Chapitre 12 ~ La R.D.Â. (3/5)

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Je reportais mon attention vers le professeur. Il fallait que je reste neutre. Que je ne montre aucune émotion. Rester conforme à mon rôle. Nous étions tous impuissants face à de telles actions. Même si je voulais protester, rien de bon n’en ressortirait. Il fallait que je sois patient. Et, surtout, je devais trouver un moyen de rendre ma couleur noire à mon âme.

Monsieur Tantum avait le regard perdu dans le vide. Son visage était déformé par le choc. Tout comme nous, c’était peut-être la première fois qu’il assistait à une scène pareille. Lui non plus n’osait pas effectuer le moindre mouvement.

L’homme au trench-coat frappa dans ses mains et se leva, un sourire franc sur les lèvres. Il s’avança au centre de la pièce, comme s’il venait d’assister à une représentation cinématographique, et tendit les bras vers nous.

— Bonjour à tous, dit-il d'une voix amusée, comme si tout cela n'était qu'un jeu. Je suis le chef de la R.D.Â. Vous pouvez m'appeler Claus.

On peut aussi t'appeler connard.

L'homme replaça ses mains derrière son dos et se promena entre les rangs.

— Vous l’ignorez peut-être, mais les impostures se multiplient à un rythme alarmant. Notre unité opère sans répit dans chaque école de la planète pour éradiquer cette menace. Des agents spécialisés veillent en permanence à débusquer les coupables. Si vous êtes témoin d’un acte illicite, signalez-le immédiatement. Les complices subiront le même sort que les responsables : une destruction sans appel. Et souvenez-vous : nos yeux sont partout. Aucun acte ne nous échappe.

Ses yeux se posèrent sur chacun de nous : il nous mettait en garde.

— Ces fraudes empêchent le bon fonctionnement de notre système. Elles pourraient avoir des effets dévastateurs sur le monde, sur les humains. Et, puisqu'une fraude se baladait dans vos rangs, il se peut que certains d'entre vous aient été complices. À cet effet, je vais interroger individuellement chacun d'entre vous. Toi — il pointa son doigt sur une fille rousse au premier rang — je vais commencer par toi. Suis-moi. Les autres, je vous prie d'attendre bien sagement avec la R.D.Â. Je ne saurais que trop vous conseiller de rester sage. Mes hommes ont l'ordre d'appuyer sur la détente si l'un d'entre vous essaye de fuir.

Qu'allaient-ils nous faire ? Nous torturer ? Allaient-ils nous sonder, vérifier notre âme ?

— C'est quoi ces conneries ? murmura Mirabella.

J'étais encore sous le choc, incapable de prononcer le moindre mot.

— C'est sûr qu'un Renifleur se cache parmi nous, ajouta Mirabella, faisant écho aux paroles de Célestin quelques jours plus tôt. Et je parierais que cet enfoiré n'est autre que Melvin !

— Je t'ai posé une question, Mattheus.

Je me concentrai de nouveau sur l'instant présent. La voix de Claus me donnait mal à la tête. J’avais envie de me lever et de lui décrocher ma plus belle droite.

— Et que voulez-vous que je réponde au juste ? Vous croyez que j'ai que ça à foutre d'espionner mes camarades ?

Claus esquissa un léger sourire.

— Ça a le mérite d'être franc. Tu es le fils de Maurelius, je pars du principe que je te fais confiance.

— Vous connaissez mon père ?

Question idiote, tout le monde semblait connaître mon père, d'une manière ou d'une autre.

— Bien sûr. Tu sais, ton père est d'un grand soutien pour notre cause.

J'avais des envies de meurtre. Si je pouvais me voir dans un miroir, je ne me reconnaîtrais probablement pas. Je sentais la veine de mon front gonfler sous la colère.

Claus attrapa ma main, celle où trônait ma bague. J'eus un mouvement de recul, sans pouvoir me contrôler. Sa main était glaciale. Le chef de la R.D.Â. me fit une moue taquine et pencha légèrement la tête.

— De quoi as-tu peur, Mattheus ?

Il inspecta la bague et manipula mon doigt sans précaution. Je retins mon souffle. J'étais cuit, cuit ! C'en était fini de moi. J'allais mourir ici et maintenant. Je ne reverrai plus jamais...

— Sacrée Maurelius.

Claus libéra ma main et se leva d'un bond, les mains derrière le dos. J'observais ma bague du coin de l'œil. Les pierres étaient noires. Je clignai des yeux, comme si j'étais en train de rêver.

— Viens avec moi, je souhaite te montrer quelque chose, fils de Maurelius.

Claus me tendit la main. Je l'observais, interdit. Je me demandais si je pouvais lui faire confiance, comme si j'avais le choix de pouvoir refuser. Dans un soupir, je finis par saisir sa main. Quel autre choix que de le suivre, de toute façon ?

Claus et moi disparûmes dans un nuage de fumée. J’étais pris dans un tourbillon qui me retournait les boyaux — comme chaque fois que je voyageais ainsi.

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