Chapitre 5 - Trop près du bord

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Tom
Mercredi 21 mai, 8:59
Lycée de Berlin, cours de maths

Seule la craie qui glisse le long du tableau noir brise le silence. Quelques rayons du soleil traversent les vitres et se reflètent sur les bureaux. L’air sent la poussière de craie et le bois chauffé.
Notre professeur, Monsieur Richter, explique son cours, ses lunettes noires sur le nez. On entend parfois un crissement de craie ou le froissement discret d’une feuille.

— Je retrouve la jolie Emily cet après-midi, murmure mon frère, son regard sur moi.

Les avant-bras sur la table, il jette un regard vers notre prof.

— Celle qui est dans la classe de Liv et Tobias ? je demande.

Il hoche la tête et je souris avant de secouer la tête.

— Tu devrais pas, je lui dis.
— Putain, Tom, me dis pas…
— Que j’ai couché avec elle ? Si.

Il soupire, se redresse, et se pose contre le dossier de sa chaise, l’air renfrogné.
Hors de question que l’on ait le même tableau de chasse.

— Encore une qui veut se taper les jumeaux, je reprends.
— Et sa pote ?
— Nick et Tom, le cours, c’est ici, lance Monsieur Richter.

Ses yeux nous sondent. Mon frère se redresse et prend son stylo avant de noter la leçon.

— Fonce avec sa pote, je chuchote en fouillant dans ma trousse.

Un sourire en coin se dessine sur ses lèvres et la porte s’ouvre en grinçant. Tous les regards se lèvent d’un même mouvement.
Le principal apparaît, ses cheveux gris se balançant à chaque pas.
Un silence un peu tendu tombe sur la salle, brisé seulement par le grincement d’une chaise.
Certains chuchotent tandis que d’autres jettent des regards curieux vers Nick et moi. J’arque un sourcil et secoue la tête. À croire que l’on est les seuls qui puissent faire intervenir le principal en milieu de cours.
Monsieur Fisher rejoint notre professeur et discute tout bas avec lui, un paquet de feuilles dans les mains. Il lance quelques regards rapides sur la classe légèrement agitée.

— Il se passe un truc, glisse Margaux derrière nous.
— Ouais, c’est pour l’équipe de cheerleading, lui explique Nick.

Elle se tourne vers sa voisine, Lisa, que mon jumeau ne se retient pas de reluquer — une jolie fille aux cheveux noirs d’origine philippine.

— Alors, ça y est, le principal a enfin décidé de former une équipe ? s’enquiert-elle.
— Liv va être contente, acquiesce ma sœur.

Nick nous en a parlé hier soir, après l’entraînement.
Ce ne sera pas à l’américaine, juste un club sportif scolaire. L’équipe pourra participer aux matchs du tournoi interscolaire et à d’autres événements, mais c’est plus pour la passion, pas vraiment officiel. Les Cheerleaders s’exerceront dans la grande salle mitoyenne du terrain de basket, où les murs sont ornés de posters des Berlin Hawks et d'anciennes équipes du lycée.
Je me demande déjà à quoi ressembleront les entraînements. Les pompons, la musique, les cris qui résonneront jusque dans le gymnase.

— Tu vas tenter les essais pour y entrer ? je demande à Margaux, un sourire aux lèvres.
— Tu rigoles ? Je sais même pas faire une roue, rit-elle. Mais Liv sera parfaite !
— Je la vois bien en capitaine, dit Nick.
— Elle va être trop contente !

La joie de ma sœur se lit dans son regard brillant.
On connaît Liv depuis plusieurs années, environ dix ans. Au départ, elle était juste dans notre classe et puis, au fil des ans, elle et Margaux se sont liées d’amitié. Alors, naturellement, elle a fait partie de notre groupe. Et, elle est devenue l’une des nôtres. Liv est un pilier, sage, mais avec du caractère. C’est une amie fidèle et qui a la tête sur les épaules. Elle est de notre famille, comme Tobias.
Pendant un temps, je pensais qu’il se passait quelque chose entre Nick et Liv, mais je me suis rendu compte qu’ils ont une relation amicale très forte. Elle est sa petite protégée. Et, puis, Nick n’est pas vraiment du genre à se caser. Comme moi, il préfère s’amuser.

— Et vous savez qui va entraîner l’équipe ?
— Une ancienne danseuse et cheerleader, c’est tout ce que je sais, répond mon frère à Margaux.

Fisher quitte la classe alors que Monsieur Richter demande le silence.
Assis sur le bord de son bureau, les feuilles posées dessus, il nous parle de cette future équipe de cheerleading. Quelques filles de la classe montrent leur enthousiasme tandis que quelques gars de l’équipe de basket font des commentaires, visiblement enjoués.
Avec les cheerleaders, il y aura encore plus d’ambiance et plus de spectateurs pendant nos matchs. Les Becker vont avoir la grosse tête.

— S’il vous plaît ! lance notre prof de maths. Le cheerleading est réservé uniquement aux filles. Je vais distribuer des fiches à chacune d’entre vous, explique-t-il. Celles qui sont intéressées devront les remplir et les rendre au Coach Wagner.

Il passe de table en table et j’échange un sourire complice avec mon frère.

— Ça va être sympa d’avoir des supportrices, dit-il.
— On arrive bientôt à la fin de l’année, reprend Monsieur Richter. Cette option sportive débutera l’année prochaine. Mais, les essais auront lieu dans un mois. Alors, dépêchez-vous de vous inscrire.
— Hé, Alyssa, tu devrais tenter ta chance, lance un mec, devant moi.

Elle tourne la tête vers lui, sans expression, pendant qu'il rit comme un abruti.

— Qu’est-ce qui te fait croire que ça m’intéresse ? demande-t-elle.
— Avec le corps que t’as, tu...
— Tu crois que ta nana dira quoi quand je lui raconterai que tu veux me voir avec l’uniforme des cheerleaders, Marius ? l’interrompt-elle, fixant les yeux de l’autre.

Je retiens un sourire. Typique d’Alyssa Becker.

— Je suis certainement pas le seul à le vouloir, lâche-t-il.
— Quelle belle excuse, bravo Marius. T’as gagné le trophée du mec le plus lourd de toute l’histoire.

Monsieur Richter suit l’échange, mais ne dit rien, un léger sourire aux lèvres. Becker pose son regard sur lui et s’excuse. Il secoue la tête et porte son attention sur Marius, son sourire effacé.

— J’aime pas ce genre de comportement, dit-il. Marius, vous viendrez me voir après le cours. Je vais vous expliquer deux ou trois choses sur le respect.

Une fois le dos tourné, Alyssa chiffonne la feuille d’inscription et la balance sur Marius.
La boule de papier atterrit sur son bureau dans un petit ploc étouffé. La moitié de la classe retient un rire.

Samedi 24 mai, 22:12
Soirée chez Malik

La musique, le monde, l’ambiance et les lumières : tout y est. L’air est lourd : parfum, sueur et alcool renversé, de quoi réveiller un mort.
Dans un coin du salon, la table, sur laquelle se trouvent les boissons, est entourée de lycéens. Certains sont totalement bourrés et d’autres vacillent un peu, le regard brillant et le sourire aux lèvres. Au milieu de la pièce, le canapé a été déplacé pour que ceux qui veulent danser puissent le faire. Accompagné de Liv, Margaux et Tobias, je regarde mon frère, fier, bavardant avec une blonde.

— Encore une qui va tomber sous son charme, lance ma meilleure amie, un sourire aux lèvres. D’ailleurs, c’est bizarre, t’es même pas parti à la “chasse”, comme vous aimez le dire.

Elle se place devant moi et lève les sourcils.

— Pourquoi tu restes avec nous ?

Je souris et secoue la tête, ne comprenant pas où elle veut en venir.

— Quoi ?
— Quand Nick part en chasse, tu le fais aussi. Vous êtes pas jumeaux pour rien.
— Il a déjà trouvé une nana pour sa fin de soirée, lui dit Margaux, à côté d’elle.
— T’as pas perdu de temps.
— Je profite de ma liberté retrouvée, je lui réponds.

C’était pas gagné. Ce matin encore, mes parents refusaient de lever mon interdiction de sortie. Mais, avec un peu d’insistance, ils ont cédé.
Je bois une gorgée de ma bière quand les Becker passent la porte d’entrée. Sacha, toujours accrochée au bras d’Alek Stäger, rit aux éclats. Malik part à leur rencontre alors que Jonah et Peter échangent quelques mots. Derrière eux, Alyssa se faufile, souriante.
Ses lèvres, ses yeux noisette qui brillent trop, et ce corps de rêve qu’elle se traîne… C’est insupportable.
Je la hais, mais parfois, je me surprends à me dire que je pourrais très bien la sauter. Rien qu’une fois. Ça m’énerve encore plus, parce que je sais qu’elle le sait. Becker a ce truc, ce mélange de beauté et d’assurance, qui fout les nerfs à n’importe qui. À moi, surtout.
Cette nana sait ce qu’elle fait. Quand la tension monte entre son clan et le mien, elle a ce putain de sourire qui m’énerve. Parce qu’en plus, elle a une répartie qui me fait voir rouge. Elle ne se laisse jamais faire. Elle attaque.
Jonah, son frère, le leader. Il frappe fort. Il a la rage. Et, si on s’en prend à sa frangine, il explose. Je sais que beaucoup le craignent. J’ai déjà entendu dire que certains du lycée le trouvent intimidant. Moi, il m’insupporte.
Le plus sournois, c’est Peter Rosenberg. Comme ça, il donne l’air d’être pacifiste, mais il sait cogner. Sacha, elle, c’est la discrète. Par contre, c’est aussi une vraie teigne. Ses yeux bleu clair, ses lèvres roses, elle a un visage d’ange qui se révèle démon quand on s’en prend à ceux qu’elle aime. Parfois, elle agit comme Liv — elle tente de calmer les choses. C’est d’ailleurs ce qu’elle a essayé de faire quand Alyssa a confronté ma sœur, il y a une semaine.
Alek, taillé dans la pierre, c’est l’ami fidèle qui prend son temps avant de foncer. Posé, il me paraît parfois impartial. Peut-être qu’il en a marre de toute cette haine.
De loin, on les reconnaît direct. Ils ont cette manière de marcher ensemble, comme s’ils possédaient la pièce.
Je suppose que c’est leur truc : être les Becker, et que tout le monde le sache.
Je sens mes épaules se tendre sans que je m’en rende compte. Tobias le remarque avant moi.

— On dirait que tu vas tous les tuer sur place, lâche -t-il.
— Ça me gonfle qu’ils soient toujours là où on se trouve.
— C’est pas vraiment étonnant : même lycée, même quartier, alors, même soirées, glisse Margaux.

Je soupire et sors fumer une clope avec Tobias. L’air frais me fait du bien. L’odeur de l’herbe est plus agréable que celle qui flotte à l’intérieur de la maison. La musique devient un bourdonnement lointain.
J’allume ma cigarette et m’appuie contre le mur. La fumée s’envole puis disparaît.

— Et, toi, alors ? je demande.
— Les meufs ?

Je hoche la tête et il tire sur sa clope.

— Je sais pas. C’est plus trop… mon truc, dit-il. Me taper une nana juste comme ça, c’est plus vraiment ce qui me plaît. En plus, Nick et toi, vous les prenez toutes, ajoute-t-il avant de rire doucement. Et, l’autre connard de Becker se fait aussi plaisir. Je l’ai vu partir avec une meuf, hier. Une vraie bombe.

Tobias, c’est mon meilleur pote depuis qu’on est gosses. On n’a jamais vraiment eu de prise de tête. Ou, en tout cas, rien qui soit resté en suspens. Au départ, ça passait pas entre Nick et lui. Je crois que mon frère était un peu jaloux. Il a appris à le connaître et à voir que c’était un mec cool.
On peut compter sur Tobias, il est loyal. Il aime pas faire de mal aux autres. Sa dernière copine, il a eu du mal à lui dire que c’était terminé. Il voulait éviter qu’elle souffre de la séparation. Au bout d’un mois, il a rompu. Elle a pleuré, c’était inévitable après six mois de relation. Pendant quelques semaines, elle a tenté de le récupérer, mais en vain. Maintenant, quand on l’aperçoit, on l’évite. Tobias en a eu marre qu’elle lui court après. Heureusement pour lui, elle vit à l’autre bout de Berlin.

— Vivement cet été, reprend Tobias. On va se barrer une semaine sur l’île de Rügen.
— On va s’éclater, je réponds en souriant.
— Les gars, ça s’embrouille là-bas, nous dit un mec de ma classe.

Je me tourne et remarque Nick et Alek qui se font face. J’entends rien, mais je comprends qu’ils s’insultent, prêts à se battre.

— Putain, lâche Tobias. Viens.

Je lâche ma clope et le suis à l’intérieur. L’air chaud, saturé d’alcool et de sueur, me frappe au visage. Les voix se chevauchent, les gens s’écartent. Des regards se tournent sur mon meilleur ami qui fonce et se place entre mon jumeau et Stäger. Sacha Bauer attrape la main de son copain qui tue mon frère des yeux, tandis que Liv intervient à son tour.

— Pas ici, Nick, s’exclame-t-elle, la voix qui déraille.

Tout le monde les regarde, murmurant et pariant sur lequel des deux frappera en premier. Malik se fraie un chemin entre les invités alors que le son de la musique diminue.
Plus un bruit, excepté les murmures. Nick fixe Alek, et je vois dans son regard que ça va mal finir. D’autres insultes fusent.
Je pose mon regard sur Margaux, qui reste un peu en retrait, et m’approche d’elle, sans quitter mon frère du regard.

— Tu sais ce qui se passe ?
— Je suis pas sûre. Je crois que Stäger a bousculé Nick, sans faire exprès. Et, vu qu’il était en grande conversation avec la fille de tout à l’heure, ça lui a pas plu, explique-t-elle. Tom, on a dit pas de bagarres aux soirées, alors s’il te plaît, fais quelque chose. J’ai pas envie de m’en mêler, sinon Alyssa me loupera pas. J’ai eu ma dose.

Je remarque que Becker n’est pas tranquille, sur le point de foncer dans le tas. Sa sœur lui dit quelque chose, mais il l’ignore. Peter est là, ne sachant qui regarder.

— Vous faites ça dehors, les gars ! lâche Malik, mécontent.

Il arrive près de mon frère et Alek, tandis qu’Alyssa s’avance sans hésiter.

— On va y aller, réplique-t-elle. Désolée, Malik.

À côté de l’armoire à glace, la blonde ne fait pas le poids. Pourtant, elle plaque durement ses mains sur son torse et le force à reculer, sa meilleure amie à côté d’elle.

— Alek, si tu recules pas, ce que t’as entre les jambes ne te servira pas avant un moment, lui dit-elle brusquement. On sort d’ici, maintenant ! ordonne-t-elle. Jo’, Peter, on dégage.

Nick avance d’un pas, comme pour les suivre, son regard glacial. Je me précipite vers lui. Il me bouscule sans un mot et sort.

— Putain, Nick ! je râle en le suivant. Tu vas faire chier pour ça, sérieux ?

Arrivé sur le perron, je l’attrape par l’épaule alors que les Becker ont déjà descendu les marches.

— Tom, lâche-moi !
— Va tirer ton coup, connard, ça te fera du bien ! crache Stäger, les poings serrés.

Depuis le trottoir, je remarque son regard assassin destiné à mon frère.
Je croise les bras, mâchoire serrée.

— Mais quel…
— C’est toi qui cherches la merde, putain ! le coupe Alyssa, Nick tournant la tête vers elle. T’as bien vu qu’il a pas fait exprès. Faut toujours que tu la ramènes, ferme-la deux secondes, ajoute-t-elle tandis que Jonah force Alek à monter dans la voiture de Sacha. Si t’avais rien dit, ça se serait arrêté là. T’aurais continué ta soirée tranquillement et Alek aussi.

Nick commence à ouvrir la bouche, mais Margaux l’en empêche.

— N’en rajoute pas, murmure-t-elle.

C’est toujours pareil avec Nick : il fonce d’abord, il réfléchit après.

— On avait envie de passer une bonne soirée, c’est foiré. Merci Curtis ! peste Alyssa.

Elle se tourne vers ses amis et claque la portière de la voiture.

— Toi, tu restes là, crie-t-elle à Stäger, la voix cassée.

Sa meilleure amie prend place au volant pendant que Peter et Jonah montent à leur tour, à l’arrière. Alyssa nous jette un regard réprobateur et grimpe dans le véhicule qui s’éloigne ensuite.

— J’ai rien compris, je lâche avant de tourner la tête vers Nick.

Il s’est allumé une clope, le regard rivé sur un point fixe.

— Maintenant, pour un truc de merde, tu pars en vrille ?
— C’est toi qui dis ça ? rétorque-t-il. Même un regard de travers ça te fait exploser.
— Allez, on bouge aussi, souffle Tobias.

Lundi 26 mai, dans l’après-midi, 16:32
Lycée de Berlin
Bureau du principal

Tendu, je fixe la souris d’ordinateur. Mon cœur tambourine contre ma poitrine.
Je me retrouve encore là, face à Monsieur Fisher, et mes parents. Ils sont assis sur des chaises, face au bureau, alors que nous attendons les Becker depuis une demi-heure déjà.
Ce matin, pendant la pause, je me suis battu avec Jonah Becker, une fois de plus. Je l’ai cherché. Je lui ai reproché le fait d’être interdit de basket et les insultes ont fusé. Je suis le premier à avoir frappé et le reste a suivi. Ma lèvre était en sang, son œil a viré au bleu, et j’ai quelques hématomes au ventre. Je l’ai vu boiter quand Sam, un surveillant, nous a ramené ici. Il a dû nous séparer, mais avec de l’aide. C’était brutal, comme souvent.
On devait reprendre les entraînements la semaine prochaine. Loupé. J’ai un doute sur le fait qu’on s’en sorte avec une tape sur la main cette fois-ci.
J’angoisse déjà à savoir ce qui va m’arriver alors si en plus, je dois attendre, je risque de péter un plomb.
Installé sur une chaise, le long du mur, je remue les jambes.
Sur son fauteuil de bureau, Monsieur Fisher, le principal, remet ses petites lunettes sur son nez. Ses cheveux gris sont parfaitement coiffés, ce qui lui donne un air sérieux. Sa veste, un peu petite, lui serre le ventre et il défait un bouton, le téléphone à l’oreille.
Il a tenté d’appeler les Becker plusieurs fois, mais personne ne répond.

— Je suis désolé, je crois que nous allons devoir reporter, nous dit-il.
— Ils ont peut-être oublié, ça arrive, lui répond maman en se levant en même temps que mon beau-père.
— Je vous raccompagne.

Nous sortons de son bureau et traversons une partie du couloir avant de passer devant la grande porte du gymnase. C’est ici que se jouent les plus grands matchs de basketball des lycéens de la ville. C’est un évènement à chaque fois. J’adore sentir l’adrénaline monter avant un match important.
À l’opposé, tout au bout du couloir, c’est la cafétéria. Elle sert pour ceux qui font partie des clubs ou participent à des activités au sein du lycée. D’ailleurs, on y mange aussi avant d’aller à l’entraînement. Elle est bien souvent bruyante et laisse planer l’odeur de repas chauds.
Juste au-dessus de la cafétéria, à l’étage, il y a la bibliothèque, étendue et remplie de livres bien rangés. Elle est entourée de grandes salles de classe, en particulier celles de sciences et de chimie.
Le directeur pousse la porte vitrée et nous laisse sortir du bâtiment. Le vent fait virevolter quelques cheveux échappés de mon chignon et nous traversons la cour, toujours propre et lisse.
Au loin, je remarque le clan des Becker. Alyssa est sur le muret. Face à elle, Peter Rosenberg et Alek Stäger se tiennent debout, Sacha dans les bras du brun.
Je crois qu’elles participent parfois à des cours de soutien collectifs pour les élèves en difficultés. Premières de la classe.

— Leur fille est là, je vais lui demander, nous dit Monsieur Fisher.

Arrivé à sa hauteur, Becker lui dit qu’elle ne comprend pas pourquoi ses parents ne sont pas encore arrivés.

— Ils ont pas oublié, c’est sûr, lui dit-elle. Il y a beaucoup de travaux dans ma rue. Ils ont peut-être pris du retard à cause de ça.
— J’ai essayé de les joindre, sans réponse.
— Moi aussi. Mais, ils n’ont pas toujours leurs portables avec eux.

Elle paraît un peu angoissée, son regard se dirigeant plusieurs fois vers la route.
Mes parents proposent au directeur d’attendre encore un peu alors que tout ce dont j’ai envie, c’est rentrer à la maison. Évidemment, il accepte et les remercie.
Je soupire discrètement et fourre les mains dans les poches de mon jean, tandis qu'ils discutent entre eux.
La sonnerie d’un téléphone attire notre attention et Becker fouille dans la poche de sa veste en cuir.

— C’est sûrement eux, dit-elle avant de regarder son écran et de froncer les sourcils.

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