Pause
Je sors du bureau à 12h30, après avoir tempéré une situation tendue à l'accueil, un pauvre gars qui s'est encore fait radier par l'équipe contrôle de recherche d'emploi.
Une histoire d'économie, paraît-il !
Je passe la barrière et passe devant le garagiste patibulaire avec sa clientèle suspecte.
Une voiture pollue et bloque le passage, certainement un joint de culasse.
Je file droit, insécurité d'atmosphère.
J'évite les poubelles au milieu du trottoir, les restes de dégueulis et les mollards fluorescents, aimantés comme autant de pièges que dans un niveau de Mario Bros.
Enjambe des restes de bonbons de gaz hilarant.
Hilarant.
Un reste de siège auto là depuis deux mois, esquive un rat.
Sous le pont où le train au-dessus fracasse les oreilles, j'évite de me prendre une bagnole en excès de vitesse et fais un signe à un chauffard de ralentir, klaxonnant au cul d'un pauvre cycliste.
Ça arrive dans tous les sens, un vrai bordel, une automobiliste accélère de peur de laisser passer un piéton obligé de marcher sur la route en raison des travaux.
La voiture rend con, ou l'étaient-ils tous bien avant !
Contre le poteau, toujours ce même type en vert qui regarde les bagnoles passer et qui reluque les gamines d'un air vicelard.
Sur le trottoir un SUV bloque le passage et démarre sans regarder ; un mec à trottinette aurait pu y passer. Il tape son bas de caisse sur le haut du trottoir, il part énervé, tant pis pour sa gueule.
1 gars sur un tabouret devant le barbier semble scanner la rue.
2 types me tapent 1 ou 2 euros, je marche.
Le kebab est encore fermé, comme tous les commerces qui séparent ces deux points distants de 1 km entre mon bureau et la zone alimentaire.
On va encore se finir chez Paul.
La vendeuse est jolie.
Le gasoil est à deux euros trente, pourtant jamais vu autant de bagnoles mal garées.
Le vent est froid.
Le ciel est clair.
Marre de cette ville de casos.
Demain je me tire à Venise.

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