Parfois, il faut lâcher la rampe.

5 minutes de lecture

https://www.youtube.com/watch?v=MACzQc6FlRM&list=RDGMEM6ijAnFTG9nX1G-kbWBUCJA&index=23

Pendant la nuit, mon corps endromi sentit les caresses de celui qui repoussait mes limites. J'ouvris les yeux doucement et mes rêves s'étaient évaporés. Je me trouvais dans ma chambre, dans mon lit et dans ses bras. Contre lui, j'étais bien, apaisée et je me sentais même aimée. Je passais mes doigts sur son torse et sa peau frissonna. Il se tourna vers moi et m'enserra de tout son corps. Ses jambes sur mes hanches, ses bras autour de mon corps, je me retrouvais complètement enveloppée dans sa chaleur.

  • Qu'est-ce qu'il y a, Jim ?

Il me serra encore plus fort et je sentis ses larmes contre ma peau.

  • Jim ? Parle-moi.
  • S, j'ai quelque chose à te dire.
  • Vas-y, je t'écoute, prononçai-je avec douceur.
  • Quand j'ai vu la vaisselle en éclats sur le sol, j'ai eu peur. Quand j'ai entendu tes cris et mes mots sur tes murs cela m'a effrayé.
  • Je t'ai dit de ne pas avoir peur de moi, lançai-je en me redressant.
  • C'est de moi dont j'ai peur. Je ne peux pas te regarder tout détruire, te détruire. Je suis là, je te vois, je te ressens, on partage bien plus que des mots : on rêve tous les deux. La pression qui me tombe dessus est bien trop forte et j'ai peur de ne pas résister. Ton passé et bien trop lourd, même pour toi-même. Personne ne peut vivre avec un tel poids sur les épaules. Tu te fatigues, tes jambes flanchent, tu fermes la porte à l'extraordinaire que je te donne.
  • Jim..., soufflai-je en m'asseyant, je suis désolée. Je me rends compte de ce que tu me dis depuis des lunes. Mais je n'arrive pas à m'en défaire. C'est en moi.
  • Mais ce n'est pas toi ! dit-il fermement en prenant mon visage dans ses mains. Tu ne dois pas laisser du doute entre nous. Je t'aime, moi. Je t'aime juste comme ça, pour de vrai. Tes douleurs et tout ce qu'il se passe ne doivent pas entraver ce que nous avons. Jamais.
  • Et si je n'y arrivais pas ?
  • Et si tu y arrivais ? Lâche un peu les reines. Détache tes cheveux et galope dans le vent ! Vis avec moi comme si demain n'existait pas ! Reste là, à rêver avec moi. Le reste, lâche-le.
  • Comment je dois faire ?
  • Ferme les yeux, mon amour.

De doux baisers se posèrent sur mes paupières. Il colla son front contre le mien puis il m'embrassa de mots, encore.

  • Je ne me lasserai jamais de ta bouche contre la mienne, avouai-je. Jim, tu es celui qui me libère. Tu ne te rends pas compte du travail que tu opères en moi. Tu m'ouvres les yeux. Tu liquéfies mes écailles. Tu me donnes des ailes, mon amour. Je t'aime démesurément. Ça déborde...
  • Ne réfléchis plus. Juste laisse-toi aller dans mes bras. Contre mon cœur, tu ne risques rien, ma belle.
  • Tu sais que je ne veux pas te charger. Tu sais que ce n'est pas mon but. Ce que nous partageons est juste tellement beau, tellement fort que je perds les pédales parfois. Tu repousses mes limites.
  • Il ne doit pas y avoir de limites entre nous. Tu es libre, S. Tu entends ? Libre !
  • Je ne sais pas ce que ce mot veut dire. Je ne sais pas si je peux voler encore.
  • Tu sais, ma chérie, dit-il en s'asseyant à mes côtés, dans une autre dimension, tu m'emportes au-dessus de la forêt de ton âme. Tu renfermes tes ailes sur nous et dans la chaleur de la poussière de lumière, on s'aime sans cœur.
  • Sans cœur ?
  • Oui, car nous n'en avons pas besoin tant notre amour est véritable. Je l'ai rêvé l'autre jour.
  • Jim, est-ce que c'est toi qui m'a sortie des eaux ?
  • Comment sais-tu ça ? demanda-t-il en cherchant mes yeux.
  • Je fais des rêves moi aussi...
  • Oui S., c'est moi.

Une chaleur de bonheur m'envahit. C'était donc lui l'homme de mes rêves, celui qui vivait sous mes paupières.

  • Tu sais, ma perle, j'entends tes pensées.
  • Ah oui ? souris-je.

Il m'attrapa et m'assis sur lui. Face à lui, je ne pouvais tenir son regard qui me sondait.

  • Je suis l'homme de tes rêves et toi, tu es ma bonne pioche. Mon merveilleux.
  • Je...
  • Ne dis rien, j'entends ton cœur déborder d'affection. N'aie pas peur, laisse-le me parler. Je garde tous tes secrets. Tu sais où ils sont. Seule toi a accès. Crois en nous, mon amour.
  • Je crois en nous Jim. J'y crois !
  • Tu es tellement belle. Je t'aime.
  • En toutes lettres, murmurai-je près de ses lèvres.
  • En un seul mot.
  • Fais-moi rêver Jim. C'est avec toi que je veux rester.
  • Viens ma douce, d'abord on va danser !

Il me souleva sans peine, et avec nos corps enlacés, il me fit l'amour en dansant. Il me donnait un amour véritable. Celui qui dépassait les mondes et les dimensions. Celui qui faisait de mes rêves une réalité. Jamais je ne me déferais de lui. Il me fit tourner dans ses bras. Près de son corps chaud. Sa voix suave m'emporta au fond de lui. Soudain, des ailes sortirent de mon dos. Paniquée, je cherchai dans ses yeux du réconfort mais il avaient changés, eux aussi. Ils étaient devenus vairons. Je voulus le lâcher tant la peur m'assaillait, mais il m'attira à lui.

  • Lâche la rampe, ma belle. Sois cet oiseau qui vole. Crois en nous, S. Crois en moi, crois en toi !
  • Tiens moi la main, Jim.
  • Allez, ma jolie, envole-toi !

Je fermais les yeux et me perdais dans ses mots doux. J'avais confiance en lui. Près de son âme la mienne ne craignait rien. Quand je rouvris les yeux, il y plongea les siens.

  • Tu es prête !
  • Prête à quoi ?
  • J'ai quelque chose à te montrer. Habille-toi, on sort !

Je passai vite quelques habits et je l'entendis siffler dans les airs.

  • Pas par là, ma belle. Ce soir, on saute par la fenêtre !
  • Hein ?

Il m'attrapa par la taille et nous sautâmes dans le vide. Je fermais les yeux d'angoisse puis il me dit :

  • Ne crains pas, crois seulement.

Nous percutâmes en douceur ce qui nous sauvait. Il prit mes doigts et les passa dans quelque chose de si doux que j'ouvris les yeux.

  • Mais qu'est-ce que ...
  • Je te présente Zorig ! Il est celui qui nous fait voler !
  • Mais ...
  • S. ! Profite simplement de la magie et ne réfléchis plus ma belle.

Il se colla dans mon dos, détacha mes cheveux et ouvrit mes bras.

  • Sens le vent. Ferme les yeux. Plus rien ne compte si ce n'est cet instant.

Un air frais me parcourut. Il m'attira et je commençai à me lever. Jim siffla et sur le bord du dos de l'animal qui s'arrêta au dessus des arbres de la ville, j'ouvris mes ailes. Elles dégagèrent la même lumière que quand nous étions derrière la porte sur laquelle il avait gravé ma lettre. Il vint près de moi et me prit la main.

  • Allez ma belle, viens, on s'envole...

Il plongea dans le vide en m'attirant avec lui.

  • Déploie tes ailes S. ! me cria-t-il.

Elles s'ouvrirent soudainement et stoppèrent notre chute. Elle voletèrent de lumière chaude et le temps s'arrêta quelques instants.

Des millions de particules étoilèrent le ciel noir. Au cœur des ailes refermées sur deux personnes qui s'aimaient bien plus qu'avec des mots, certaines choses se scellèrent pour la vie.

Ce soir là, dans le ciel étoilé, il n'y avait qu'eux.

Juste comme ça.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 9 versions.

Vous aimez lire Sila P. ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0