Les paladins de l'Atelier
Oserais-je pourfendre violemment, des camarades, des pairs, des soutiens... des gens de bien ?
Non, car l'adage d'Audiard n'a jamais tort : "Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît".
Alors moi qui suis vraiment critique de ceux qui crachent sur les puissants, il me serait sans doute idiot de tomber dans le même panneau.
Ainsi pourfendre violemment, meurtrir et puis malmener, et quand bien même je le pourrais... Me semble fort malavisé.
Soyons plus clair dans le discours : fi de la guerre, je veux l'amour.
Chacun a ses stupidités, certains sont laids, d'autres bien faibles, et cette liste très sommaire, Borges pourrait la continuer.
Quand bien même l'abus de pouvoir est une injustice très atroce, que les flics peuvent être violent, à la botte d'un gouvernement qui nous est parfois fort méchant... Voudrions-nous d'une zone libre, toute anarchiste, où les tueurs peuvent circuler sans jamais se voir inquiétés ?
Si je m'sens tueur je m'inquiète, et tiens à garder cette conduite.
Quand je vois le mal je l'attaque, qu'il soit d'en haut ou bien d'en bas.
Ceci étant posé... il me faut tout de même rigoler.
Et bien franchement, car après avoir vu passer dans les échanges des propos drôles de mes amis... Il ne me suffit pas de sourire, je dois en rire.
Et quoi de mieux qu'écrire un peu, c'est me conformer à mes voeux !
Que de rimes, que de rimes, ne serait-ce pas... que de la frime ? (auto-critique, pic-pic pic-pic)
Enfin je pourrais détailler, l'affaire et les protagonistes, ce qu'il s'est dit - et d'ailleurs ce n'est pas caché - ce que j'ai dit, mais je vais tenter d'élargir (le cul de Mercotte).
Et dire : le contrôle est une drogue.
On cherche à écrire comme ceci, ou comme cela.
On se rappelle du temps béni où l'on nous contrôlait souvent, et où l'on recevait des notes, pour se dire être bon élève, ou bien sale cancre, selon les coeurs...
Alors ici parfois l'on voit de méchants nazis d'la grammaire - et parfois le nazi c'est moi - qui annotent à tout va les textes débutants de quelques ignorants.
Ou alors je reçois, d'un monsieur que je ne nommerai pas, des critiques toutes jaunes sur mes rythmes et mes tournures...
J'en suis vexé, mais me souviens que moi aussi j'en fais parfois... des critiques toutes blanches sur les rythmes d'un autre... et quand bien même elles seraient rouges sur des tournures...
Sommes-nous tous flics alors ?
Cherchons-nous ici à nous remettre des papiers ?
"Tu as bien fait !", "C'est bien écrit !", "Ah oui vraiment c'est fort joli !", "Je n'aime pas cette triste chute...", "Mais je me perds dans ton histoire...", "Ah non franchement, c'est à revoir !"...
Faudrait-il imprimer par là, par ici, par derrière, des étiquettes, se les coller !
Moi mes textes sont non-genrés ! Sauf pour ceux que j'ai étiquetté...
Mais où s'arrête donc le contrôle ?
Ce qui me fait rire aux éclats : c'est la folie du patriote.
Il faut bien dire : je n'en manque pas...
Et la voir écrite noire sur blanc, sur un espace comme celui-ci, et voir défendre les valeurs de l'Atelier des auteurs, comme si c'était la République !
Ah c'est bien fort !
Et c'est d'un drôle !
Et pourtant... ce n'est pas si bête.
Encore faut-il être d'accord ! Quelles sont les valeurs et les codes ? Quelles sont les lois ? Avons-nous élu quelque roi ?
Moi je ne m'en souviens pas !
Un flic d'accord, mais justement il faut l'accord ! Il faut des règles pour monsieur, qu'on puisse régler les contentieux... Que je puisse demander des comptes, à celui qui oserait parler au nom de notre patrie l'Atelier !
Qui es-tu donc, toi camarade, pour m'empêcher de m'exprimer ?
Ah bien sûr moi on ne m'embête pas... Même mes parents ont peur de moi !
Mais enfin je parle des autres, d'la nouvelle qui fait sa réclame ! Ah ! Bien sûr je parle d'elle, depuis tout à l'heure tu sais bien...
Qui peut lui dire quelles sont les règles ? Qui donc a le pouvoir du dièse, de faire sonner les notes très justes ?
Celui qui est très populaire ?! Ce serait ça la démocratie !
Mais ici... qui oblige la démocratie ?
Faut pas oublier les partis ! Eh oui, mon assemblée, mes députés...
Et si y'a des flics attention ! Peut y'avoir des truands aussi... Et puis je crois : de la corruption.
Là je suis un peu fort gêné, car l'entre-soi, les privilèges, les oligarques de l'Atelier... bien aisé de les dénoncer !
Et pourtant quelle importance ?
Car je ne vois de pouvoir nulle part, si ce n'est des bricoles de croyances, qui sont bien légères mes amis.
Car ici c'est aussi la vie, et si c'est un peu comme je sais... Ô rien ne sert de se la jouer.

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