Lui, avant qu'elle le retrouve

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Texte écrit par Jim Cobrel

  • Tu aurais un morceau de papier, de quoi écrire ? demanda Jim.
  • Oui, attends.

Elle s'avança vers son lit et sortit un crayon et un bloc-note de sous son matelas. Elle déchira quelques feuilles et revint près de Jim.

  • Tiens, cadeau ! Je dois partir maintenant.
  • Attends, deux petites secondes.

Il griffonna rapidement quelques mots sur le papier, le plia et le lui tendit en ajoutant.

  • Tu comprendras ce message un jour et tu sauras quoi faire. Je le sais.
  • Okay...
  • Merci pour tout, Judith. Elle serait fière de toi.
  • Qui ?
  • Laisse tomber. Prends soin de toi et de ta soeur. Tu vas me manquer.

Après une légère hésitation, la jeune fille prit Jim dans ses bras, avant de partir avec hâte. En sortant de la maison, Judith s'arrêta et lut le papier qu'il lui avait donné :

Ils n'ont pas la bonne fin, ils se sont trompés sur elle.
Si je t'oublie, ne m'en veux pas.

Peu après le départ de Judith, il se remit à écrire sur les quelques feuillets qu'elle lui avait laissés. Il savait que ce serait plus difficile à vivre sans sa compagnie. Il allait devoir lutter pour ne pas s'oublier. Assez vite, il avait tout noircit de ses pensées. Il les appelait, il voulait qu'ils viennent. Mais c'est le Lent Chanteur qui entra dans la pièce, il lui prit des mains les papiers et s'exclama avec colère :

  • Par les ténèbres ! Mais vous allez l'attirer droit vers nous en écrivant ainsi ! Je n'ai ni connaissance de sa forme, ni de sa stratégie... Vous êtes idiot ou quoi ?
  • Je sais qui elle a choisi. Je veux qu'elle vienne avant d'oublier...
  • Le risque est trop grand, je n'ai aucun pouvoir ici.

Jim reprit les papiers et s'aperçut que toutes ses notes avaient disparues.

  • Comment... C'est vous ?
  • Quoi ? Je n'ai rien fait moi...
  • Tout a disparu sur les feuillets !

Le Lent Chanteur commença à s'agiter nerveusement et quitta la pièce en marmonant :

  • Merde, merde, merde.

Jim le suivit jusque dans son bureau, le Lent Chanteur ouvrit une armoire et sortit une vieille carabine à plomb. Il repassa à côté de Jim en lui disant :

  • On est dans la merde, si c'est elle qui nous a trouvé, on est mort.

Le vieux fou fermait tous les volets et éteignait toutes les lumières, en courant dans la maison. Jim essaya de le suivre, tentant de rassurer les angoisses subites du Lent Chanteur.

  • Si on se défent avec une arme qui ne transperce pas le papier, on fera pas long feu... Je suis sûr que Djoki va venir, il est déjà venu me voir.
  • Pourquoi ? Dumbledore n'est pas libre ? Aragorn est en vacances ? Moi j'ai toujours eu un faible pour Columbo bien qu'il ne nous serait d'aucune utilité dans le cas présent...
  • Je ne vois pas ce que ça a de plus fou que les raisons qui vous ont poussé à venir me chercher.
  • Imaginons que Djoki se pointe, il n'aurait aucun pouvoir ici. Tout comme moi.
  • Alors, elle non plus...

Le Lent Chanteur mit une main sur son épaule, sourit et lui dit :

  • Si, elle en a partout... Ce n'est pas du tout la même histoire. Elle, c'est le néant.
  • Mais pourquoi êtes-vous venu me chercher ? Pourquoi vous mettre en danger ?
  • Je n'ai pas le choix, tu comprendras peut-être un jour.
  • Qu'est-ce qu'on fait alors ? On s'enferme dans le noir et on att...

Jim fut interrompu par un bruit de verre brisé. Les fenêtres du salon avaient explosé, lui et le Lent Chanteur s'approchèrent doucement et se retrouvèrent face à une femme recroquevillée sur elle-même. Quand elle se releva, avec ses dreadlocks bleues et son attirail de guerrière viking, elle fit un petit sourire à Jim et un signe de la main. Elle se pencha ensuite pour saluer le Lent Chanteur et se présenta :

  • Saalis, pour vous servir ! Je suis envoyée par Djoki...
  • Incroyable... C'est vrai... Elle est humaine... s'extasia le Lent Chanteur.
  • C'est pénible de se voir toute rose comme ça d'ailleurs, ajouta Saalis en regardant ses mains et ses bras.

Jim resta bizarrement silencieux et s'il semblait fasciné par la beauté et le charisme de Saalis, il semblait tout aussi perdu. Il se mit à genou devant elle et en attrapant la main de la jeune Reptilienne de son histoire, il demanda :

  • Qui suis-je, Saalis ?

Elle se baissa à sa hauteur pour lui murmurer à l'oreille :

  • Un imposteur...

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