Mes non dits amoureux
Cher Gautier...
Je t’écris cette lettre parce que je n’ai plus la force de garder tout ça en moi. J’ai essayé, vraiment. J’ai essayé de sourire, de faire comme si de rien n’était, de prétendre que mes sentiments n’étaient qu’un petit trouble passager. Mais la vérité, c’est qu’ils m’ont usée. Ils m’ont vidée. Ils m’ont fait mal d’une façon que je n’arrive plus à cacher.
Je veux d’abord te demander pardon. Pardon d’avoir ressenti quelque chose que je n’aurais jamais dû éprouver. Pardon d’avoir laissé mon cœur s’attacher à toi alors que tu étais déjà aimée par quelqu’un d’autre. Pardon si, sans le vouloir, j’ai mis un poids sur tes épaules, même minuscule. Pardon d’avoir espéré, parfois, dans le silence de mes nuits, quelque chose qui n’aurait jamais dû exister.
Tu n’as rien fait de mal. Tu as juste été toi. Et c’est ça, le problème. C’est ça qui m’a touchée trop fort.
Tu m’as demandé qui était mon âme-soeur, encore et encore, avec cette innocence qui me brisait un peu plus chaque fois. Tu riais, tu insistais, et moi je me noyais dans mes propres émotions, incapable de te dire la vérité sans trembler.
Alors je vais te la dire maintenant, même si ça me coûte. C’était toi. C’est toi. Et c’est précisément pour ça que je dois m’éloigner un peu.
Je ne veux rien de toi. Je ne veux pas que tu doutes de ton couple, ni que tu te sentes coupable, ni que tu changes quoi que ce soit dans ta vie. Je ne veux pas être une ombre qui plane autour de toi, ni une blessure, ni un souvenir.
Je veux juste que tu comprennes pourquoi je me retire. Ce n’est pas par colère. Ce n’est pas par déception. C’est parce que je t’aime d’une manière qui me fait trop mal pour continuer comme si de rien n’était.
Je dois apprendre à t’aimer autrement. À t’aimer de loin. À t’aimer en silence. À t’aimer sans espérer.
Je te demande pardon une dernière fois : pardon de ne pas avoir su contrôler ce que je ressentais, pardon de devoir prendre mes distances, pardon de t’aimer trop pour rester près de toi comme si mon cœur ne se fissurait pas un peu plus chaque jour.
Je te laisse aller là où ton bonheur existe déjà. Et moi, je vais essayer de recoller les morceaux du mien.
Merci d’avoir été quelqu’un d’important. Merci d’avoir existé dans ma vie, même si ce n’était pas de la façon dont je l’aurais voulu. Merci pour tout ce que tu ne sauras jamais que tu m’as apporté.
Je m’éloigne doucement. Sans bruit. Sans reproche. Avec juste un peu de chagrin qui me suivra encore un moment.
Adieu, ou peut-être juste… à plus loin.

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