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Hôte : Linda ; 06h30 – Bibliothèque de Hanakaze, maison des Mayer

Mes perceptions se connectent aux sens de Linda. Son assise sur la chaise en bois est confortable, ses doigts tiennent sa plume légèrement. Son écriture est fluide, son regard suit les mots déjà écrits.

« Petit insecte allongé sur trois centimètres… Les scientifiques t’appellent furimia, c’est pourtant plus facile quand on dit furimi. Même si tu scintilles, ton exosquelette brille aussi noir que tes petits yeux vicieux. Avec tes huit pattes, dans nos champs et villages, proches de la surface, c’est là que tu vis. En colonie, comme une seule entité, tu te déplaces sans meneur à la recherche de proies. »

Fermant un instant ses paupières, elle expire calmement, puis reprend son écriture.

« Avec ta paire pointue de petites aiguilles fines, produisant un poison de brillante couleur bleue. Tu chasses les insectes, nuisibles pour nous, nourriture pour toi. Enfin, même à forte dose et malgré les plaques irritantes, chez nous, il n’est pas mortel. Ton site de reproduction, les femelles l’établissent, les mâles, eux, s’occupent de l’éclosion, en ingérant les œufs juste après la ponte pour faire fondre l’enveloppe des larves. Avant que je n’oublie, il faut que j’ajoute, que de toi, je me méfie. »

Alors qu’elle repose sa plume, une réflexion me permet de dire que la furimi demeure très utile sur le plan écologique. Cela me rappelle l’une des phrases de Mirina : La nature est une condition non négociable pour notre survie, quelle que soit notre technologie.

« Quand j’ai vu passer Murad, sa main était vraiment enflée… Il avait l’air de souffrir. » Sa pensée interrompt brièvement la mienne, ses yeux se déplacent sur les nombreuses étagères déjà pleines qui couvrent les murs et ses doigts soulèvent son menton. « J’aimerais faire entrer de nouveaux livres, mais il va me falloir des rangements plus haut. Serge pourrait sûrement en fabriquer, mais il me faut de quoi le payer. D’ailleurs, je me demande aussi si je ne pourrais pas utiliser la cave ; après tout, elle n’est pas humide. » Alors qu’elle se replonge dans son écriture, un souvenir me revient… Kenji pousse la porte de la bibliothèque. Cependant, ce n’est qu’un lieu poussiéreux et seuls quelques rares ouvrages sont présents. Noémie, âgée d’environ huit ans, s’avance d’un pas…

On va vivre ici…

Sa voix est hésitante alors qu’elle serre la main encore fragile de Linda à peine âgée de six ans.

En effet, mais… Pas de souci ! On va tout nettoyer et l’étage est déjà propre.

Le regard de mon hôte se fixe sur un livre ouvert sur l’une des tables… Lâchant subitement la main de sa sœur, elle court vers l’ouvrage. Rapidement, Noémie la rejoint en souriant.

Le… Les… con… Conte… Contes de… Ta…

Les Contes de Takari.

On le lit ?

Je ne sais pas bien lire moi non plus, mais on va essayer.

Kenji se rapproche, puis s’agenouille avec calme près des fillettes.

Je vais lire avec vous, plus tard à l’école vous pourrez apprendre.

Linda soulève le livre, puis le tend vivement à Kenji. Il s’assoit en tailleur et les deux petites se mettent chacune sur une cuisse. Me revoilà dans le temps présent, ses sensations s’effacent… Il est temps de commencer ce tableau relationnel par famille en appliquant la formule de calcul :

Ashura : Kenji + Émilie = Michel – Émilie (décès) + Mizuki (adoption)

Mayer : Parents inconnus = Noémie (aînée) + Linda (cadette) – Parents inconnus (décès)

Watson : Annie + Henri = Mélanie

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