Champs de colza
En reponse au defi hebdomadaire d'Etienne Ycart : écrire la suite
Les champs de colza, blonds, jaunes pâles comme autant de petits poussins courant dans tous les sens jusqu'à l'horizon, peut-être même au-delà ; des armées d'hyménoptères butinaient laborieusement, s’engluant jusqu'à la gueule d'un bon pistil bien crémeux.
Juliette n’en fit qu'à sa tête, elle retira ses ballerines pour fouler l’herbe perlée par la rosée du matin. Oscar avait invité sa coquette à une balade romantique au soleil levant. Main dans la main, tels des adolescents insouciants, laissant un instant derrière eux les soucis d’un quotidien pesant, ils sautillaient à travers champs, les cheveux dans le vent.
Une bise malicieuse souleva la robe de la belle. Surprise, Juliette laissa échapper un petit cri qui ondula sur ses lèvres soyeuses. Oscar ne quittait pas des yeux son épouse au sourire enjôleur, une idée folle traversa les champs de colza pour se blottir tendrement dans les bras d’un amant passionné. Et s’ils profitaient de l'instant tout simplement.
Alors dans un élan, Oscar souleva sa partenaire pour l'embrasser avec fougue. Comment ne pas être sous le charme d’une si jolie fleur dont les joues se coloraient de rouge à chaque battement de cœur ? Comment refuser ce rendez-vous inopiné entre amoureux fous ? Les champs formaient un rempart de choix pour dissimuler son émoi devant la beauté de son amante.
Dans un petit coin de nature, un carré de verdure avait offert un lieu idéal pour butiner avec régal les jardins secrets. Le cadre était divin pour affoler deux êtres coquins. L’espace se figea, le temps de leurs ébats. Le temps ralentit, témoin de leur passion infinie. Avec tendresse, les caresses devinrent de doux friselis sur leur peau soyeuse. Avec passion, leurs gestes se répondirent à l’unisson.

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