre étincelle déclencherait un incendie, voire une explosion. On évite juste de ressasser cette histoire de triangle amoureux et on passe à autre chose, comme ma sœur nous l’a demandé.
La sonnerie retentit, la pause est finie.

— C’est l’heure du cours d’anglais, déclare Margaux en se levant.
— Et, nous, d’histoire, lance Liv, ses yeux marron foncé sur Tobias.

Je jette ma clope après avoir tiré une dernière fois dessus et nous traversons la route.
Dans le couloir, on croise Malik qui nous salue. Il fait le chemin avec nous, étant dans ma classe.

— Je fais une soirée samedi, nous annonce-t-il avant de tourner la tête vers moi. Tu crois que tes parents te laisseront venir ?
— Je vais essayer, je lui réponds.

Il fronce le nez et nous entrons en classe, mes deux meilleurs amis continuant leur chemin.
Les soirées de Malik sont les meilleures. Il y a généralement beaucoup de monde, une ambiance géniale et on passe toujours de bons moments.
Les Becker y vont aussi. Comme si on s’était mis d’accord sans même en parler, il n’y a jamais de violences physiques. Mais, des regards noirs et des provocations, si.

13:07
Bureau du principal

Je savais que Monsieur Fisher, le principal, n’oublierait pas. Il a certainement cherché quelle serait notre sanction pour s’être battus en cours, Jonah Becker et moi.
On se retrouve là, dans son bureau, à lui faire face alors qu’il remonte ses petites lunettes sur son nez. Les branches se fondent avec la couleur de ses cheveux gris. Il est assis sur son fauteuil, un air sévère gravé sur le visage, alors que nous nous tenons debout, le regardant.
On a évité le conseil de discipline et le renvoi.
J’espère que ça ne va pas durer trop longtemps, sinon on va louper le début de l’entraînement de basket. Et j’ai pas mangé encore.
Des coups sont donnés contre la porte qui s’ouvre ensuite. Je tourne la tête, le coach est là.

— Entrez Coach Wagner.

Il ne dit rien, son regard dur posé sur nous. Il s’approche du principal et croise les bras contre son torse bombé pour ensuite nous fixer.
Le coach, la cinquantaine, n’est pas très grand, mais une personne saine d’esprit sait qu’il ne faut pas le chercher. Ses cheveux sont coupés très courts, façon militaire, les côtés presque rasés et le dessus à peine plus long.

— Je vais pas y aller par quatre chemins, dit-il, sévère, de sa voix grave.

Je l’avoue, je fais pas le fier.
On a déjà eu un discours de sa part sur notre comportement, le jour où c’est arrivé. Il nous a dit qu’il était déçu, qu’on était la honte de l’équipe et qu’on ferait mieux d’aller se défouler sur un ring avec des gants de boxe, plutôt qu’en plein cours. Ensuite, il nous a ordonné de faire dix fois le tour du terrain en courant et cinquante pompes, histoire de nous “calmer”.

— À partir d’aujourd’hui, et jusqu’à la fin du mois, le basket c’est terminé.

Je tique et fronce les sourcils.

— Deux semaines ? je m’écrie.

Il frappe du poing sur la table, faisant trembler le plateau et ce qu’il y a dessus. Ça vibre jusque dans mes tripes. Je me tais aussitôt. Le directeur sursaute légèrement, lui lançant un regard rapide avant de reporter son attention sur Becker et moi.
Putain, pas ça.

— Estimez-vous heureux que ça ne soit pas définitif ! explose-t-il. J’ai plaidé votre cause auprès de Monsieur Fisher. Il voulait vous faire virer de l’équipe, explique-t-il, toujours avec le même ton. Mais, je peux pas me permettre de perdre mes deux meilleurs joueurs définitivement.

Il s’avance vers nous et tend sa main dans notre direction.

— Vos blousons. Vous êtes pas dignes de les porter, dit-il, dur et sec.

Je retire le mien, à contre cœur, récupérant ce qu’il y a dans les poches et Jonah en fait autant.
On garde le silence et le coach sort du bureau sans rien ajouter.

— Je crois que votre après-midi est libre. Profitez-en pour réfléchir. Au revoir Messieurs.

Je sors en premier, les poings serrés, mais surtout contrarié.
Je pousse la porte qui donne dans le couloir principal et balance mon sac contre un casier. Le bruit de l’impact résonne.

— Putain !

Quelques regards se tournent vers moi alors que Nick et Tobias s’approchent.

— Ça sent pas bon, lâche mon frère.
— Plus de basket pendant deux semaines, bordel, je lâche tandis que Becker traverse le couloir.

Je le fusille du regard et Tobias se met devant moi.

— Ça aurait pu être pire, mec.
— Fait chier, tu veux dire !
— Ouais, mais vaut mieux ça que de te faire virer du bahut. T’aurais plus rien.

Il a raison. Mais, ça ne me plait pas pour autant.

— Vous devriez y aller, c’est bientôt l’heure de l’entraînement.
— Tu vas faire quoi ? me demande Nick.
— Rentrer, j’ai pas le choix.
— Deux semaines, ça va vite, rétorque Tobias.
— Sauf quand t’es, en plus, privé de sortie.

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