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Hôte : Michel ; 05h45 – Cuisine, maison des Ashura, Hanakaze

Mes perceptions se connectent aux sens de Michel. D’un pas assuré, il avance dans le couloir étroit. Un pas, deux, trois… Il s’arrête dans le vestibule. Ses genoux fléchissent, il enfile ses chaussures basses… Se relevant avec sérénité, son regard se pose sur un pot massif rempli de gardénias. Ce dernier trône sur le meuble devant la petite fenêtre… « Papa m’a dit que maman adorait ces fleurs et je sais que Mizuki les aime également. Pourtant, ce n’est pas mon cas, même si elles sont très belles et sentent bon. » D’un geste précis, il saisit, puis revêt son armure en cuir sans mouvement brusque, passe une paire de brassards, de genouillères… Sa main droite agrippe la poignée, l’abaisse fermement. Mon hôte progresse à grands pas sur le chemin empierré traversant la grande cour. Ses yeux suivent les firins virevoltant autour de lui.

« Ils sont vraiment beaux, mais c’est leur côté lumineux que je préfère. » Son regard distrait glisse vers le mannequin d’entraînement sur sa droite. « Mizuki adore l’utiliser, même si elle passe moins de temps dessus en ce moment. » Brusquement, un furvius le dépasse, grimpe au sommet du grand chêne. Le mammifère termine hâtivement son repas, émet des couinements discrets.

— T’es vraiment rapide, toi… Et vu comme tu as dévoré cet insecte, tu avais faim.

Un autre le rejoint dans l’arbre, rapidement ; tous deux commencent un acte de procréation.

— On dirait que tu as une partenaire !

Soudain, un souvenir me revient… Michel observe Mizuki en haut de ce même arbre. Elle agite ses jambes avec calme. Elle est âgée de neuf ans. Encore une fois, mon hôte l’a vécu, mais ce n’est pas lui qui me le partage… Les fragments rouges sont reliés aux habitants de Hanakaze… Non… Il y en a trop pour que ce ne soit que cela, et certains ont plus de quatre cents ans…

— Allez, grimpe.

— C’est trop haut, de plus, c’est prendre un risque inutile.

— T’es trop peureux.

— Ce n’est pas de la peur, mais de la logique.

Coinçant la branche entre ses genoux, Mizuki se retourne tête vers le bas.

— T’as la tête en bas !

— Non, c’est toi !

D’un calme total, elle rit joyeusement, mais soudain sa jambe droite glisse ; elle chute. Au même moment, ou par une chance inouïe, Kenji la rattrape et elle rit bruyamment.

— Ha, ha, ha ! Trop fort, Papa !

— Ne me fais pas une telle frayeur !

— Désolée !

Encore… Me revoilà dans le présent, mais ses sensations s’effacent… Bien, il est temps d’analyser de nouveau. Appelons cette fois les choses correctement, et utilisons mon interface mnésique. Tout d’abord une réflexion m’est possible. Même s’il n’y a toujours eu aucune manifestation de mon Chishiki… Le prénom de Naya est le seul qui ne se rattache à rien de concret, sur le tableau jaune, elle est seule à apparaître. Donc elle est probablement mon Chishiki. Essayons de reconstituer avec les fragments verts comment ma résurrection en observateur s’est faite. Normalement le gardien des connaissances sélectionne un flux mémoriel chez une personne morte récemment, en moyenne dans les trois mois au maximum. Par la suite, il l’extrait, puis lui redonne une masse intangible. Étrange, le procédé complet m’échappe… Qu’importe, c’est secondaire. Dans tous les cas, le fait que ma conscience soit préservée implique une volonté de mon créateur. Il désire mon existence ainsi, mais il joue à un jeu dangereux…

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