Chapitre 3

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Le bâtiment des Death Starler se tenait là. Silencieux. Ignorant. Mais plus vraiment invisible. Akar était déjà sur place. Assis sur un muret, les bras croisés.

— « T’en as mis du temps. »

Symba arriva sans bruit.

— « J’avais un entraînement. »

Akar sourit.

— « Ouais… t’avais besoin de te défouler. »

Symba ne répondit pas. Les autres arrivèrent progressivement. Un par un. Acer. Gregor. Puis les autres. Zayne arriva en dernier. Calme. Comme toujours.

— « On commence. »

Pas de perte de temps. Symba sortit son téléphone. Projeta les infos. Photos. Notes. Schémas.

— « Planque principale. »

Il montra l’entrée.

— « Surveillance active. Caméras + capteurs. »

Acer hocha la tête.

— « Je peux les couper. Ou mieux… les retourner. »

— « Fais-le discret, » répondit Symba.

Zayne observa les images.

— « Les rondes sont irrégulières. »

— « Mauvaise discipline. »

Gregor ajouta :

— « Mais ils compensent avec le nombre. »

Symba hocha la tête.

— « Et l’agressivité. »

Akar sourit.

— « Donc prévisibles. »

— « Exact. » Un silence. Puis Symba continua.

— « Ils ont une pièce centrale. »

Il zooma sur une fenêtre.

— « Commandement ou briefing. »

Zayne analysa rapidement.

— « Priorité. »

— « On coupe la tête, » ajouta Acer.

Symba acquiesça. Planification :

— « On attaque pas en semaine. »

Akar :

— « Trop de monde pris. »

Gregor :

— « Weekend. »

Zayne :

— « Plus de présence chez eux aussi. »

Un silence. Symba réfléchit.

— « Parfait. »

Tous levèrent légèrement les yeux.

— « Plus de cibles. »

Un sourire collectif apparut. Décision prise.

— « Samedi soir. »

Zayne valida.

— « Temps de préparation suffisant. »

Acer :

— « Et moi j’ai le temps de rentrer dans leur système. »

Matériel : Symba lista.

— « Armes blanches. »

Akar sourit.

— « Toujours. »

— « Armes à feu en backup. »

Gregor hocha la tête.

— « Équipement de blocage. »

Zayne :

— « Sorties. Entrées. »

— « Communication silencieuse. »

Acer :

— « J’optimise ça. »

— « Chaînes. »

Un silence. Akar leva un sourcil.

— « Tu penses vraiment en avoir besoin ? »

Symba ne répondit pas immédiatement. Puis :

— « On prévoit tout. »

Zayne observa Symba. Longuement. Mais ne dit rien. Stratégie. Symba reprit.

— « Phase 1 : infiltration. »

— « Discrète. »

— « Phase 2 : coupure des systèmes. »

Acer :

— « Total blackout. »

— « Phase 3 : isolement des groupes. »

Gregor :

— « On les sépare. »

— « Phase 4… »

Un silence. Puis Symba termina :

— « Élimination. »

Simple. Clair. Akar sourit.

— « Mon moment préféré. »

Zayne croisa les bras.

— « Timing ? »

Symba réfléchit une seconde.

— « 7 minutes. »

Un silence. Même Acer haussa les sourcils.

— « Tout ça ? »

— « Maximum. »

Le groupe comprit. C’était pas une estimation. C’était une promesse. Habitudes ennemies Symba termina.

— « Ils sont agressifs. »

— « Réactifs. »

— « Désorganisés sous pression. »

Zayne ajouta :

— « Et ils sous-estiment. »

Acer :

— « Toujours. »

Un sourire passa entre eux.

— « Leur plus grosse erreur. »

Symba rangea son téléphone.

— « Ils pensent qu’on est un gang. »

Il leva les yeux. Ses yeux rouges brillèrent dans la nuit.

— « On est une meute. »

Silence. Puis Akar éclata de rire.

— « Ils vont comprendre. »

Un à un… Les Ghost Killer se relevèrent. Prêts. Organisés. Synchronisés. La date était fixée. Le plan en place. Et maintenant… Il ne restait plus qu’à attendre. Et attaquer.

#(Changement de point de vue, potentielle transition)#

Le clavier cliquetait rapidement. Régulier. Précis. Acer était affalé sur sa chaise, une jambe repliée sous lui, l’autre qui bougeait sans arrêt. Sur son bureau : Un écran. Des câbles. Et… un bol de sucre. Il plongea deux doigts dedans. Le porta à sa bouche.

— « Mh… parfait. »

Silence. Puis il reprit :

— « Sérieusement… leur système est ridicule. »

Ses doigts dansaient sur le clavier. Pare-feu ? Inexistant. Cryptage ? Faible. Architecture ? Bâclée.

— « Ils ont fait ça en une soirée ou quoi… »

Il soupira.

— « Même pas drôle. »

Il reprit du sucre. Encore.

— « On dit que je suis fou… »

Un sourire étira ses lèvres.

— « Instable… dangereux… »

Il tapa une ligne de code.

— « Beta… ou alpha de bas rang… »

Il éclata doucement de rire.

— « Si seulement… »

Ses yeux brillèrent légèrement.

— « Leur tête quand ils comprennent… »

Un rire plus franc.

— « Oméga 5 récessif. »

Il secoua la tête.

— « J’ai pas l’air, hein ? »

Il regarda brièvement son reflet dans l’écran.

— « Normalement… c’est mignon. »

— « Calme. »

— « Fragile. »

Un silence. Puis il reprit, plus doucement :

— « Pas… comme moi. »

Ses doigts ralentirent une seconde.

— « Pas censé être comme moi. »

Un soupir.

— « Mais bon… »

Il haussa les épaules.

— « J’me débrouille. »

Une nouvelle ligne de code. Le système céda. Accès complet. Caméras. Alarmes. Portes. Tout.

— « Voilà. »

Simple. Rapide.

— « Trop facile. »

Il ouvrit les flux en direct.

— « Je peux tout voir… »

Un sourire dangereux apparut.

— « Tout contrôler… »

Ses doigts restèrent au-dessus du clavier.

— « Les éteindre… quand je veux. »

Un frisson passa. Puis… Il se laissa tomber en arrière sur sa chaise.

— « Parfait… »

Silence. Puis, sans transition :

— « Tu penses qu’un alpha voudrait de moi ? »

Il fixa le plafond.

— « Un jour… peut-être… »

Un rire léger.

— « Ou pas. »

Il attrapa une dernière pincée de sucre.

— « On verra. »

Puis il se redressa. Dernière vérification. Tout était en place. Système compromis. Accès sécurisé. Invisible.

— « Mission accomplie. »

Il ferma les écrans. Se leva.

— « Dodo. »

Comme si de rien n’était. Comme si pirater un gang entier… Était une tâche banale. La lumière s’éteignit. Et dans le noir… Un dernier sourire apparut. Instable. Mais parfaitement dangereux.

#(Changement de point de vue, potentielle transition)#

Zayne ajusta légèrement ses manches en sortant du bâtiment. Verre. Acier. Luxe discret. Yggdrasil Les réunions s’étaient enchaînées. Investisseurs. Partenaires. Décisions. Toujours le même jeu. Toujours les mêmes regards. Ils voyaient un héritier. Un futur dirigeant. Pas une personne. Il marcha calmement vers sa voiture. Fatigué. Mais droit. Parce que c’était ce qu’on attendait de lui. Il monta. Ferma la porte. Silence. Enfin. Il ferma les yeux une seconde. Puis soupira doucement.

— « …Quelle perte de temps. »

Pas totalement. Parce que malgré tout… Il ne regrettait pas. Le débrief avec les Ghost Killer. Ça, au moins… C’était réel. Logique. Précis. Pas rempli d’hypocrisie. Son regard changea légèrement.

— « Samedi… »

Le plan se formait déjà dans sa tête. Mais une autre pensée s’imposa. Plus lourde. Plus agaçante. Ses parents. Un message simple : On t’attend ce soir. Il serra légèrement la mâchoire.

— « Évidemment… »

Il savait pourquoi. Pas besoin d’explication. Ils voulaient lui présenter quelqu’un. Une femme. Un mariage arrangé. Il démarra. La voiture glissa dans la nuit. Ses pensées dérivaient. Chez les sorciers… Ce n’était pas simple. Ils ne trouvaient pas leur âme sœur comme les autres. Pas de regard. Pas de lien immédiat. Non. Le contact. Le toucher. Le seul moyen de savoir. Un lien. Ou rien. Zayne serra légèrement le volant.

— « Ridicule… »

Pas le concept. La situation.

— « Forcer ça… »

Un soupir.

— « …aucun sens. »

Il n’en avait pas envie. Pas du tout. Il n’en voyait pas l’intérêt. Pas maintenant. Pas comme ça. Mais il savait aussi… Qu’il n’avait pas vraiment le choix. Pas encore. Pas tant qu’il jouait ce rôle. Héritier. Fils parfait. Successeur. La voiture ralentit. La maison familiale apparut. Grande. Imposante. Froide. Il coupa le moteur. Un instant. Silence. Puis il ouvrit la portière.

— « …On fait ça vite. »

Son regard redevint neutre. Contrôlé. Masqué. Comme toujours. Mais au fond… Quelque chose le dérangeait. Pas la rencontre. Pas la pression. Mais… L’idée. D’un lien. Qu’il ne choisirait pas. Le portail s’ouvrit lentement. Silencieux. Imposant. Zayne entra sur la propriété sans ralentir. Le chemin était long. Encadré. Parfaitement entretenu. Au bout… Le manoir. Un mélange étrange. Entre château ancien et architecture moderne. Froid. Structuré. Sans défaut. Comme tout ici. La voiture s’arrêta. Zayne descendit. Deux coups à la porte. Net. Elle s’ouvrit presque immédiatement. Son père. Un regard. Un hochement de tête.

— « Tu es en retard. »

— « J’avais des obligations. »

Aucune émotion. Aucune remarque de plus.

— « Entre. »

Ils marchèrent jusqu’au salon. Et là… Tout était déjà en place. Sa mère. Droite. Élégante. Son frère aîné. Assis. Feuilletant des photos. Des femmes. Plusieurs. Des candidates.

— « Toujours aussi enthousiaste… » murmura Zayne.

Son frère leva à peine les yeux.

— « J’ai pas le choix. »

Puis il retourna à ses photos. Zayne détourna le regard. Et la vit. Assise. Calme. Une femme. Alpha 4. Minçe. Élégante. Cheveux châtain tirant sur le blond. Et surtout… Des yeux. Bleu profond. Un regard stable. Contrôlé. Elle n’était pas intimidée. Intéressant. Zayne s’installa dans un fauteuil. Sans un mot. Il l’observait. Pas comme un homme regarde une femme. Comme un stratège observe une situation. Posture. Respiration. Regard.

— « Candidate sérieuse… »

Sa mère prit la parole.

— « Zayne. »

— « Elle est issue d’une excellente lignée. »

— « Compatible avec la nôtre. »

Bien sûr. Toujours les mêmes critères. Pouvoir. Statut. Sang. Zayne ne répondit pas. Son regard ne quittait pas la femme.

— « Et toi ? » demanda-t-il simplement.

Un léger silence. Puis elle répondit :

— « Je suis ici pour les mêmes raisons que toi. »

Honnête. Directe. Il hocha légèrement la tête. Au moins… Elle ne jouait pas un rôle. Mais ça ne changeait rien. Rien du tout. Parce que lui… Il ne voulait pas ça. Pas un arrangement. Pas une alliance. Il voulait autre chose. Son regard se perdit une seconde. Une pensée. Chez les sorciers… Tout reposait sur le toucher. Un contact. Et seulement là… La vérité. Un lien. Ou rien. Mais les chances… 0,5%. Un chiffre ridicule. Presque inexistant. Un miracle. Mais ceux qui trouvaient… Trouvaient tout. Un lien réel. Puissant. Des enfants plus forts. Plus rares. Des lignées renforcées. Le rêve parfait… Pour ses parents. Mais pas comme ça. Pas forcé. Zayne croisa les mains.

— « On doit se toucher. »

Sa mère hocha la tête.

— « Évidemment. »

Un silence s’installa. Lourd. Inévitable. Zayne regarda la femme une dernière fois.

— « Allons-y. »

Sa voix était calme. Mais au fond… Il espérait une chose. Une seule. Que rien ne se passe. Parce que s’il y avait un lien… Alors tout changerait. Et pas comme il le voulait. Le moment arriva. Inévitable. Zayne tendit la main. Calme. Contrôlé. Elle fit de même. Leurs regards se croisèrent. Bleu profond. Rouge sombre. Puis leurs mains se touchèrent. Une seconde. Deux. Rien. Pas de chaleur. Pas de réaction. Pas de lien. Juste… Le vide. Elle relâcha la main la première. Sans émotion.

— « Rien. »

Simple. Direct. Zayne hocha légèrement la tête.

— « Rien. »

Sa mère inspira doucement. Déçue. Son père resta silencieux. Mais son regard… S’était durci. Son frère, lui, leva à peine les yeux de ses photos.

— « Une de plus. »

Zayne se leva lentement. Encore une. Encore une explication. Encore un refus. Le même cycle. Toujours. Depuis ses 18 ans. Le lendemain même de son anniversaire. Comme un compte à rebours. Présentations. Tests. Refus. Répété. Encore. Et encore. Sa mâchoire se serra légèrement.

— « Je ne suis pas intéressé. »

Sa voix était calme. Mais ferme. Sa mère ferma les yeux une seconde.

— « Zayne… »

— « Non. »

Pas agressif. Pas froid. Juste… Définitif. Un silence tomba dans la pièce. Puis il reprit :

— « Je veux mon âme sœur. »

Un mot interdit ici. Un mot naïf. Un mot inutile… Pour eux. Son père parla enfin.

— « Et si elle n’existe pas ? »

Zayne ne répondit pas tout de suite. Puis :

— « Alors je resterai seul. »

Un choc silencieux. Sa mère secoua légèrement la tête.

— « C’est irrationnel. »

— « 0,5%. »

— « Tu le sais. »

Oui. Il le savait. Parfaitement. Mais ça ne changeait rien.

— « Ceux qui trouvent… »

Sa voix baissa légèrement.

— « Sont heureux. »

Un silence.

— « Et leurs enfants sont plus forts. »

— « Leur lien est réel. »

— « Stable. »

— « Puissant. »

Son regard se releva.

— « Pas un contrat. »

Son père le fixa. Longuement.

— « Tu rêves. »

Zayne soutint son regard.

— « Peut-être. »

Un silence. Puis, plus bas :

— « Mais c’est mon choix. »

La tension monta. Invisible. Mais présente. Sa mère reprit, plus froide :

— « Tu n’auras pas ce choix éternellement. »

Zayne ne répondit pas. Parce qu’il savait. Ils finiraient par le forcer. Un mariage. Une alliance. Peu importe son avis. Un jour. Alors… Il n’avait qu’une option. Trouver. Avant qu’il ne soit trop tard. Son regard dériva légèrement. Perdu.

— « Mâle… femelle… »

Ça n’avait pas d’importance. Même si… Au fond… Il préférait une femme. Un oméga. Parce que l’équilibre était naturel. Alpha. Oméga. Plus stable. Plus puissant. Plus… Complet. Un léger sourire triste passa sur ses lèvres.

— « …Trouve-moi. »

À peine un murmure. Puis il se détourna.

— « J’ai terminé ici. »

Sans attendre de réponse. Il quitta la pièce. La porte se referma derrière lui. Et pour la première fois depuis longtemps… Zayne sentit une urgence. Pas celle des affaires. Pas celle du gang. Mais quelque chose de plus profond. Plus personnel. Le temps. Qui commençait à lui manquer.

#(Changement de point de vue, potentielle transition)#

La nuit était calme. Trop calme à son goût. Akar marchait sans but précis. Enfin… C’est ce qu’il croyait. Parce que soudain… Il s’arrêta. Son nez capta quelque chose. Une odeur. Douce. Chaleureuse. Différente. Ses yeux se plissèrent légèrement.

— « …C’est quoi ça ? »

Il inspira à nouveau. Plus profondément. Son corps réagit immédiatement. Sans réfléchir… Il se mit à suivre. Comme tiré. Attiré. Il tourna dans une ruelle. Puis une autre. Son attention entièrement fixée sur cette piste invisible.

— « Attends… attends… »

Son cœur accélérait. Pas comme en combat. Autrement. Plus instinctif. Plus profond. Il s’arrêta brusquement. Elle était là. Seule. Isolée. Une femme. De dos. L’odeur était encore plus forte. Akar resta figé.

— « …Non. »

Elle bougea. Et sans prévenir… Elle se déshabilla.

— « Hein— »

Avant même qu’il puisse réagir… La transformation. Rapide. Brutale. Une dragonne de feu. Imposante. Magnifique. Terrifiante. Akar ne bougea pas. Ses yeux étaient grands ouverts. Son cerveau venait de comprendre.

— « …Oh fuck. »

Le mot sortit tout seul. Pas de doute. Aucun. C’était elle. Son âme sœur. Son corps entier le hurlait. Son instinct le confirmait. Son odeur… Il la grava immédiatement. Comme une empreinte. Indélébile.

— « Putain… putain… putain… »

Son cœur battait trop vite. Trop fort. Il recula d’un pas. Puis deux.

— « Non non non… pas maintenant… »

Pas comme ça. Pas avant l’attaque. Pas avec leur vie. Pas avec ce qu’il était.

— « Comment j’vais lui dire ça moi ?! »

Panique. Pure. Mais pour une fois… Il ne fonça pas. Il ne parla pas. Il ne fit rien d’impulsif. Il resta caché. Respira. Analyse.

— « Ok… ok… calme-toi… »

Elle était là. Réelle. Mais dangereuse. Très dangereuse. Dragonne. Pas le genre de rencontre à improviser. Encore moins dans son état actuel. Encore moins avec ce qu’il préparait avec les autres.

— « J’peux pas… »

Sa main passa dans ses cheveux.

— « J’peux vraiment pas gérer ça là… »

Un dernier regard. Une dernière inspiration. Son odeur. Toujours aussi parfaite.

— « …Je reviens. »

Un murmure. Puis… Il recula. Et disparut. Sans bruit. Sans trace. Le cœur en vrac. Le cerveau en surcharge. Mais avec une certitude. Elle existait. Et maintenant… Il allait devoir faire avec.

#(Changement de point de vue, potentielle transition)#

La chaleur vibrait sous ses écailles. Stable. Contrôlée. Puis… Quelque chose changea. Une odeur. Subtile. Mais impossible à ignorer. Elle releva légèrement la tête. Ses narines frémirent.

— « … »

Quelqu’un. Son regard balaya les alentours. Invisible. Mais présent. Elle le sentait. Fort. Trop fort pour être une simple présence. Puis… Disparu. Net. Comme s’il n’avait jamais été là. Un silence. Elle resta immobile quelques secondes.

— « …Intéressant. »

Pas de peur. Pas d’agressivité. Juste… De la curiosité.

— « Tu es venu… »

Sa voix était basse.

— « Et tu es reparti. »

Un léger mouvement de tête.

— « Tu fuis… »

Ou…

— « Tu n’es pas prêt. »

Ses ailes se détendirent légèrement.

— « …Peu importe. »

Un souffle chaud s’échappa de sa gueule.

— « Je te retrouverai. »

Parce qu’elle le savait. Ce genre de lien… Ne disparaît pas. Jamais.

# (Changement de point de vue, potentielle transition) #

Symba était calme. Trop calme. Allongé sur son lit. Regard fixé au plafond. Vide. Les liens d’âme sœur se déclenchaient à partir de 16 ans. Tout le monde le savait. Tout le monde en parlait. Tout le monde… Ou presque. Pas lui. Rien. Jamais. Pas de sensation. Pas de lien. Pas de signe.

— « …Tch. »

Ça ne le dérangeait pas. Ou du moins… C’est ce qu’il se disait. Il se redressa. Les clubs existaient pour une raison. Et il en profitait. Sans attache. Sans réflexion. Homme. Femme. Aucune différence. Il choisissait une proie. Puis disparaissait. Simple. Efficace. Il se leva. Attrapa ses vêtements. Direction la douche. L’eau coula. Rapide. Mécanique. Sans pensée. Il sortit. S’habilla. Attrapa ses clés. Puis écrivit rapidement à son frère :

Je vais au club. Quelques heures. Je rentre vers 11h / minuit.

Envoyé. Pas d’explication. Pas nécessaire. Il sortit. La Mustang F1 l’attendait. Le moteur rugit. Familier. Réconfortant. Puis il partit. Direction : Le club. La nuit. Le bruit. Les corps. Et tout ce qui lui permettait… D’oublier. Ou de ne pas penser. Parce qu’au fond… Le vide restait. Silencieux. Mais bien présent.

#(Devrais-je faire une transition ou ca se fait naturellement ? À voir)#

Le club brillait dans la nuit. Lumières tamisées. Or. Noir. Rouge. Un luxe assumé. Presque provocant. La musique vibrait dans les murs. Grave. Envoûtante. Les corps bougeaient. Synchronisés. Libres. Et partout… Des regards. Des offres. Des intentions. Les servantes circulaient entre les tables. Sourires maîtrisés. Présences calculées. Certaines proposaient plus que le menu. Mais ici… Rien n’était forcé. Tout se négociait. Tout se choisissait. Symba entra sans ralentir. Personne ne l’arrêta. Personne ne lui parla. Mais tous savaient. Il monta directement vers le coin VIP. Sa place. Toujours libre. Toujours respectée. Parce que personne n’était assez stupide pour la prendre. Il s’assit. Calme. Une serveuse s’approcha immédiatement.

— « Comme d’habitude ? »

— « Vodka. »

Simple. Elle hocha la tête et disparut. Symba s’enfonça légèrement dans le fauteuil. Son regard balayait la salle. Pas distrait. Calculateur. Les servantes. Les clients. Les groupes. Les solitaires. Tout passait. Certains regards s’attardaient sur lui. Intéressés. Curieux. Attirés. Il les remarquait tous. Mais ne réagissait pas. Pas encore. La bouteille arriva. Il servit un verre. Le porta à ses lèvres. L’alcool brûla légèrement. Familièrement. Son regard se fixa sur la piste. Une femme. Un homme. Deux. Trois. Des possibilités. Des proies consentantes. Il n’avait qu’à choisir. Toujours comme ça. Facile. Sans attache. Sans conséquence. Un jeu. Un exutoire. Mais ce soir… Quelque chose était différent. Subtil. Difficile à nommer. Son regard se plissa légèrement.

— « … »

Il observa encore. Plus attentivement. Comme s’il cherchait quelque chose. Ou quelqu’un. Sans savoir quoi. Il reprit une gorgée. La musique monta. Les lumières changèrent. Mais lui… Restait immobile. Calme. Prédateur. En attente. Parce qu’au fond… Ce n’était pas juste une soirée comme les autres. Quelque chose allait se passer. Et cette fois… Il n’allait pas juste choisir. Il allait tomber sur quelque chose… Qu’il n’avait pas prévu.

#(Changement de point de vue, potentielle transition)#

Le club vibrait déjà. Mayka entra avec son groupe. Cinq filles. Toutes proches. Toutes différentes. Mais avec un point commun. Omégas. Leurs rires couvraient presque la musique.

— « On est sorties trop tôt ! » lança l’une.

— « J’te jure, j’vais pas tenir la semaine… »

Mayka sourit légèrement. Elle comprenait. Leur corps changeait. La pression montait. Lentement. Mais sûrement. Leur instinct devenait plus présent. Plus lourd. Sans lien… C’était difficile. Pas impossible. Mais difficile. Leurs regards se posaient naturellement sur les alphas présents. Pas par envie immédiate. Mais par besoin. Un besoin qu’elles tentaient de contrôler. Mayka, elle… Restait plus calme. Mais pas insensible. Sa louve bougeait doucement en elle. Blanche. Argentée. Rare. Puissante. Et consciente. Très consciente. Son regard balaya la salle. Analytique. Elle ne cherchait pas juste quelqu’un. Elle évaluait. Présence. Aura. Contrôle. Parce qu’un mauvais choix… Pouvait empirer les choses.

— « Là-bas, » murmura une de ses amies en pointant la piste.

— « Trop instable, » répondit Mayka.

— « Sérieux ? »

— « Regarde sa posture. Il contrôle rien. »

Un silence. Puis :

— « Ok… validé. »

Elles rirent. Mais elles écoutaient. Toujours. Parce que Mayka ne se trompait presque jamais. Son regard continua de glisser… Puis s’arrêta. Le coin VIP. Un homme. Seul. Calme. Trop calme. Son énergie ne correspondait pas au reste. Pas bruyante. Pas dominante au sens classique. Mais… Lourde. Dangereuse. Sa louve se redressa immédiatement. Alerte.

— « … »

Quelque chose clochait. Ou attirait. Elle ne savait pas encore. Mais c’était là. Réel. Elle détourna légèrement le regard.

— « On bouge, » dit-elle à ses amies.

— « Où ? »

— « Ailleurs. »

Pas encore. Pas comme ça. Mais son instinct restait accroché. Au coin VIP. À lui. Sans qu’elle sache pourquoi. Et pendant ce temps… Dans l’ombre du luxe et des lumières… Deux prédateurs venaient de se remarquer. Sans encore se comprendre.

#(Changement de point de vue, potentielle transition)#

Le verre s’arrêta à mi-chemin. Les yeux de Symba changèrent. Rouge. Mais pas comme d’habitude. Plus profond. Plus vif. Trop vif.

— « …Merde. »

Il le savait. C’était mauvais. Très mauvais. Quand ça arrivait… Il perdait le contrôle. Plus de filtre. Plus de pensée claire. Juste… L’instinct. Ses amis le savaient. Ils avaient déjà dû l’attacher. Le contenir. Parce qu’à ce moment-là… Il n’était plus lui-même. Un souvenir traversa son esprit. Zayne. Calme. Analytique.

« Fais attention à ton loup. »

Sur le moment… Il n’avait pas compris. Maintenant… Son regard se releva. Et il la vit. La louve. Blanche. Argentée. Rare. Puissante. Elle le regardait. Fixement. Sans peur. Sans détour. Le temps sembla ralentir. Plus de musique. Plus de bruit. Juste eux. Et quelque chose… Qui passait. Invisible. Mais réel. Son cœur accéléra. Son corps réagit. Trop vite. Trop fort.

— « …Qu’est-ce que… »

Il serra la mâchoire. Son instinct criait. Avance. Mais son esprit résistait. Reste. Un combat. Interne. Brutal. Puis… Elle détourna le regard. Comme si elle avait compris. Ou décidé. Elle rejoignit ses amies. Et elles partirent. Comme si rien ne s’était passé. Mais pour Symba… Tout avait changé. Il resta immobile. Respiration plus lourde. Corps tendu. Réaction incontrôlée.

— « …Putain. »

Il n’avait rien fait. Rien. Et pourtant… Son corps était en alerte maximale. Excité. Comme jamais. Pas juste physique. Instinctif. Primitif. Son regard resta fixé sur l’endroit où elle était. Vide maintenant. Mais marqué par l’expérience étrange avec la louve.

— « C’était quoi ça… »

Pas une simple attraction. Pas une envie passagère. Quelque chose de plus profond. Plus dangereux. Plus… réel. Il passa une main dans ses cheveux.

— « …Le loup. »

Les mots de Zayne revenaient. Encore. Encore. Et pour la première fois… Il commençait à comprendre. Un peu. Mais pas assez. Pas encore. Il attrapa son verre. Le vida. Mais l’alcool ne faisait rien. Rien du tout. Parce que cette fois… Ce n’était pas quelque chose qu’il pouvait ignorer. Ou oublier. La louve. Son odeur. Son regard. Restaient. Gravés. Et quelque part en lui… Quelque chose venait de se réveiller. Et ne comptait pas se rendormir.

Le moteur de la Mustang s’arrêta brusquement. Symba ne coupa même pas la musique. Il sortit. Direct. Le bar était presque vide à cette heure. Parfait. Zayne était déjà là. Assis. Calme. Comme toujours. Mais son regard changea dès qu’il vit Symba.

— « T’as appelé. »

— « Ouais. »

Symba s’assit en face. Pas de détour.

— « Y’a un problème. »

Zayne ne répondit pas. Il attendait.

— « Mes yeux… »

— « Rouge. Pas normal. »

Zayne hocha légèrement la tête.

— « Et ? »

Symba serra la mâchoire.

— « J’ai vu une louve. »

Un silence.

— « Et ? »

— « Mon corps a réagi. Direct. »

Zayne ne bougea pas.

— « Instinct. »

— « Pire que ça. »

Symba passa une main dans ses cheveux.

— « J’ai failli perdre le contrôle. »

Un silence plus lourd. Zayne analysait.

— « Décris-la. »

— « Blanche. Argentée. »

Une pause.

— « Puissante. »

Zayne se figea une fraction de seconde.

— « Rare. »

— « J’me doute. »

Symba se pencha légèrement.

— « Elle me regardait. »

— « Fixement. »

— « Et moi… j’pouvais pas bouger. »

Zayne croisa les mains.

— « Et elle ? »

— « Elle est partie. »

Un silence. Puis :

— « Et depuis ? »

Symba détourna légèrement le regard.

— « Ça s’arrête pas. »

Zayne comprit immédiatement. Pas besoin de plus.

— « Ton loup. »

Symba releva les yeux.

— « Explique. »

Zayne inspira doucement.

— « Chez les loups… le lien peut être plus… brutal. »

— « Moins subtil que chez les sorciers. »

— « Plus instinctif. »

— « Plus immédiat. »

Un silence.

— « Tu penses que c’est ça ? »

Zayne le fixa.

— « Je pense que tu viens de rencontrer quelqu’un qui… te correspond. »

Symba secoua la tête.

— « Non. »

— « Pourquoi elle ? »

— « Pourquoi comme ça ? »

— « Et pourquoi elle m’a regardé moi ? »

Zayne répondit sans hésiter :

— « Parce que c’est réciproque. »

Silence. Lourd. Symba se laissa tomber contre le dossier.

— « J’veux pas ça. »

Pas un refus total. Un refus de timing. De contrôle. Zayne le comprit.

— « T’as pas choisi. »

— « Personne choisit. »

Symba ferma les yeux une seconde.

— « Ça tombe mal. »

Zayne esquissa un léger sourire.

— « Ça tombe toujours mal. »

Un silence passa. Puis Symba rouvrit les yeux.

— « J’fais quoi ? »

Zayne réfléchit. Puis :

— « Tu observes. »

— « Tu te contrôles. »

— « Et surtout… »

Un regard plus sérieux.

— « Tu la sous-estimes pas. »

Symba hocha lentement la tête.

— « Trop tard pour ça… »

#(Changement de point de vue, potentielle transition)#

Le deuxième club était plus calme. Moins intense. Moins chargé. Parfait pour ses amies. Mais pas pour elle. Mayka était assise. Silencieuse. Trop silencieuse.

— « Ça va ? » demanda une de ses amies.

— « Ouais… »

Mensonge. Elle fixait son verre. Repassant la scène. Encore. Le regard. Le sien. Ce moment.

— « … »

Son cœur accéléra légèrement. Pas de peur. Autre chose.

— « Mayka ? »

Elle releva la tête.

— « Vous avez senti quelque chose… tout à l’heure ? »

Un silence.

— « Genre quoi ? »

Elle hésita. Comment expliquer ça ?

— « Un… malaise ? »

— « Ou une présence ? »

Ses amies échangèrent un regard.

— « Non… »

— « Rien de spécial. »

Bien sûr. Évidemment. Elle inspira doucement.

— « Laissez tomber. »

Mais elle ne pouvait pas. Parce qu’elle savait. Quelque chose s’était passé. Réel. Et surtout… Réciproque. Elle posa son verre.

— « J’ai besoin d’air. »

Elle se leva. Sortit. La nuit était plus froide. Calme. Mais son esprit ne l’était pas.

— « Pourquoi… »

Pourquoi lui ? Pourquoi ce regard ? Pourquoi cette réaction ? Elle serra légèrement les poings.

— « …C’était quoi ça… »

Sa louve bougea en elle. Agitée. Mais pas hostile. Attirée. Elle ferma les yeux une seconde.

— « …Non. »

Pas maintenant. Pas comme ça. Elle rouvrit les yeux. Mais au fond… Elle savait déjà. Elle allait le revoir. Et cette fois… Elle ne partirait pas.

#(Changement de point de vue, potentielle transition)#

Il marchait. Sans direction. Encore. Ça faisait déjà un moment. Et ça ne passait pas.

— « Putain… »

Il passa une main dans ses cheveux. Encore. Son cœur battait trop vite. Pas comme en combat. Pire. Parce qu’il ne pouvait rien faire. Il s’arrêta brusquement.

— « C’est quoi ce délire… »

Son regard se perdit dans le vide. La dragonne. Son odeur. Sa présence. Gravée. Impossible à ignorer.

— « Une foutue dragonne… »

Il laissa échapper un rire nerveux.

— « Sérieux ?! »

Comme si sa vie n’était pas déjà assez compliquée. Un soupir.

— « Une âme sœur… maintenant… »

Pas après l’attaque. Pas dans un moment calme. Non. Maintenant. En plein chaos.

— « Timing de merde… »

Il reprit sa marche. Plus rapide.

— « Et j’fais quoi moi ?! »

Lui parler ? Non. Pas prêt. Pas du tout.

— « Elle va me cramer vivant… »

Un silence. Puis, plus bas :

— « …Mais elle était… »

Il s’arrêta.

— « …incroyable. »

Un sourire passa. Malgré lui.

— « Putain… »

Il secoua la tête.

— « Non. Stop. »

Il inspira profondément.

— « On a une mission. »

Le gang. L’attaque. Priorité. Toujours. Mais son corps… Refusait de suivre.

— « J’vais devenir fou… »

Et pour une fois… Il n’exagérait pas. Le bar était toujours calme. Zayne n’avait pas bougé. Symba, lui, était plus tendu.

#(Changement de point de vue, potentielle transition)#

— « Explique-moi. »

Direct. Zayne le fixa.

— « Les liens d’âme sœur. »

Un silence.

— « Chez les loups… c’est instinctif. »

— « Violent. »

— « Irrationnel. »

Symba croisa les bras.

— « Ouais, j’ai remarqué. »

Zayne continua.

— « Quand ça se déclenche… »

— « Ton corps réagit avant ton esprit. »

— « Toujours. »

— « Et ton loup… prend de plus en plus de place. »

Un silence. Symba réfléchissait.

— « Mes yeux… »

— « Le début. »

— « Et après ? »

Zayne hésita une fraction de seconde.

— « Si tu contrôles pas… »

— « Tu perds le dessus. »

— « Et c’est lui qui décide. »

Un silence lourd. Symba baissa légèrement les yeux.

— « Ça explique… »

Les moments. Les pertes de contrôle. Les réactions. Tout.

— « Et elle ? »

Zayne répondit calmement :

— « Elle ressent la même chose. »

— « Peut-être différemment. »

— « Mais elle le ressent. »

Symba releva les yeux.

— « Donc… elle m’a reconnu. »

— « Probablement. »

Un silence. Puis :

— « Pourquoi elle est partie ? »

Zayne réfléchit.

— « Peur. »

— « Surprise. »

— « Ou contrôle. »

— « Comme toi. »

Symba serra la mâchoire.

— « J’aime pas ça. »

— « Personne aime perdre le contrôle. »

— « C’est pas ça. »

Un silence.

— « J’aime pas… dépendre de ça. »

Zayne hocha lentement la tête.

— « Trop tard. »

Direct. Honnête. Symba passa une main sur son visage.

— « Donc j’fais quoi ? »

— « Tu réfléchis. »

— « Tu contrôles ton loup. »

— « Et tu évites de faire n’importe quoi. »

Un regard plus appuyé.

— « Surtout maintenant. »

Symba comprit. L’attaque. Le timing. Tout s’entremêlait.

— « Parfait… »

Un rire sans joie.

— « Comme si j’avais besoin de ça en plus. »

Zayne resta calme.

— « Tu vas devoir apprendre vite. »

— « Parce que ce genre de lien… »

Un silence.

— « Ne disparaît pas. »

Symba fixa la table. Pensées en vrac. Le club. La louve. Ses yeux. Ses réactions.

— « …Tout s’explique. »

Mais ça ne simplifiait rien. Au contraire. Tout devenait plus compliqué. Plus dangereux. Et surtout… Plus personnel.

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