Étouffement
Tant de jours et de nuits passés dans le désir impétueux d’un autre auprès de soi. Quel désespoir ce manque autour du cou, autant que cette vie d’avant en souvenirs perpétuels, ombres pâles d’un amour à jamais perdu.
Tel un serpent venimeux, avide, l’absence envahissante se terre au creux d’un corps vide ; douleurs pernicieuses souvent, souffrances insupportables à chaque instant.
Pour tout ou pour rien, des larmes au bord des cils, rivières déchaînées, désormais familières, sculptrices habiles et sournoises des lignes du temps et des sillons de peines.
Se sentir seul, si seul au cœur de ce désert glacial, la solitude en pendentif, même entouré des voix et des rires d’une foule immense. Juste un besoin irrépressible d’isolement au fin fond d’une prison dépeuplée toujours froide, tellement froide.
Oser l’esquisse fragile d’un pas en avant, timide, aussitôt anéanti par deux pas de géant en arrière.
Tant de vagues de doutes, de questions sans réponse aux mystères ténébreux, de tentatives d’étouffements sauvages dans la gorge.
Pourtant, un soir, en dépit d’une lancinante torture en plein cœur, malgré cette écharde plantée dans la chair, surgissent une lueur et un appétit impétueux. La pointe de l’envie d’un cheminement à travers l’obscurité se dresse, en direction d’une aube infinie.
Voilà la percée d’une lumière lointaine qui peu à peu se rapproche, devient éblouissante.
Le regain d’un souffle infime, puis d’une respiration suivie du cri d’une soudaine renaissance. Un nouveau rendez-vous avec le désir. L’espoir, enfin de retour !

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