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Hôte : Tomo ; 07h13 – Auberge de Hanakaze, maison des Igunachi

Mes perceptions se connectent aux sens de Tomo. Son ERA a une similitude proche de celui de mon corps organique. Ses pas sont vifs, les marches craquent… « Il est bizarre ce petit être invisible. Je n’arrive pas à le voir, mais il me chatouille dans ma tête. » Mon hôte atteint le rez-de-chaussée, s’approche de la porte, saisit la poignée d’une main ferme.

— Maman ! Je vais jouer avec mes amis avant l’école.

Une porte de l’étage claque avec virulence.

— Attends une minute !

La voix puissante de Yuna retentit, mais sans l’écouter, il part en courant. Le chemin est bordé de chaque côté par des châtaigniers. Un souvenir me revient… Un autre fragment bleu… Me voilà à mon propre point de vue, croisant les bras, regardant une fille timide, mais énergique. Ses lèvres s’entrouvrent alors qu’elle me fixe de ses iris azur.

— Je ne suis pas d’accord ! Selon moi, il faut équilibrer le type d’arbre et ne rien uniformiser. Un village peut augmenter ses ressources en évitant de ne planter que des arbres improductifs. Il serait nécessaire d’enraciner des fruitiers comme le Castanea sativa !

— Intéressant, pour fabriquer de la farine, des soupes, du pain. Que fais-tu des autres arbres ? Où plantes-tu les fruitiers ? Penses-tu que les gens vont s’arrêter pour cueillir ?

— La majorité doit rester dans les forêts. On peut en semer certains vers les habitations pour équilibrer la faune. Le long des chemins est idéal pour les fruitiers, car l’accès est garanti. Enfin, si on leur apprend, non seulement à cueillir, mais aussi à entretenir, oui.

Derrière nous, une porte s’ouvre, mais le lieu de ce souvenir n’est pas clair… Il me semble que c’est une serre, mais on est dans une réserve emplie de substance. La femme aux cheveux argentés entre d’un pas assuré… Mirina… Elle fixe la jeune fille, lui saisit la main. Ses lèvres s’ouvrent.

— Ce n’est pas si simple, il y a énormément de facteurs à prendre en considération. Cependant, si tu le souhaites, je peux te faire un détail précis de chacun d’eux.

— Je veux bien, peut-on le faire en marchant ?

Les filles sortent d’un pas serein, suivent le sentier fleuri. Une lumière artificielle est similaire au soleil, les abeilles butinent, non loin des ruchers. Diverses tables de botanique accueillent l’activité de nombreux employés. La salle semble très vaste, des arbres poussent à divers endroits. Mirina guette la jeune fille, ses lèvres s’ouvrent.

— Tout d’abord, sans pollinisateur, une vaste part de la production arboricole est impossible. Cela couvre environ soixante-quinze pour cent des ressources à fleurs consommables. Certes une partie reste autofécondée, voire anémophiles, mais on ne peut se permettre une telle perte. Pour améliorer cela, il existe de nombreuses méthodes qui permettent la coopération entre humains, arthropodes, mammifères sans gêner les vies non domestiquées. De plus, automatiser l’irrigation des sols par des canaux souterrains filtrants accessibles aux êtres du vivant améliorera l’ensemble. Il faut également accepter de laisser respirer la terre.

— En somme, il faut prendre le temps d’anticiper le long terme ?

— Exact, la vie est sur le court terme, l’existence demande de prévoir. Cependant, il y a un point clé. Il ne suffit pas de planter pour une génération, il faut s’assurer de préparer la suivante. Cela force à semer les pousses des nouveaux arbres que l’on ne verra pas grandir.

Me revoilà dans le présent, mais ma conscience n’est plus connectée…

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