Le jardin sous les flots

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Impossible de reprendre de l'air. Je tombai au fond de l'eau lorsqu'un tourbillon m'emporta et m'éjecta sur une falaise. Je m'écrasai de tout mon poids et essayai de me relever. Je pensai peser ses mots lorsqu'elle me disait que je risquai d'y laisser la peau, mais finalement peut-être bien que ma balance était faussée. De toute façon, c'était elle et moi ou rien...

Je restai blottis dans un coin, trempé et frigorifié. Les grondements des flots me cassaient la tête. Soudain, je l'aperçus. La fille qui criait tout en haut des cascades était en train de l'étrangler. Brusquement, elle la jeta à l'eau et son corps, comme un poids mort, coula dans les bulles.

Je sautai tout de suite pour la repêcher, mais des vagues me submergèrent de nouveau, me tirant vers le bas. J'avais mal partout et, dans l'obscurité des eaux, je n'arrivai pas à la voir.

Subtilement, une lueur perfora les profondeurs. Je vis son corps passer devant et après avoir pris une géante bouffée, je partis en sa direction. Je l'attrapai par la taille et nageai vers la lumière.

Le rai nous conduisit dans une cavité où une poche d'air me redonna la vie. Une petite porte entrouverte attira mon attention et avec son corps épuisé, je la passai doucement.

Un jardin se dressa devant moi. Tout était verdoyant et d'une douceur extrême. Je me croyais dans ses rêves. Un énorme saule pleureur se tenait au centre d'un tapis d'herbe. Ses branches caressaient le sol comme si un vent les parcourait. Je m'avançai avec son corps dans les bras et les lianes m'ouvrirent un passage. Au cœur de ce qu'elles renfermaient, je l'y déposai et retirai les cheveux de son visage. Les yeux fermés, elle ne souriait plus, ne parlait plus et me laissait là, à ne savoir quoi faire. Je collai mon front contre le sien et sentis sa faible respiration. Je passai mes mains sur son cou abimé et le baisai d'amour. Je tombai à ses côtés et lui pris la main. Les yeux rivés sur le port retombant de l'arbre, je me laissai aller au bruit du vent dans le feuillage. Je ne savais d'où il venait, je ne le sentais pas. N'ayant plus la force de résister au calme de ce lieu, je sombrai dans un sommeil tendre et doux. Ici, sous les arbres, nous étions à l'abris de tout.

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