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Hôte : Mizuki ; 10h58 – Forêt ouest près de Hanakaze

Mes perceptions se connectent aux sens de Mizuki. Son pied gauche atteint le rocher dans un claquement muet, de suite, sa jambe droite impulse une poussée dynamique. Atterrissant sur une pierre plus lointaine, mon hôte enchaîne les sauts entre les diverses surfaces irrégulières, puis reprend appui sur le sentier déjà en meilleur état. Dans sa course effrénée, le vent claque sa peau, mais son regard ne lâche jamais le lupis. Soudain, un craquement feutré sur une branche devient audible… « Un lynxéard, il est trop mignon et on dirait qu’il veut jouer ! »

Pendant qu’elle s’élance, l’animal bondit sur sa droite depuis le sommet d’un chêne. L’impulsion la propulse dans les airs… Son coup de pied sec frappe le menton du quadrupède, et dans la continuité du mouvement, son corps effectue un cent quatre-vingts degrés qui lui permet de terminer sa rotation pour reprendre sa course, tandis que le petit être s’écroule au sol dans un bruit sourd.

« C’est bon ! Je peux l’entendre respirer… J’adore cette journée… Je m’amuse tellement ! » Le lupis accroît sa vélocité, faisant voler les feuilles dans une bourrasque, Mizuki les esquive par pas chassés. Ses foulées s’accélèrent encore malgré l’irrégularité du sol. Leur course se poursuit dans les hautes herbes, qui s’affaissent devant leur rythme déchaîné. « Michel va être trop jaloux et je parie que papa ne va même pas me croire. » Alors que sa pensée me parvient, un souvenir me revient… Mizuki est jeune et court dans la forêt… devant elle un cerf majestueux. « Il est trop mignon ! » Après une course qui l’a fait beaucoup changer de direction, elle s’arrête pour reprendre son souffle. L’animal disparaît dans les sous-bois… En observant son environnement, elle remarque sa désorientation. Brusquement, Kenji, essoufflé, l’attrape par l’épaule.

— J’allais le toucher papa, ce n’est pas juste.

— Du calme… Je t’ai déjà dit de ne pas t’éloigner, tu es forte, mais trop jeune.

— Désolée…

— C’est moi qui m’excuse, je n’aurais pas dû crier.

D’une course vive, Michel arrive près de Kenji et Mizuki, puis s’arrête pour respirer.

— Ah… Ah… Je… vous rattrape enfin.

— Ton souffle s’est bien amélioré.

— Merci, papa.

L’homme s’agenouille devant sa fille, observe les genoux de la petite qui sont écorchés.

— Grimpe sur mon dos.

— Pourquoi ?

— Tes genoux…

— C’est bon, je n’ai pas mal !

— Ce n’est pas une raison, jeune fille.

— D’accord.

Alors que Mizuki grimpe, ses lèvres s’étirent… Michel prend avec calme la main de son père.

N’oubliez jamais la prudence, tous les deux.

Les sensations de mon hôte s’effacent… Il est toujours aussi étrange de revivre des souvenirs en plein milieu de mes observations, mais il devrait être possible de mieux contrôler ce phénomène. Par ailleurs celui-ci datait de l’an 416. Me revoilà dans le présent, mon bureau imaginaire m’accueille, rien n’a vraiment changé, j’observe un instant le tableau bleu qui relie ma mémoire épisodique. Il me reste encore ce doute de savoir si mon identité est bien celle de Noran Keltus ou si ce n’est qu’une extrapolation de ma part… Après tout, tellement de choses sont envisageables. Qu’importe, il est probable que tout se dévoile progressivement…

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