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Hôte : Henri ; 04h56 – Salon de Coiffure de Hanakaze, maison des Watson
Mes perceptions se connectent aux sens de Henri… Il est utile de noter que les déplacements entrent mes différents hôtes sont toujours incontrôlables, par ailleurs, ce n’est pas de la téléportation, mais un mouvement physique émanant de ma conscience. Depuis son regard, il m’est possible d’observer les sièges en cuir, qui se reflètent dans les miroirs. Ses yeux se déplacent sur le matériel de coiffure et les produits de beauté rangés sur les tables attenantes. Il fixe la cabine dissimulée derrière un rideau noir près des escaliers. Des pas feutrés résonnent… Sereinement, Annie descend les marches en souriant.
— Je vais devoir partir, les gardes attendent mes instructions.
— Pas si vite, mon grand gaillard… D’abord mets-toi à genoux !
Dès que le ton sensuel fait vibrer ses tympans, Henri fléchit son genou… Il guette l’approche de son épouse en fixant ses iris ambrés. Un, deux, trois, quatre pas, Annie s’arrête, saisit le large visage carré entre ses mains avec un petit rire sournois, dépose ses douces lèvres sur celles de mon hôte en plaquant sa petite poitrine contre son buste musclé. La grande main de son époux glisse dans la longue chevelure brune au toucher soyeux. Dans ce contact, les secondes s’écoulent en silence… Le baiser s’achève finalement d’un regard réciproque.
— Il faudrait que tu apprennes à déléguer tes fonctions, mon cœur !
— Je ferai de mon mieux pour me libérer, ma chérie.
D’un geste lent, sa main descend le long du dos d’Annie, puis saisit son petit derrière bien ferme.
— Mon grand coquin, cherches-tu à m’exciter de bon matin ?
Avec une expression qui se durcit, elle observe la tête de mon hôte… Toutefois, il lui sourit.
— On dirait que le fait que je garde mon crâne rasé te contrarie toujours ?
— Oui ! Mais n’insistons pas ! Dis-moi plutôt qui tu as sous tes ordres ce matin ?
— Tatsuya, Pete, Noémie et Elias.
— Ha, ha, haha ! Bonne chance ! Je parie que ces deux-là sont déjà en train de le faire.
— Je me doute ce que tu imagines, mais je sais gérer Tatsuya et Pete.
— Ha, haha… Je n’en doute pas, mon amour ! D’ailleurs, ils sont sûrement au poste de garde en ce moment. Même si ce n’est pas le travail qui les occupe. Sinon, que dois-tu faire ce matin ?
— Il faut que je gère cette infestation de furimi vers la route sud, ça va prendre près d’une heure, après j’irai au poste de garde donner les instructions… mais je ne vais pas tout détailler, si ?
— Ça ira, mais j’aimerais passer une matinée complète avec mon mari. Pourquoi ne confierais-tu pas l’intérim à Elias. Il a prouvé son mérite n’est-ce pas ? Cher Capitaine de la garde.
— En effet, c’est une bonne idée, je lui en parlerai. Toutefois je dois y aller, ce serait un comble que j’arrive en retard à mon poste… Mais ! Sache que ta beauté reste intemporelle malgré les années.
— Remercie Kenji de nous avoir forcés à sortir ensemble il y a vingt-cinq ans. Tu te rappelles comment on s’est engueulé la première fois qu’il nous a présentés ?
— Oh oui, ce fut une scène mémorable ! Tu refusais de me tondre le crâne. Je t’avais surnommée : miss Addictaucheveu. C’est d’ailleurs resté pendant toutes tes études. Bon ! je te laisse embrasser Mélanie pour moi.
— Pas de souci, je m’occupe de notre fille.
Il se relève… Un frisson parcourt Annie, qui est pieds nus sur le carrelage. Henri se retourne… ses sensations s’effacent… Déjà une autre connexion…

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