Chapitre 20
« Nous ne savons rien à propos de nos ennemis, et nous n’en savons guère plus sur Cottos qui est pourtant l’un des nôtres, parce que nous l’avons tenu à l’écart. Nous ignorons ce qu’il a fait, ces derniers temps… À quelles expériences il s’est adonné… À quelles types de découvertes ces dernières ont abouti… Il y a quelqu’un qui doit en avoir une idée… Peut-être même qu’il en sait plus que nous le supposons, et qu’il pourrait nous dire ce qui nous attend.
─ J’imagine que nous pensons tous à la même personne, maugréa Divona.
─ Plutôt deux fois qu’une, lui répondit Boann sans cacher une certaine joie.
─ D’accord, admit Erra. Supposons qu’IL connaisse d’autres choses en dehors des méthodes de torture de Cottos...
─ Ça, pour les connaître ces dernières, il les connaît, lui assura Taranis. Personne ne les connaît mieux que lui. »
« Nous ne savons rien à propos de nos ennemis, et nous n’en savons guère plus sur Cottos qui est pourtant l’un des nôtres, parce que nous l’avons tenu à l’écart. Nous ignorons ce qu’il a fait, ces derniers temps… À quelles expériences il s’est adonné… À quelles types de découvertes ces dernières ont abouti… Il y a quelqu’un qui doit en avoir une idée… Peut-être même qu’il en sait plus que nous le supposons, et qu’il pourrait nous dire ce qui nous attend.
─ J’imagine que nous pensons tous à la même personne, maugréa Divona.
─ Plutôt deux fois qu’une, lui répondit Boann sans cacher une certaine joie.
─ D’accord, admit Erra. Supposons qu’IL connaisse d’autres choses en dehors des méthodes de torture de Cottos...
─ Ça, pour les connaître ces dernières, il les connaît, lui assura Taranis. Personne ne les connaît mieux que lui. »
Erra eut un sourire en coin.
Si Ba’al s’était retrouvé chez Cottos, c’est qu’il l’avait mérité. À lui tout seul, il cumulait plus d’heures de présence chez ce fou que tous les Goa’ulds qu’ils avaient pu lui envoyer et qui, eux, ne l’avaient pas supporté.
Nérus, un Goa'uld anciennement assujetti à Baal, avait été l’un d’eux. Il ne s’en était ni vanté, ni remis. Sa faim inextinguible avait été l’une des conséquences de son séjour, pourtant assez bref, chez Cottos. De ce séjour, il avait acquis quelques sciences qu’ils n’avaient pas hésité à mettre en pratique.
Erra avait peine à imaginer comment et pourquoi le Monstre s'était pris d'amitié envers un être comme Nérus dont l'obséquiosité était à vomir, au point de lui confier certains de ses secrets scientifiques.
A l'évocation du séjour de Ba'al chez Cottos, Alixe sentit chez Enki et Anat une vague de compassion les envahir, mais ni l’un ni l’autre ne le laissa voir aux autres.
Et puis, mieux valait que ce soit lui plutôt qu’eux.
Après tout, Ba’al avait fait des choix qu’aucun d’entre eux n’aurait osé faire, pris des décisions qu’il n’aurait jamais dû prendre, et cela en toute liberté de choix. Il avait chèrement payé le prix de son indépendance.
Ils l’avaient tous condamnés, directement ou indirectement, aux pires châtiments. Pourtant, pas un seul ne ressentait le poids de la culpabilité.
« Ba’al est un criminel, rappela Amaterasu. On ne peut lui faire confiance, quoi qu’il dise. Il n’a plus aucun pouvoir, et vous voudriez lui en redonner ? Les Tau’ris de son univers sont prêts à le vendre au plus offrant, pourvu qu’ils en soient définitivement débarrassés.
« Nous ne savons rien à propos de nos ennemis, et nous n’en savons guère plus sur Cottos qui est pourtant l’un des nôtres, parce que nous l’avons tenu à l’écart. Nous ignorons ce qu’il a fait, ces derniers temps… À quelles expériences il s’est adonné… À quelles types de découvertes ces dernières ont abouti… Il y a quelqu’un qui doit en avoir une idée… Peut-être même qu’il en sait plus que nous le supposons, et qu’il pourrait nous dire ce qui nous attend.
─ J’imagine que nous pensons tous à la même personne, maugréa Divona.
─ Plutôt deux fois qu’une, lui répondit Boann sans cacher une certaine joie.
─ D’accord, admit Erra. Supposons qu’IL connaisse d’autres choses en dehors des méthodes de torture de Cottos...
─ Ça, pour les connaître ces dernières, il les connaît, lui assura Taranis. Personne ne les connaît mieux que lui. »
Erra eut un sourire en coin.
Si Ba’al s’était retrouvé chez Cottos, c’est qu’il l’avait mérité. À lui tout seul, il cumulait plus d’heures de présence chez ce fou que tous les Goa’ulds qu’ils avaient pu lui envoyer et qui, eux, ne l’avaient pas supporté.
Nerus, un Goa'uld anciennement assujetti à Baal, avait été l’un d’eux. Il ne s’en était ni vanté, ni remis. Sa faim inextinguible avait été l’une des conséquences de son séjour, pourtant assez bref, chez Cottos. De ce séjour, il avait acquis quelques sciences qu’il n’avait pas hésité à mettre en pratique.
Erra avait peine à imaginer comment et pourquoi le Monstre s'était pris d'amitié envers un être comme Nérus dont l'obsquieusité était à vomir, au point de lui confier certains de ses secrets scientifiques.
A l'évocation du séjour de Ba'al chez Cottos, Alixe sentit chez Enki et Anat une vague de compassion les envahir, mais ni l’un ni l’autre ne le laissa voir aux autres.
Et puis, mieux valait que ce soit lui plutôt qu’eux.
Après tout, Ba’al avait fait des choix qu’aucun d’entre eux n’aurait osé faire, pris des décisions qu’il n’aurait jamais dû prendre, et cela en toute liberté de choix. Il avait chèrement payé le prix de son indépendance.
Ils l’avaient tous condamnés, directement ou indirectement, aux pires châtiments. Pourtant, pas un seul ne ressentait le poids de la culpabilité.
« Ba’al est un criminel, rappela Amaterasu. On ne peut lui faire confiance, quoi qu’il dise. Il n’a plus aucun pouvoir, et vous voudriez lui en redonner ? Les tau’ris de son univers sont prêts à le vendre au plus offrant, pourvu qu’ils en soient définitivement débarrassés.
─ Et tu offrirais combien pour l’avoir… entier… ou juste la tête ? »
Amaterasu posa un regard meurtrier sur Enki qui ne se départit pas.
« Il a payé sa dette, ajouta-t-il. Il n'a plus le moindre pouvoir, tu l'as dit toi-même.
─ Ce n’est pas parce qu’on ne voit pas ses pouvoirs qu’il n’en a aucun…
─ Vous en êtes toujours à ces rumeurs ? grommela Divona. Vous pensez encore qu’il a des bases secrètes et des ressources que nous ne connaissons pas ? À propos de dette, pourquoi ne pas lui faire payer la nôtre ? On pourrait l’utiliser comme monnaie d’échange… Ou tout simplement le livrer aux Tau’ris. On fait pareil avec Cottos. Deux pierres, un coup.
─ Eh… moi, j’marche pas là-dedans, protesta vivement Dercéto. Je ne veux rien avoir affaire avec Cottos, de près… ou de loin.
─ Ta’Sha [Arrêtez] ! On se sent déjà assez mal comme cela chaque fois que quelqu’un prononce son nom, dit Priape d’une voix grave et calme. S’il a conclu un pacte avec nos ennemis, je ne vois aucun problème à pactiser avec quelqu’un qui n’est pas son ami. À condition d’en être certain.
─ Pactiser avec Ba’al, c’est sûrement moins pire que d’attraper le typhus, fit remarquer Dercéto avec un sens de l’à-propos pour le moins original.
─ Nous n’attrapons pas le typhus, fit Erra. Ni aucune autre maladie.
─ Nous, non, mais nos hôtes, si.
─ On pourrait peut-être…
─ De quoi parle-t-on, enfin ? s’emporta Amaterasu. Nous sommes là à discuter d’un ennemi plus puissant que nous tous réunis, et vous êtes prêts à remettre nos pouvoirs entre les mains de Ba’al… parce que vous pensez qu’il est le seul à pouvoir nous sauver. Je comprends mieux votre réticence…
─ Je ne l’aurais pas formulé ainsi, mais cela me semble bien résumé, l’interrompit Teutatès sur un ton ironique. Nous ne lui donnerons rien, et nous ne lui apporterons aucune aide. Nous aurons assez affaire à nous sauver nous-mêmes. Ba’al ne devra compter que sur lui… et sur ceux qui accepteront de le rejoindre. Je ne m’inquièterai pas pour lui. Il est capable de se sortir de n’importe quelle situation, et d’en retirer quelque chose. Il est comme un ngi’au … Il retombe toujours sur ses pattes.
─ Un quoi ? demanda Ishkur qui ne savait comment le consigner, et s’il le devait.
─ Un tigre à dents de sabre, si tu préfères
En plus petit, lui fit savoir Erra.
─ Beaucoup plus petit », ajouta Amaterasu.
Teutatès poursuivit :
« Lorsqu’il se bat, ce n’est pas uniquement la victoire qui l’intéresse, c’est la manière avec laquelle il parvient à vaincre son ennemi, et qu’il y ait des témoins pour le raconter.
─ Vous parlez du ngi'au ou de Ba'al ? »
Personne ne se donna la peine de répondre à Ishkur.
« C’est vrai qu’il s’y entend pour ça, fit Bacchus. Qui ignore qu’il a tenu tête à Héra, il y a deux millénaires, et qu’il l’a battue sur son propre terrain ? Cela lui a d’ailleurs valu son premier et long séjour chez qui nous savons. »
Teutatès secoua la tête.
« Héra ? Elle ne faisait rien sans passer par Chronos. On ne pouvait pas dire que c’était réciproque. Elle avait autre chose à faire que se venger de Ba’al. Les Primordiaux et les Seconds avaient des problèmes plus importants à régler à cette époque. Certains d’entre nous s’en souviennent encore.
─ Si elle n’y était pour rien, alors pourquoi n’est-elle pas intervenue à son égard ? demanda Métis. Elle entretenait des liens très forts avec Baal l’Ancien.
─ Si les morts pouvaient agir, peut-être l’aurait-elle fait… ou non. Le fils n’est pas le père après tout.
─ Tu as l’air d’en savoir beaucoup au sujet de Héra, Teutatès.
─ Quand est-elle morte ? »
Ce fut Horus qui répondit.
« Juste avant le retrait des Primordiaux, Boann. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils se sont retirés.
─ Est-on certain qu’elle a été tuée ? insista Boann. Peut-être était-ce le cas de son hôte, mais elle ? Qui t’as raconté cela ?
─ Quelqu’un qui l’a su de la bouche de Chronos, répondit Teutatès avant que Horus ait à répondre lui-même.
─ Tu ne l'as donc pas vu de tes propres yeux ?
─ Chronos ou Cronos ? voulut savoir Ishkur.
─ Inutile de le consigner, lui répondit Rhadamanthe. C’est juste une parenthèse. »
Ishkur soupira en songeant qu’il y en avait eu pas mal des parenthèses qu’il aurait pu éviter de consigner sur son carnet, et qu’il s’était donné beaucoup de peine pour rien.
« Et tu l’as cru ? demanda Erra.
─ Quelle raison Chronos aurait-il eu de mentir ? »
La réponse apparut clairement dans leurs esprits. Chronos était un Goa’uld avant tout.
« Cette histoire est arrivée, il y a plus de deux millénaires », fit doucement Damona.
Amaterasu se forçait à rester calme.
En son for intérieur, elle se disait que ces histoires vieilles de plusieurs millénaires, ou seulement de quelques siècles auraient dû être réglées depuis longtemps, et définitivement, et qu’il ne devrait plus en être question.
Au lieu de cela, ses pairs parlaient de se laisser sacrifier, ou de survivre tant bien que mal, pourvu qu’un seul d’entre eux, un banni, un exilé, un déporté, survive à l’anéantissement total.
Ils lui prévoyaient même des alliés.
Pourquoi ? Pourquoi lui, précisément ? Comment et pourquoi aurait-il plus de chance de survie que les autres… ou elle ?
Ishkur eut la même pensée qu'elle :
« Pourquoi, n’aurions-nous pas les mêmes chances de survie que lui ? » demanda soudain Ishkur dans le silence qui venait de s’installer.
Il donnait l’impression d’avoir émis une réflexion personnelle.
La question ne s’adressait à personne en particulier.
Une fois encore, personne ne lui répondit.
Erra poursuivit :
« Pour ma part, je refuse de me soumettre à une décision arbitraire alors qu’il est tellement plus simple de lui faire avouer tout ce que nous avons besoin de savoir. Nous pourrons nous rendre compte, par nous-mêmes, de l’utilité de ces informations et de leur aptitude à nous protéger. Nous ne savons pas contre quel ennemi nous nous battrons, alors si lui, il le sait, je vous jure que je le lui arracherai de la gorge
Horus éclata de rire.
« Même sous la torture, il ne dira rien. Il préfèrera mourir, j’en suis certain. Et puis, je pensais, Erra, que tu étais un quelqu’un d’intelligent.
─ Je me plais effectivement à le penser.
─ Et tu es persuadé que la vérité naît de la torture ? », s’étonna Damona.
Erra n’apprécia pas la claque. Il aurait pu riposter, il s’en garda bien. Il avait remarqué l’intérêt d’Apollon au sujet de Damona. Il avait là une munition à garder au chaud.
Alixe sentit sa vision se troubler.
Elle avait soudain beaucoup de mal à se concentrer.
« Nous pourrions porter la question au vote, suggéra Amaterasu. »
Tout le clan d’Erra fit bloc derrière elle.
Alixe eut l’impression d’entendre les dernières paroles d’Amaterasu se répéter à l’infini dans son esprit.
Elle chercha à reprendre le fil de son rêve mais celui-ci refusait d’aller au-delà de ces paroles. Il se dérobait, se délitait...
Elle sentait plus qu’elle ne la voyait l’obscurité autour d’elle, silencieuse, dangereuse et surtout attirante comme un appel.
Quelqu’un la cherchait par-delà cette obscurité… Quelqu’un qu’elle devait rejoindre à tout prix…
Elle se laissa happer par cet impératif.
Bercé par le ronronnement tranquille à peine perceptible d'un moteur, une pièce obscure, enfouie dans les profondeur d'un édifice, oubliée de tous.
Non...
Pas totalement obscure. Pas totalement oubliée.
Autour d'elle, impeccablement alignés sur plusieurs rangs, des dizaines de gisants nimbés de la lumière bleue du métal dans laquelle ils avaient été moulés. Ils étaient parés d'une armure, mais Alixe n'aurait su dire de quelle origine ou de quel siècle. Elle en convint que, malgré leur physiologie humaine, les gisants ne représentaient pas des Terriens. Pas ceux dont elle connaissait l'évolution historique. Pourtant, d'instinct, elle en doutait
Certains d'entre eux avaient un visage parfaitement sculpté et conservé. Cela lui permit de découvrir qu'il y avait au moins autant de femmes que d'hommes parmi eux. Beaucoup d'entre eux semblaient âgés. Mais il y en avait dont le visage était méconnaissable, brisé à coups de massue.
Volontairement.
Sous les gisants, un sarcophage. Pas un de ceux qui vous ramènent à la vie. Plutôt un de ceux qui conserve votre corps des siècles après la mort, car ceux qui se trouvaient sous les gisants étaient bien morts.
Elle passa une main qu'elle ne pouvait voir le long de la surface lisse des cercueils, et devina plus qu'elle ne sentit les inscriptions gravées sur les parois.
Toute l'existence du gisant pour que l'on puisse se souvenir de lui, longtemps après sa mort.
Depuis des millénaires.
Pourtant, les statues funéraires donnaient l'impression qu'elles pouvaient se réveiller à tout instant, s'asseoir ou se lever pour faire face à celui qui devait veiller sur elles depuis tout ce temps.
Assise sur son trône, baignant dans une lumière blanche provenant des hauteurs invisibles, une momie avachie, blanchie par le temps. Un être crépusculaire d'apparence humaine dont la vie ne tenait qu'à des ... tuyaux, veillait sur ses compagnons comme il veillait sur son armada.
Comment pouvait-il encore être en vie ? L'était-il vraiment ?
Comme pour infirmer cette pensée, la momie engoncée dans son armure leva lentement un bras et tendit un index décharné vers elle, comme si elle la voyait.
Ce qui était impossible.
Sans qu'il eut à ouvrir la bouche, elle l'entendit s'exprimer d'une voix étonnamment jeune et claire :
« Nous sommes le roi sous la Montagne
Seigneur des armées les plus invincibles de l'Univers,
Voyageant de système en système, de planète en planète,
A la recherche de la Pierre Divine qui nous fera renaître,
Détruisant toute vie, même la plus infime, et nous en repaître.
Aujourd'hui, nous décapitons des dragons, demain nous vous chasserons.
Nous sommes le roi de la Montagne
Nous avons vaincu les anges miséricordieux et les dieux pervers,
Nous transformons des paradis et des enfers en éternelles comètes,
Ce n'est pas notre faute, car à la solitude vous nous avez fait naître,
Nous vous avons attendu longtemps, las de l'espérance peut-être,
On s'ennuie de tout, mon ange, ce n'est pas notre faute, alors nous décimons.
Nous sommes les orphelins, enfants du poète maudit,
Vous nous avez trahis, abandonnés, mais nous nous sommes relevés,
Prenez peur, car nous arrivons, rien ne sert d'élever contre nous vos armées,
car plus encore que d'autres espèces, l'Humanité est indigne de leur survivre
Coupable de nombreux crimes, elle doit quitter la nef de son arrogance ivre
Nous vous annihilerons, nous vous détruirons, votre souvenir nous consumerons
Ainsi l'avons-nous jugée pour ses crimes
Ainsi nous vous avons jugés, par-delà nos cimes.
Le Cœur de la Destinée nous accompagne sur les chemins de l'abîme. »

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